CDAP. II. — ÉLECTRISATION LOCALISÉE
nombre de praticiens, que la faradisation surexcite toujours ies centres nerveux. Si cette opinion était fondée, on conçoit le danger de l'emploi d'un tel agent thérapeutique, dans le traitement de certaines paralysies, surtout des paralysies cérébrales.
En ayant soin de tenir les rhéophores rapprochés l'un de l'autre, on est certain que l'action des courants ne se fait sentir que très-faiblement sur les centres nerveux. — Je dirai, dans le chapitre suivant, comment on peut provoquer par action réflexe l'excitation de ces centres nerveux, lorsqu'il est indiqué de les stimuler. — Il est facile de démontrer que la faradisation môme localisée réagit sur les centres nerveux, seulement par l'intermédiaire de la sensibilité qu'elle surexcite. Si en effet l'on provoque, avec le courant le plus intense et le plus rapide, la contraction des muscles paralysés du mouvement, consécutivement à une hémorrhagie du cerveau ou delà protubérance, et privés en même temps de sensibilité, l'excitation électrique restera en général localisée dans les points faradisés ; les muscles se contracteront très-énergiquement, et le malade n'en aura pas môme la conscience ; quelque longue, quelque fréquente que soit l'opération, il n'en sera pas incommodé. Si, au contraire, ce môme courant est appliqué, chez le môme malade, sur des muscles qui jouissent de leur sensibilité normale, il produira non-seulement des douleurs très-vives et immédiates dans les muscles, mais encore une surexcitation générale qui pourra occasionner des accidents cérébraux.
Il ressort donc de ces considérations que la faradisation localisée réagit très-faiblement sur les centres nerveux, lorsqu'on la pratique de manière à ne pas exciter trop vivement la sensibilité, pourvu que les rhéophores soient très-rapprochés l'un de l'autre.
Mais il est un point qu'il imporle de connaître, dans toute application de l'électricité chez l'homme : je veux parler de l'influence dynamiquequ'éprouventlesmaladessous l'influence du changement occasionné par l'électrisation dansl'état de leur électricité naturelle. Si l'on veut se rendre compte de ces phénomènes, il est essentiel de s'expliquer ce qui se passe physiquement, chez l'homme, lorsqu'il se soumet à l'action d'un courant intermittent. A l'instant où les rhéophores d'un appareil d'induction sont appliqués sur deux points de la surface cutanée, l'électricité naturelle du corps est décomposée, ses pôles de noms contraires s'accumulent vers chacun des points en contact avec les rhéophores et s'échappent en quantité suffisante pour neutraliser le courant qui est venu troubler leur état de repos. Cette neutralisation opérée, les deux électricités contraires dont le corps est encore pénétré, se réunissent pour reprendre leur état normal et ne se séparent de nouveau, que