ART. III, § III. — PARAL. DES FLÉCI1ISS. SUBLIME ET PROFOND
ne modèrent plus l'action tonique de leurs antagonistes, ceux-ci (les extenseurs des premières phalanges, d'une part, et les fléchisseurs superficiel et profond, de l'autre) se rétractent progressivement, renversent les premières phalanges sur les métacarpiens et fléchissent les deux dernières d'une manière continue, a tel point que les phalanges se subluxent et que les ligaments se rétractent dans le sens de leurs mouvements pathologiques. La main représentée dans la figure 88, p. 327, en était un exemple remarquable. J'ai observé un autre cas de griffe de la main, consécutivement à la paralysie des interosseux, dans lequel la subluxation des phalanges était encore plus prononcée.
Observation CXCIV. — Celait un homme dont les interosseux, les lombricaux et les muscles des deux éminences, paralysés depuis un an, consécutivement à une blessure qu'il s'était faite à la partie inférieure et interne de l'avant-bras, ne donnaient pas le moindre signe de vie, même par la faradisation localisée. Les deux dernières phalanges de tous ses doigts étaient constamment fléchies à angle droit ; les extrémités articulaires supérieures des deuxièmes phalanges avaient glissé en avant jusqu'au-dessus des tètes des premières phalanges, de manière à former une subluxalion irréductible. Lorsqu'il voulait étendre ses doigts, ses premières phalanges qui restaient toujours dans l'extension se renversaient encore davantage sur les métacarpiens. Ces désordres si graves avaient pu cependant se développer chez ce malade, malgré l'intégrité de ses muscles extenseurs et fléchisseurs des doigts.
J'ai rapporté quelques faits de paralysie ou d'atrophie des muscles interosseux dans le cours de ce livre (chap. V, voy. fig. 111, p. 495), et j'ai représenté les déformations qui en sont la suite dans plusieurs figures.
On a pu en suivre le développement et en comprendre la genèse. On a vu aussi quels troubles considérables celte paralysie occasionne dans l'usage de la main. J'ai dit et je répète que lorsque la paralysie est arrivée à son maximum, la main est une griffe plus incommode qu'utile.
§■■1. — Paralysies des fléchisseurs sublime et profond.
Je n'ai observé l'abolition des mouvements dans les fléchisseurs sublime ou profond que consécutivement à la lésion traumalique du nerf médian ou d'un de ses filets, et dans l'atrophie musculaire progressive.