‹ De l'électrisation localisée et de son application à la pathologie et à la thérapeutique par courants induits et par courants galvaniques interrompus et continusChapitre 372 sur 505 · ART. II, § II. — CONTRACTURE DU TRAPÈZE · texte numérisé non relu

ART. II, § II. — CONTRACTURE DU TRAPÈZE

B. — Le scapulum peut encore affecter une attitude vicieuse qui présente un peu d'analogie avec celle que l'on observe dans les deux affections précédentes (la contracture du rhomboïde et l'atrophie de la portion élévatrice du trapèze) : c'est lorsque le sus-épineux est contracture, ou dans certaines ankyloses de l'articulation scapulohumérale. Cependant avec un peu d'attention il est encore facile d'éviter alors une erreur de diagnostic; dans ces deux derniers cas, en effet, les mouvements de l'humérus sur le scapulum sont limités ou quelquefois impossibles ; tandis que si ces mêmes mouvements sont parfaitement libres, on a certainement affaire à une atrophie de la portion élévatrice du trapèze, ou aune contracture du rhomboïde.

C. — L'attitude vicieuse que l'omoplate affecte dans la première période de la scoliose pourrait être attribuée à la contracture du rhomboïde, et cela d'autant plus facilement qu'à cette période la courbure dorsale du rachis n'a pas encore changé la direction des apophyses épineuses, qui sont sur la même ligne, comme à l'état normal. L'anatomie pathologique montre qu'alors les corps des vertèbres seuls ont subi une inclinaison latérale, et que le mouvement de rotation que la colonne vertébrale en éprouve sur son axe, déforme le thorax de telle sorte que du côté de la convexité dorsale ce dernier est voûté en arrière et aplati en avant, et vice versa pour le côté opposé. C'est celte voussure postérieure du thorax qui change l'attitude de l'omoplate. On en voit un exemple dans la ligure 196.

Observation CXCII. — La figure 196 représente une jeune fille, cigée de quinze ans, dont l'épaule droite s'était ainsi déformée progressivement en un an, sans cause connue, sans qu'elle eût jamais éprouvé la moindre douleur, ni la moindre gêne dans les mouvements du membre supérieur de ce côté. Son thorax présentait, à droite et en arrière, une voussure due à la déformation dos côtes, qui soulevait son omoplate droite dont l'angle inférieur était beaucoup plus saillant et plus élevé que celui de l'autre côté. En avant et à droite, le thorax était au contraire aplati. Le côté gauche du thorax était aplati en arrière et bombé en avant. Le sein gauche était plus rapproché de l'aisselle que le sein droit. En dedans du bord spinal du scapulum, il n'existait aucun relief qui annonçât une contracture musculaire; enfin son flanc droit était plus creux que celui du côté opposé.

A l'ensemble de ces signes on ne saurait méconnaître que le changement d'attitude de i'omoplate était occasionné par la déformation du thorax, consécutivement à la courbure latérale du rachis et non à la contracture rhomboïde.

§ II. — Contracture du trapèze.

A. — Portion moyenne. — S'il n'existait pas déjà dans la science des

9 38 CnAP. XVI. — PARALYSIES ET CONTRACTURES DES MEMBRES, ETC.

exemples de contracture de la portion moyenne du trapèze, on en trouverait certainement les signes dans la relation des expériences électro-physiologiques que j'ai faites sur ce faisceau musculaire. En effet, élévation du moignon de l'épaule; direction un peu oblique de dedans en dehors et de haut en bas de l'épine du scapulum qui est plus rapprochée de la ligne médiane ; écarlemenl de l'angle inférieur de cet os de la ligne médiane (voy. fig. 405, p. 433) ; corde musculaire résistante au niveau de la portion moyenne du trapèze; direction de la clavicule plus oblique de dedans en dehors et de bas en haut, tels sont les caractères principaux de la contracture du trapèze.

La prédominance tonique, de ce faisceau du trapèze, consécutivement à l'atrophie de la portion inférieure du grand dorsal, imprime au scapulum et à la clavicule la même attitude que dans ces expériences.

Mais ce n'est là que le premier degré de celle maladie; car lorsque le faisceau moyen du trapèze est plus contracture, aux phénomènes que je viens d'exposer s'ajoute l'élévation en masse du scapulum.

Je n'insiste pas sur celte espèce de contracture qui est très-connue, et qui a été décrite sous le nom inexact de contracture de la partie supérieure du trapèze. Par cette dernière dénomination, on a voulu comprendre avec la contracture de la portion moyenne du trapèze celle de la portion claviculaire de ce muscle, et cependant on ne trouve, dans les exemples qui en ont été rapportés, aucun des signes qui appartiennent à cette dernière affection, signes établis par l'expérimentation électro-physiologique.

B. — Portion claviculaire. — La portion claviculaire du trapèze, ai-je dit, incline la tête du côté excité et un peu en arrière, pendant qu'elle lui imprime un mouvement de rotation par lequel le menton est tourné du côté opposé.

Ces signes de la contracture artificielle de la portion claviculaire du trapèze se retrouvent dans un fait de contracture pathologique de celte même portion musculaire produite par l'impression d'un courant d'air froid, que j'ai communiqué en 1852 à la Société de médecine de Paris. L'observation de celle contracture a été rapportée dans les précédentes éditions (t), rédigée en partie par le père de la jeune malade, praticien distingué de Paris.

Lorsque je la vis pour la première fois, cette demoiselle était atteinte de cette contracture; son état était absolument le même que celui qui a été décrit par mon honorable confrère.

(1) Duchenne (de Boulogne), Elect, loc. 1855, obs. XL1X, et 1861, obs. CCV. Déformation de l'épaule droite consécutive à l'atrophie de ses muscles moteurs et a la disparition de la partie descendante du grand dorsal.

Page 1