‹ De l'électrisation localisée et de son application à la pathologie et à la thérapeutique par courants induits et par courants galvaniques interrompus et continusChapitre 56 sur 505 · Action physiologique · texte numérisé non relu

Action physiologique

A. Suivant les lois connues de la propagation du fluide nerveux dans les nerfs moteurs, l'action motrice s'exerce uniquement dans la direction des branches nerveuses qui se rendent aux muscles, et jamais en sens inverse. Ils'ensuit que l'électrisation des terminaisons nerveuses des membres ne doit pas faire entrer en contraction les muscles qui reçoivent leurs filets de nerfs placés au-dessus du point excité.

C'est, en effet, ce qui arrive lorsqu'on localise l'excitation électrique dans les terminaisons des nerfs, en tenant les deux rhéophores d'une batterie galvanique ou d'un appareil d'induction dans une seule main (avec la précaution, bien entendu, de ne pas fermer le circuit en les mettant en contact). On ressent alors quelques contractions dans les muscles des éminences thénar et hypothénar produitespar l'excitation directe de ces muscles, avec des fourmillements ou des picotements dans les doigts, sous l'influence de l'excitation également directe des nerfs collatéraux ou de la pulpe des doigts ; les muscles de Pavant-bras n'entrent pas alors en contraction.

Mais si, au lieu de tenir ces deux rhéophores dans une seule main et à la môme hauteur, on les éloigne l'un de l'autre, soit en plaçant l'un dans la main et l'autre sur la partie supérieure du membre, soit en tenant un rhéophore dans chaque main, on voit alors entrer en contraction les muscles de V avant-bras ou du bras, selon le degré d'intensité du courant. Les contractions musculaires, provoquées par ce procédé d'électrisation, sont irrégulières, et ne sont pas en rapport avec le degré de douleur qui les accompagne. Celle-ci n'est pas, en effet, limitée aux muscles en contraction ; elle retentit plus fortement dans les articulations des poignets, des coudes ou des épaules, si le courant est intense. Cette sensation très-douloureuse alors laisse après elle un brisement dans les jointures.

Dans ces diverses expériences, l'excitation est toujours plus forte dans le membre supérieur dont la main tient le pôle positif; le courant y est ascendant.

Des deux expériences précédentes, je tire les déductions suivantes : 1° l'électrisation localisée dans les terminaisons nerveuses d'un membre n'y produit que des phénomènes locaux, en rapport avec les fonctions de l'organe excité, des sensations limitées au point excité; 2° pour provoquer des contractions dans les muscles placés au-dessus des terminaisons nerveuses, il faut éloigner les rhéophores l'un de l'autre, de manière que les courants parcourent longiludinalement les membres ou plutôt leurs nerfs; c'est l'électri-

kystes du foie ou tic l'ovaire, soit pour coaguler le sang danslc traitement des ancvrismes.

sation par action réflexe; 3° enfin l'éleclrisation par action réflexe agit spécialement sur la sensibilité d'une zone périphérique qui retentit sur certaines cellules des cornes postérieures en rapport, d'innervation avec la région excitée, se propage ensuite à certaines cellules correspondantes des cornes antérieures de la moelle, et provoque ainsi, dans les muscles qui sont innervés par celles-ci, des contractions irrégulières et peu en rapport avec l'intensité des sensations.

Toutes les fois que les rhéophores humides d'un appareil d'induction, appliqués sur la peau, sont un peu éloignés l'un de l'autre, de manière que le courant parcoure le membre longitudinalement, alors même que les extrémités de ces membres ne sont pas mises en rapport avec ces rhéophores, il se produit encore des contractions musculaires par action réflexe. Que l'on pose, par exemple, l'un d'eux sur la face antérieure de l'avant-bras, et l'autre sur un point rapproché de la région cervicale de la moelle, alors on voit entrer en contraction non-seulement le muscle qui se trouve placé au niveau du rhéophore, mais encore d'autres muscles qui sont situés à l'avant-bras et au bras.

B. L'électrisation des extrémités nerveuses, par action réflexe, se pratique souvent en plongeant les extrémités du sujet dans deux bassins remplis d'eau,, mis en rapport chacun avec l'un des rhéophores d'un appareil d'induction.

