II. — Faradisation delà vessie
Dans toutes les opérations faradiques pratiquées sur la vessie, cet organe est préalablement vidé, comme pour la faradisation du rectum. Sans celte précaution, l'excitation, loin d'être limitée aux parois de ces deux organes, arriverait au plexus sacré ou hypogastrique.
Si l'on veut faradiser les fibres musculaires du col de la vessie, dans le traitement de l'incontinence d'urine, par exemple, un rhéophore terminé par une olive métallique (rhéophore rectal) est placé dans le rectum, comme dans l'opération précédente; on introduit dans la vessie une sonde métallique courbe que l'on a mise en rapport avec l'un des pôles de l'appareil, et qui est isolée par une sonde de caoutchouc, excepté à son extrémité vésicale, dans une étendue de 2 à 3 centimètres. Dès que l'appareil est en action, la sonde est ramenée de manière que son extrémité vésicale se trouve successivement en contact avec tous les points du col vésical. Le malade soumis à cette opération ressent alors des contractions résultant de l'excitation des fibres musculaires qui concourent à former le sphincter du col de la vessie.
Est-il indiqué de réveiller ou la sensibilité ou la contractilité du corps de la vessie, le rhéophore vésical est promené sur tous les points de sa surface interne. Il n'est pas toujours nécessaire de recourir à celle opération dans les paralysies de la vessie, qui compliquent la paraplégie. Il suffit quelquefois alors de faradiser énergiquement la paroi musculaire de l'abdomen, pour rétablir celle fonction. Celte même opération fait aussi souvent disparaître la constipalion qui a lieu d'habitude dans la paraplégie. Les fails nombreux que je possède semblent démontrer qu'un certain nombre de paralysies, soit de la vessie, soit du rectum, ne reconnaissent pas d'autre cause que la paralysie ou l'affaiblissement des muscles abdominaux.
L'excitation électrique du rectum peut avoir des inconvénients qui ne permettent pas le procédé de faradisation que je viens de décrire. Dans ce cas, j'introduis deux réophores dans la vessie en me servant d'un instrument que j'ai fait fabriquer, dans ce but, par M. Charrière, et que j'appelle rhéophore vésical double (fig. 28 et 29).
Le rhéophore vésical double est composé de deux tiges métalliques flexibles, introduites dans une sonde à double courant qui les