‹ De l'électrisation localisée et de son application à la pathologie et à la thérapeutique par courants induits et par courants galvaniques interrompus et continusChapitre 373 sur 505 · ART. II, § II. — CONTRACTURE DU TRAPEZE · texte numérisé non relu

ART. II, § II. — CONTRACTURE DU TRAPEZE

L'attitude vicieuse de la létc (voy. fig. 197), et l'impossibilité de la faire tourner de gauche à droite, dépendaient évidemment de la contracture de la portion claviculaire du trapèze, dont on voyait la corde tendue, et dont on sentait la résistance.

La saillie du sterno-mastoïdien qui existait du côté gauche pouvait être artificiellement produite du côté droit, où le muscle homologue était habituellement dans le relâchement, en portant la tête en masse de gauche à droite, sans lui imprimer de mouvement rotatoire, et de manière à placer la verticale de la tête à droite de la verticale du tronc ; alors le sternomastoïdien gauche tombait dans le relâchement et n'était plus en relief.

Si ensuite on plaçait la verticale de la tête sur le même plan que celle du tronc, les deux slernomastoïdiens faisaient une saillie égale de chaque côté.

Il est donc bien évident que la saillie habituelle du sterno-mastoïdien gauche que l'on remarquait chez notre jeune malade dépendait du déplacement en masse de la tête à gauche, déplacement qui s'était produit, comme pour contre-balancerledéplacement du centre de gravité de la tête inclinée à droite. Et d'ailleurs, il suflit de la moindre attention pour reconnaître les signes qui distinguent le torticolis de la portion claviculaire du trapèze de celui du sterno-mastoïdien. Dans le premier, la tête est penchée en arrière et du côté contracture ; elle tourne sur son axe et du côté opposé, et le faisceau de la portion claviculaire du trapèze du même côté forme une corde tendue sous la peau, tandis que les sterno-mastoïdiens sont dans le relâchement; dans le second, la tête tourne aussi sur son axe et du côté opposé à la contracture du sterno-mastoïdien, mais elle s'incline en avant et latéralement, et le sterno-mastoïdien fait un relief considérable du côté incliné.

Enfin, si la contracture avait envahi le tiers moyen du trapèze,

Fig. 197 (*).

(*j Attitude de la tête, torticolis gauche dans la contracture de la portion claviculaire du trapèze.

g 60 C11AP. XVI. — PARALYSIES ET CONTRACTURES DES MEMBRES, ETC.

l'épaule eût été plus élevée que du côté opposé, ce qui n'existait pas chez mademoiselle X... (1).

C. — Portion inférieure. — La contracture de la portion inférieure du trapèze et des fibres de ce muscle qui s'attachent à la moitié interne de l'épine du scapulurn doit être caractérisée par le rapprochement du bord spinal du scapulurn de la ligne médiane, et par un léger abaissement de l'angle interne de cet os. L'épine du scapulurn et îe bord spinal de cet os n'ont plus leur direction normale : la première est plus oblique de dedans en dehors et de bas en haut; le second est plus oblique de haut en bas et de dedans en dehors. Mais, n'ayant pas encore eu l'occasion d'observer celte contracture pathologique, je dois avouer que je tire ces signes diagnostiques de l'expérimentation électro-physiologique, en ajoutant que je n'en suis pas moins confiant dans leur exactitude.

§ III. — Contracture «lu splénius.

4° Lorsque l'on place les rhéophores d'un appareil d'induction à intermittences rapides sur l'un des splénius, au niveau du point où il est sous-cutané, la tête tourne de son côté en se renversant en arrière. 2° Au moment de la contraction on voit, à la partie postérieure du cou et du côté excité, la peau attirée de bas en haut et former quelques plis vers l'attache supérieure de ce muscle. 3° Si les deux splénius sont faradisés simultanément, la tête est renversée directement en arrière, et la peau de la partie postérieure du cou forme plusieurs plis transversaux au-dessous de la nuque.

Grâce à la connaissance de ces phénomènes électro-physiologiques, j'ai pu diagnostiquer la première contracture du splénius qui s'est offerte à mon observation, et établir les signes qui la différencient des autres contractures de la môme région.

Inclinaison de la tête en arrière et du côté contracture (voy. la fig. 198); gonflement et durcissement du splénius, sensible au toucher dans son tiers supérieur: tels sont les signes que j'ai observés constamment, dans un grand nombre de cas de contracture du splénius.

La contracture du splénius (fig. 198) offre, il est vrai, quelque point de ressemblance avec la contracture de la portion claviculaire du trapèze (fig. 197). Dans les deux cas, en effet, la tête est inclinée en arrière et du côté contracture; mais la première (la contracture du splénius) se distingue de la seconde en ce qu'elle fait tourner la

(1) Cette jeune personne a élé guérie par la faradisation localisée dans le faisceau claviculaire du trapèze du côté opposé. Je reviendrai sur ce lait tliérapeuticiue.

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