ART. III, § Y. — PROTHÈSE DU COURT PÉRONIER LATÉRAL, ETC
(B, fig. 242, et D, fig. 243), qui lui-même est fixé à la molletière (fig. 242) ou à l'appareil à tuteurs (D, fig. 243), dans le point correspondant a i'allache supérieure du jambier antérieur. La moindre traction exercée sur ce muscle artificiel produit la flexion abductrice du pied.
§ V. — Prothèse du court péronier latéral et du jambier postérieur.
La paralysie partielle du court péronier ou du jambier postérieur ne nécessite pas l'application de la prothèse de ces muscles. Il suffit dans ces cas d'une bottine un peu rigide pour maintenir solidement le pied latéralement et l'empêcher de se renverser en dedans ou en dehors, pendant la marche et la station, comme cela doit arriver fréquemment.
La paralysie du court péronier et celle du jambier postérieur aggravent considérablement les mouvements pathologiques que l'on observe dans l'articulation calcanéo-aslragalienne, consécutivement à la paralysie du long extenseur des orleils ou du jambier antérieur.
Dans ces cas, le concours de la prothèse du court péronier ou du jambier postérieur est très-efficace.
Voici maintenant la description de ces muscles artificiels. Le court péronier latéral (D, fig. 242, et G, fig. 243) est attaché intérieurement sur la guêtre, au niveau de l'extrémité postérieure du cinquième métatarsien, glisse à travers deux coulisses, derrière la malléole exlerne, et se termine par un anneau dans lequel passe l'agrafe du ressort (1), fig. 242, et F, fig. 243), qui se fixe à la molletière (fig. 242), ou à l'appareil à tuteurs métalliques (fig. 243).
Le tendon artificiel du jambier postérieur, au niveau de l'extrémité postérieure et interne du premier métatarsien, passe dans une coulisse située en arrière de la malléole interne, se rattache au ressort du muscle artificiel (F, fig. 240, E), et se fixe supérieurement à la molletière (fig. 240) ou à l'appareil à tuteurs métalliques (fig. 243).
Ces muscles artificiels agissent presque aussi exactement que les muscles qu'ils remplacent.
La division de cet article en autant de paragraphes qu'il peut y avoir de paralysies partielles, division que j'ai adoptée pour la description méthodique de la prothèse musculaire, semblerait indiquer que les paralysies des muscles moteurs du pied sur la jambe se présentent toujours aussi localisées, dans la pratique. C'est cependant ce que l'on n'observe pas ordinairement. Ainsi, par exemple
1072 C1IAP. XVIII. — PROTDESE MUSCULAIRE ET PHYSIOLOGIQUE.
dans les paralysies traumatiques, tous les muscles ou un plus ou moins grand nombre des muscles animés par un tronc nerveux (soit le sciatique poplité externe, soit le sciatique poplité interne) sont atteints simultanément au môme degré et à des degrés divers ; dans la paralysie atrophique de l'enfance, un grand nombre de muscles moteurs du pied sur la jambe sont souvent lésés inégalement. On conçoit que la prothèse musculaire physiologique soit bien moins simple dans ce cas, que lorsque la paralysie est parfaitement limitée, comme je l'ai supposé dans les paragraphes précédents. Il faut alors toute l'ingéniosité du chirurgien pour combiner, suivant les cas particuliers, les différents muscles artificiels que je viens de décrire. J'aurais désiré exposer ici, comme exemple, les différentes combinaisons de prothèse musculaire que j'ai faites dans un grand nombre de paralysies complexes des muscles moteurs du pied; mais les limites dans lesquelles je dois me renfermer ne me le permettent pas.
< VI. — 18e quelques autres appareils orthopédiques, ou moyens prothétîqiies applicables aux mouvements du pied, de la jambe et de la euisse.
1. J'ai dit et je répèle que la perte d'un ou de deux muscles moteurs du pied est souvent beaucoup plus grave que celle de tous les muscles moteurs de ce membre. J'en ai donné la preuve dans le cours de ce livre. Il suffit de voir, par exemple, un pied bot talus pied creux par atrophie et transformation graisseuse du triceps sural, soit au repos (voy. la figure 103), soit en mouvement (voy. la figure 104), et de les comparera un pied dont tous les muscles moteurs sont détruits, môme depuis un grand nombre d'années (voy. les fig. 101 et 102, p. 424), pour comprendre que l'orthopédie est simple, dans ce dernier cas, tandis qu'elle est très-difficile dans l'autre. Je pourrais rapporter des cas de paralysies partielles dans lesquels aucune espèce d'appareil n'était applicable. On parvenait, il est vrai, à maintenir solidement le pied qui pouvait, au repos, supporter le poids du corps; mais pendant la marche les mouvements pathologiques du pied, produits instinctivement par les muscles restés intacts, ne pouvant être empêchés, occasionnaient bientôt des compressions et même des déchirures qui ne permettaient pas longtemps l'usage de ces appareils. Il est au contraire facile de soutenir solidement, pendant la marche, avec un appareil orthopédique quelconque, le pied dont tous les muscles moteurs sont détruits. En conséquence, ne serait-il pas rationnel, lorsque certains muscles moteurs du pied sont à jamais perdus, d'annihiler, par une opération chirurgicale, tous les muscles restés