‹ De l'électrisation localisée et de son application à la pathologie et à la thérapeutique par courants induits et par courants galvaniques interrompus et continusChapitre 43 sur 505 · CIIAP. II. — ÉLECTRISATION LOCALISÉE · texte numérisé non relu

CIIAP. II. — ÉLECTRISATION LOCALISÉE

que l'on faradisail le pharynx, chez une jeune fille dont ce dernier et le voile du palais étaient paralysés, consécutivement à une angine couenneuse. Une syncope grave fut immédiatement provoquée par celte opération ; dans ce cas, le pneumogastrique avait été, sans aucun doute pour moi, atteint par l'excitation électrique.

On peut pratiquer sans inconvénient la faradisation du pneumogastrique à ii partie inférieure de l'œsophage.

Observation II. — J'ai fait, en effet, cette application une vingtaine de fois sur une femme nommée Célestine Bonhamy, âgée de vingt-lrois ans, entrée à la Charité le 17 février I8o4, au n° 9 de la salle Sainte-Anne. L'olive métallique excitatrice, conduite au moyen d'une sonde œsophagienne à la partie inférieure de l'œsophage, était assez volumineuse pour se trouver nécessairement en contact avec les parois de ce canal, de façon que les pneumogastriques qui, près de l'orifice cardiaque, sont en rapport, comme on le sait, avec la paroi œsophagienne, l'un en avant, l'autre en arrière, ne pouvaient échapper à l'action de l'excitation électrique. Le rhéophore (une éponge humide enfoncée dans un cylindre métallique) était posé sur l'épigaslre. Celte application était faite dans le but de modifier l'état du tube digestif, qui paraissait frappé de paralysie depuis un mois. L'estomac était, en effet, énormément distendu par des gaz et la constipation était opiniâtre. Voici les phénomènes qui se sont développés à cette hauteur, pendant l'excitation du pneumogastriqne. Lorsque j'ai fait passer le courant, avec une intermittence par seconde, la malade à ressenti des chocs assez douloureux au niveau du point où se trouvait le rhéophore olivaire ; la sonde était agitée d'un mouvement très-évident, et en même temps la malade rendit une assez grande quantité de gaz. Mais il ne se produisit aucun phénomène physiologique appréciable, pendant l'opération, bien que j'eusse augmenté l'intensité du courant. Une fois je fis passer un courant très-rapide et peu intense; la douleur fut très- vive; la malade se plaignit d'une conslriction profonde, mais ce fut tout ; il n'y eut de modification appréciable ni dans la respiration ni dans la circulation.

Je ne laisserai pas ce sujet, sans rapporter un fait curieux que j'ai constaté chez l'homme, après avoir faradisé son pneumogastrique. Une seule fois, il est vrai, j'ai examiné l'état de l'urine après celte excitation du pneumogastrique, et j'y ai constaté, par les réactifs usuels (la potasse et la liqueur de Barreswill), la présence de la glycose, qui, chez le même sujet, n'existait pas dans son urine normale. Je crois que c'est la première fois que l'on exécute, chez l'homme, la belle expérience que M. Cl. Bernard a faite sur les animaux, chez lesquels il a produit temporairement le diabète par la galvanisation des pneumogastriques (1).

(1) Cl. Bernard, Leçons de physiologie expérimentale. Paris, 1855, t. I.

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