‹ De l'électrisation localisée et de son application à la pathologie et à la thérapeutique par courants induits et par courants galvaniques interrompus et continusChapitre 350 sur 505 · I. — RESPIRATION ARTIFICIELLE PAR LA FARADISATION CUTANÉE · texte numérisé non relu

I. — RESPIRATION ARTIFICIELLE PAR LA FARADISATION CUTANÉE

I. Il n'existe pas un seul agent thérapeutique susceptible, comme la duch'enne, 3e édition 58

faradisation culanée, de produire instantanément des sensations qui se graduent, depuis leplus simple chatouillement jusqu'à la douleur la plus vive, que le l'eu égale à peine, et cela sans altérer les tissus, quelque longue qu'en soit l'application. Cette propriété spéciale de la faradisation culanée permet d'agir rapidement sur toutes les régions du corps, même à la face où la sensibilité est si grande, pendant des heures entières, si cela est nécessaire, sans que l'on ait à craindre de désorganiser la peau. Ayant déjà traité, dans la première partie (chap.III, art. 5), de l'action réflexe exercée par l'excitation électro-cutanée sur la respiration, je n'ai plus à y revenir. Je me bornerai à rappeler qu'il en est ressorti principalement que cette méthode d'éleclrisation combat très-efficacement l'asphvxie par l'oxyde de carbone et par ^intoxication diphthérique et qu'il paraît exister une zone précordiale réflexogène dont l'excitation électrocutanée agit spécialement sur le noyau du pneumo-gastrique, qui est paralysé dans certaines intoxications diphthériques, en faisant disparaître les troubles de la circulation cardiaque et de la respiration (I). Je ne traiterai donc ici que de la respiration artificielle par la faradisation des nerfs phréniques.

1J RESPIRATION ARTIFICIELLE PAR LA FARADISATION DES 1SERFS PHRÉN1QIES.

Lorsque la faradisation cutanée n'a pu ranimer les contractions des muscles inspirateurs, si même l'asphyxie est tellement avancée que l'on croie déjà voir les signes apparents de la mort, on sait que l'on peut encore espérer de rappeler la vie prête à s'échapper, en faisant arriver mécaniquement l'air dans les voies aériennes.

C'est dans ce cas que je conseillerai de recourir immédiatement à la faradisation des nerfs phréniques qui, en faisant contracter le diaphragme, agrandit à la fois le diamètre vertical du poumon et son diamètre transversal dans sa moitié inférieure, comme le démontrent mes expériences électro-physiologiques. C'est à coup sûr le meilleur moyen d'imiter la respiration naturelle.

En raison des services qu'il me paraît appelé à rendre dans l'avenir, je crois devoir décrire avec quelque soin le procédé à l'aide duquel on produit la respiration artificielle par la faradisation des nerfs phréniques.

Le nerf phrénique, qui tire son origine des troisième, quatrième et cinquième paires cervicales, descend, on le sait, de dehors en dedans en avant du scalène antérieur, et s'enfonce ensuite dans le médiastin pour se jeter dans les piliers du diaphragme. C'est sur la face antérieure de ce scalène qu'il faut exciter le nerf phrénique que l'on met en rapport avec les rhéophores d'un appareil d'induction. (Tous les appareils d'induction sont propres à celte opération, pourvu qu'ils se graduent exactement, et que leurs intermittences soient (rès-rapides. Les rhéophores d'un petit volume sont terminés par une extrémité conique, et recouverts d'une peau humide.) La faradisation localisée du nerf phrénique

(1) J'ai été appelé aussi à rappeler à la vie une personne qui avait été sidérée par le sulfate d'atropine en injection sous-cutanée. L'excitation électro-cutanée de la région précordiale a rétabli les mouvements respiratoires, mais elle a fini par succomber à l'intoxication quelques heures après.

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