‹ De l'électrisation localisée et de son application à la pathologie et à la thérapeutique par courants induits et par courants galvaniques interrompus et continusChapitre 42 sur 505 · V. — Faradisation du larynx · texte numérisé non relu

V. — Faradisation du larynx

Les muscles du larynx qui concourent à la phonation sont accessibles à l'action directe de la faradisation, excepté le thyro-aryténoïdien et le crico-aryténoïdien. Voici le procédé opératoire que j'ai expérimenté plusieurs fois.

Je porte dans le pharynx le rhéophore pharyngien, en communication avec un des pôles de l'appareil, et je le fais pénétrer jusqu'audessous de la partie postérieure du larynx. Un second rhéophore humide en rapport avec l'autre pôle étant placé à l'extérieur, au niveau du muscle crico-thyroïdien, et l'appareil étant en action, je fais basculer le rhéophore pharyngien, de manière que son extrémité olivaire soit en contact avec la face postérieure du larynx ; alors je lui imprime des mouvements de bas en haut et de haut en bas. Dans cette opération, la stimulation est portée successivement et directement sur le crico-aryténoïdien postérieur, l'aryténoïdien par le rhéophore pharyngien et sur le crico-thyroïdien par le rhéophore humide extérieur (1).

La faradisation indirecte du larynx est encore plus simple; il suffit de diriger l'extrémité olivaire du rhéophore pharyngien sur les parties latérales du constricteur inférieur pour atteindre le nerf laryngé inférieur ou récurrent, qui, on le sait, anime tous les muscles intrinsèques du larynx; on peut encore atteindre le laryngé inférieur gauche dans l'œsophage.

Les faits que j'ai recueillis démontrent que ce procédé opératoire doit trouver de nombreuses et heureuses applications dans l'aphonie due à la paralysie des muscles du larynx. Je rapporterai, comme exemple, plusieurs cas où j'ai pratiqué cette opération avec succès.

VI. — Faradisation de l'estomac, du foie, des poumons et du cœur.

Alors môme que l'on emploie des rhéophores humides, et quelle que soit l'intensité du courant, l'épaisseur des parois thoraciques et abdominales ne permet pas à l'excitation électrique d'arriver jusqu'aux organes renfermés dans les cavités. Cependant la plupart

(1) M. Longet a démontré, par des expériences directes et fort bien faites, que le crico-thyroïdien joue un rôle important dans l'acte de la phonation.

d'entre eux peuvent être faradisés indirectement, grâce au pneumogastrique, qui, on le sait, est accessible aux rhéophores dans le pharynx et dans l'œsophage. Mais on conçoit que les effets de la faradisation du pneumogastrique doivent varier suivant la hauteur à laquelle ce nerf a été excité. A la partie inférieure de l'œsophage, l'excitation de ce nerf est communiquée seulement à l'estomac etau foie, tandis qu'au niveau des constructeurs du pharynx elle se répand dans tous les organes qu'il anime. Veut-on faradiser le pneumogastrique à sa partie supérieure, on doit promener l'olive du rbéophore sur la partie supérieure et latérale du pharynx, et fermer le circuit du courant en plaçant le second rhéophore humide sur la nuque (1). Si l'action faradique doit être limitée à l'estomac et au foie, un rhéophore olivaire sera conduit, par la sonde œsophagienne, le plus près possible de l'orifice cardiaque, et le second rhéophore sera posé sur la région épigastrique.

La faradisation directe du pneumogastrique est-elle quelquefois indiquée? L'expérience ne m'a rien appris encore quanta l'influence thérapeutique decetteopération. J'espère cependantquece mode d'excitation pourra être appliqué avec succès au traitement de certaines affections nerveuses rebelles des viscères thoraciques ou abdominaux, par exemple, dans la gastralgie. Il est inutile de dire que, dans ces cas, la faradisation du pneumogastrique doit être pratiquée à des hauteurs différentes.

La faradisation du pneumogastrique n'est pas toujours sans dangers. 11 me suffira de rappeler que ce nerf tient sous sa dépendance les organes les plus importants, pour engager l'expérimentateur à être prudent dans ce genre de recherches. Voici, pour lui servir d'enseignement, un accident qui m'est arrivé. Promenant un rhéophore sur la partie latérale et supérieure du pharynx, pendant le passage d'un courant rapide, bien que très-modéré, le malade tomba subitement en syncope; revenu à lui, il dit qu'il avait éprouvé une sorte d'élouffement et de sensation indéfinissable. Depuis lors, ayant faradisé le pneumogastrique à la même hauteur, avec une intermittence par seconde, et à un degré de force modérée, lé même accident ne se renouvela plus, mais le même phénomène de sensation précordiale se manifesta chaque fois. Une fois j'ai vu négliger le précepte que j'ai établi ci-dessus pendant

(1) Il faut se rappeler que dans la portion cervicale le pneumogastrique repose dans toute son éiendue sur les muscles prévertébraux, dans l'espace angulaire qu'interceptent en arrière, d'un côté la veine jugulaire interne, de l'autre les artères carotide interne et carotide primitive, que le laryngé supérieur qui naît de la partie inférieure et interne du plexus gangliforme, se dirige d'abord en bas et en dedans et qvie, parvenu sur les cotés du pharynx, au niveau du muscle constricteur moyen, il fournit le laryngé externe, et le nerf d'arrêt de Sion.

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