‹ De l'électrisation localisée et de son application à la pathologie et à la thérapeutique par courants induits et par courants galvaniques interrompus et continusChapitre 353 sur 505 · II. — THAITEMEM PAU LA FAKAD1SAT10.N ÉLECTRO-CUTANÉE · texte numérisé non relu

II. — THAITEMEM PAU LA FAKAD1SAT10.N ÉLECTRO-CUTANÉE

J'ai entrevu la possibilité de sauver le malade atteint de contracture du diaphragme, dans des circonstances analogues à celle où s'est trouvé mon honorable confrère , M. Valette. En effet, le

(1) Duchenne (de Boulogne). Elect. loc. 1855, obs. LXIV, 18C1, obs. CCIX.

sujet dont il a relaté l'observation était affecté d'un rhumatisme musculaire qui, après avoir parcouru les membres, s'est jeté sur son diaphragme. Or, rien n'est en général plus rapide que le déplacement ou laguérisonpar l'excitation électro-cutanée, du rhumatisme musculaire et de certaines affections nerveuses. C'est un fait que j'ai vu se renouveler souvent, et je pourrais, à l'appui de mon assertion, citer un assez bon nombre de cas de ce genre qui ont été guéris immédiatement par le même moyen, après s'être montrés rebelles à des traitements variés et énergiques.

Depuis la découverte de la contracture du diaphragme, je n'ai pas cessé de méditer sur les moyens de guérir celte terrible affection. Le mode de traitement que je viens d'exposer (l'excitation électro-cutanée de la base du thorax ou du mamelon) me parait destiné à sauver le malade, dans certains cas désespérés de contracture du diaphragme.

Celte contracture peut également aggraver, chez l'adulte, l'affection musculaire décrite sous le nom de tétanos intermittent (par Dance), de contracture idiopathique (par Tessier et M. Hermel), et de tétanie (par M. L. Corvisart).

J'en ai observé un très- beau cas chez une jeune fille, en 1857, à l'Hôtel-Dieu, dans le service de Rostan, fait provisoirement par M. Vigla. Je regrette de ne pouvoir relater, dans tous ces détails, ce fait dont l'observation a été malheureusement égarée et dont M. Vigla a fait le sujet d'une excellente leçon clinique. Je suis donc forcé de faire appel à mes souvenirs pour en relater l'histoire. J'ai retrouvé heureusement, dans une note que j'ai prise au lit de la malade, les symptômes de la contracture du diaphragme dont j'ai été témoin dans ce cas.

Observation CLXXXVI. — Contracture du diaprhagme survenue pendant le cours d'une tétanie, chez un sujet adulte. — Guérison de la contracture par l'application de l'eau bouillante sur la base du thorax. Pendant la convalescence d'une rougeole, une jeune fille âgée de dix sept à dix-huit ans, entrée à l'Hôtel-Dieu dans le courant de mars 185" couchée au n° 2 de la salle Saint-Antoine, avait été affectée d'une tétanie caractérisée aux mains et aux pieds, par l'abaissement des premières phalanges et par l'extension des dernières. De chaque côté, le premier métacarpien était rapproché du second, et le pouce dont la deuxième phalange était étendue sur la première était incliné légèrement vers la paume de la main. Les poignets étaient infléchis sur l'avanl-bras et un peu dans l'adduction. J'ai constaté que, dans ce cas, la contracture était localisée dans les muscles animés par le nerf cubital, et aux pieds dans les muscles interosseux, adducteur et court fléchisseur du gros orteil.— C'est, du reste, ce que j'ai observé dans la plupart des cas de tétanie que j'ai eu l'occasion d'examiner.— Cette affection était restée ainsi limilée,pendant plusieurs jours, lorsque tout à coup et sans cause connue, la malade fut prise,

peu d'instants avant la visite du matin, d'une suffocation extrême qui paraissait causée par un trouble clans la mécanique de sa respiration. Comme je me trouvais alors dans l'hôpital, M. Vigla eut l'obligeance de m'inviter à venir observer ce fait intéressant. Voici les principaux phénomènes que j'ai constatés et que j'ai retrouvés consignés dans mes notes : respiration très-difficile et accélérée ; la base du thorax est agrandie en tous sens, malgré les efforts considérables que fait la malade pour respirer; elle reste immobile, ainsi que les parois abdominales qui sont contracturées ; à chaque inspiration qui se fait avec effort, les muscles inspirateurs supérieurs se contractent énergiquement, et la moitié supérieure du thorax seule s'agrandit; puis la contraction cesse brusquement, après chaque inspiration qui est longue et bruyante. Les lèvres sont violacées, la face cyanosée ; l'anxiété est extrême; le pouls petit, agité; tout annonce un commencement d'asphyxie. La malade accuse une douleur très-vive à la partie inférieure de la poitrine et dans la région épigastrique. Enfin la contracture des extrémités supérieures et inférieures a disparu. — A l'ensemble de ces phénomènes qui me rappelaient ceux que j'avais produits à un degré plus fort, chez un animal dont j'avais faradisé les nerfs phréniques, je ne pus méconnaître une contracture du diaphragme. Je conseillai l'emploi immédiat de la faradisation électrocutanée, pratiquée sur la base du thorax, au niveau des attaches du diaphragme, et à son défaut, une puissante révulsion faite à l'aide du marteau de Mayor ou enfin de compresses trempées dans l'eau bouillante. Comme il n'y avait pas d'appareil d'induction disponible en ce moment, et que l'asphyxie était imminente, il était urgent d'agir. M. Vigla fit appliquer sur la partie inférieure de la poitrine des compresses trempées clans de l'eau bouillante, de manière à produire une vive douleur cutanée en évitant toutefois de produire la vésication. L'effet de ce moyen perturbateur fut des plus heureux et immédiat. La respiration redevint libre, et la cyanose disparut. Le lendemain matin, la malade nous apprit qu'elle n'avait plus éprouvé de gêne dans sa respiration, et je constatai que les mouvements respiratoires du thorax et des parois abdominales ■étaient normaux. Mais la tétanie avait reparu dans son siège primitif.

On remarque, dans les cas de contracture du diaphragme, dont il a été question ci-dessus, que l'asphyxie ne s'est pas produite rapidement, comme dans les expériences que j'ai faites sur l'animal dont j'ai faradisé le diaphragme. C'est que, dans ce dernier cas, la contracture artificielle était arrivée à son maximun par la faradisation des nerfs phréniques et sous l'influence d'un courant des plus intenses. Il n'est pas douteux pour moi que le plus ordinairement l'asphyxie rapide et spontanée est également produite par la contracture extrême du diaphragme, comme dans mes expériences.

Bien que je n'aie pas eu l'occasion d'observer une autre affection spasmodique qui est souvent précédée, accompagnée de contracture des extrémités, le spasme de la glotte (asthme thymique, asthme de Hopp, etc.), je suis porté à croire, d'après la description qui en a

été faite, que la contracture du diaphragme joue le rôle principal dans les accès qui caractérisent cette maladie et en constituent tout le danger.

Il me serait facile de justifier cette vue de l'esprit ; mais on conçoit qu'une telle discussion n'aura de valeur que lorsque j'aurai eu l'occasion d'observer moi-môme et d'analyser de visu ces phénomènes morbides.

ARTICLE IV

PARALYSIE DE LA VESSIE ET DES ORGANES GÉNITAUX DE I.'hOMME, DES INTESTINS ET DES MUSCLES QUI CONCOURENT A LEURS FONCTIONS.

§ I. — Dysurie.

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