I. — FAITS PHYSIOLOGIQUES FONDAMENTAUX
Les fléchisseurs sublime et profond ne sont pas destinés, comme on l'a toujours enseigné, à fléchir les trois phalanges ; ils n'ont
d'action réelle que sur les deux dernières phalanges. Ce fait est démontré par l'expérimentation électro-musculaire, et mieux encore par l'observation pathologique. Ainsi ces muscles ont-ils cessé d'agir, la flexion des premières phalanges n'en est pas moins faite avec une grande force (I). Mais que le sujet vienne à perdre ses interosseux, qui, ainsi que je l'ai dit précédemment, sont les fléchisseurs réels des premières phalanges, les deux dernières phalanges sont seules fléchies avec force. Enfin, l'action des fléchisseurs sublime et profond sur les premières phalanges est si faible, que seuls, c'est-à-dire sans les interosseux, ces-muscles ne peuvent lutter avec la força tonique des extenseurs des premières phalanges, qui, à la longue, ainsi qu'on peut le voir, entraînent celles-ci dans une extension exagérée et les subluxent en arrière, ainsi qu'on peut le voir dans les figures 87 et 88.
Le but de la nature est ici facile à saisir. L'usage de la main, comme je l'ai démontré dans mes recherches électro-physiologiques et pathologiques sur la main, nécessitant fréquemment les mouvements simultanés de flexion des deux dernières phalanges et d'extension des" premières, il fallait qu'elle limitât l'action des fléchisseurs sublime et profond aux deux dernières phalanges, de même qu'elle a limité l'action des extenseurs aux premières, car ces mouvements en sens inverse ne peuvent être obtenus que par la contraction synergique de ces muscles.