I. — APPAREIL DE NUIT
J'ai dit précédemment (chap. XVI, art. IV, § m) que le jambier antérieur est le plus puissant des muscles fléchisseurs du pied sur la jambe ; qu'en raison de la quantité plus grande de ses fibres et de son point d'attache inférieur, il est le principal antagoniste du triceps sural ; qu'il modère enfin l'action exagérée du long péronier latéral.
On doit donc prévoir que la paralysie et surtout l'atrophie du jambier antérieur sont inévitablement suivies de la contracture de ses antagonistes, le triceps sural, et le long péronier latéral. C'est ce qui est arrivé, à la longue, chez de nombreux enfants dont le jambier antérieur avait été atteint de paralysie atrophique. J'ai remarqué, dans ce cas, que le pied du côté malade est plus étendu pendant le sommeil que du côté sain ; que la voûte plantaire est exagérée par la prédominance du long péronier; que le triceps sural se rétracte progressivement jusqu'à nécessiter, soit l'emploi d'appareils orthopédiques à contre-extension, soit, à un plus haut degré, la ténotomie. 11 est donc indiqué, dès le début de la paralysie ou de l'atrophie de ce muscle, de maintenir le pied dans la demi-flexion continue pendant la nuit, afin de prévenir ce pied creux et cet équinisme. On doit aussi placer, en même temps, le pied dans l'adduction pour les raisons suivantes. On se rappelle les troubles fonctionnels occasionnés, pendant l'oscillation du membre inférieur d'arrière en avant, consécutivement à la paralysie du jambier antérieur (voy. p. 999), et l'on sait que, par le fait de la flexion abductrice qui se produit dans ce cas et que par l'attitude d'abduction que conserve alors le pied, pendant que le corps repose sur ce membre, l'articulation calcanéo-aslragalienne se déforme dans le sens de l'abduction. C'est pour combattre ou empêcher ces déformations, que je conseille de donner au pied, dans ce cas, l'attitude du varus et de la flexion.