On peut faradiser à la fois les membres supérieurs et inférieurs par action réflexe et d'une manière plus générale, en plongeant les mains dans un bassin rempli d'eau et mis en rapport avec l'un des pôles d'un appareil d'induction, et les pieds dans un autre bassin également rempli d'eau et communiquant avec le second pôle. Ce mode d'éleclrisation excile les centres nerveux et principalement la moelle épinière de la manière la plus générale et ia plus énergique, lorsque le courant est un peu intense. Si alors les intermittences sont rapides, tous les muscles des membres se contractent létaniquement, et la sensation qui les accompagne, est très-douloureuse et retentit principalement dans les articulations. A ce degré d'intensité, ce mode d'électrisalion est suivi d'une forte courbature.

On doit ranger dans ce mode d'électrisation générale, le bain électrique (que l'on peut appeler électro-dynamique) pour le distinguer du bain électrique statique , c'est-à-dire donné avec la machine électrique qui consiste à mettre l'eau du bain en communication avec l'un des rhéophores d'un appareil d'induction ou d'une pile à courants intermittents, tandis que l'autre rhéophore humide est appliqué sur un point de la surface du corps, qui se trouve en dehors du bain (ordinairement sur la face supérieure et postérieure du thorax).

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114 CDAP. III. — LES PRINCIPALES METHODES D ELECTRISATION.

Parce procédé, la moelle est alors excitée d'une manière générale, à peu près comme par la faradisation réflexe des extrémités périphériques et avec la même énergie.

C. É lectrisation par courants centripètes ou centrifuges avec les courants d'induction. — Dans l'électrisation par action réflexe, les physiologistes ont attaché une grande importance à la direction des courants, se fondant sur l'expérimentation qui démontre que, chez certains animaux, les courants directs (centrifuges) agissent sur la motilité, et les courants inverses (cenlripèîes) sur la sensibilité.

Les courants d'induction, dans les conditions ordinaires, ne peuvent fournir ces courants directs ou inverses. En effet, chaque intermittence du courant induit (de la deuxième hélice) se compose, on le sait, de deux courants successifs marchant en sens contraire. Les intermittences produites par tous les rhéotomes ordinaires qui seront décrits par la suite (roue dentée, Irembleurs), donnent donc des alternatives vollianes. Or il est quelquefois indiqué d'éviter ces alternatives voltianes, surtout dans certaines expériences électrophysiologiques ou dans les applications électro-thérapeutiques, où il faut faire passer un courant direct ou inverse. Afin de remplir ces indications, j'ai fait construire, il y a une dizaine d'années, un appareil qui est une modification de la roue d'Abria auquel j'ai joint un commutateur des pôles. Cet appareil est représenté dans la figure 33.

De même que la roue d'Abria, il se compose de deux roues dentées A,B, alternativement à dents de laiton et à dents de bois. Dans la figure 30 les dents ombrées indiquent les dents de bois, et les dents claires les dents métalliques montées sur un même axe, mais isolées ; les dents en laiton de chaque roue communiquent avec les montants également en laiton 8 et 16, dans lesquels tourne l'essieu commun en bois de ces roues qui se meuvent ensemble (différant en cela de l'appareil d'Abria, dans lequel les roues tournent indépendamment l'une de l'autre); les deux roues sont disposées de manière que leurs dents ne se correspondent chacune que dans la moitié de leur surface. Il en résulte que les ressorts 9 et \o appuient ensemble sur les parties métalliques de ces dents seulement dans la moitié de leur surface.

Les choses étant ainsi disposées, suivons d'abord la marche du courant de la pile à travers le commutateur C (fig. 30) et arrivons aux extrémités du fil de la première hélice d'un appareil voltaélectrique à double induction, représenté, je suppose, par les boutons 7 et IL Les deux pôles np de la pile arrivent en 1 et 2, boutons qui communiquent avec chacune des moitiés isolées 3 et 4- du commutateur c, où on peut les faire changer de côté en tournant le bouton D de ce commutateur de droite à gauche, et vice versa.

ART. II. — VALEUR DE l'ÉLECTRISATION PAR ACTION RÉFLEXE. 115

L'un de ces pôles, — supposons le pôle négatif, — passe de 3 et 5 en 6, bouton auquel s'attache un conducteur mis en communication avec 7, l'une des extrémités du fil de la première hélice ; d'autre part, le pôle positif p de 2 et 4 passe en 8, support métallique communiquant avec les dents métalliques de la circonférence de la roue A, en 9 ressort en contact avec les dents métalliques et en 10, bouton auquel est attaché un conducteur mis en communication avec 11, deuxième extrémité du fil de la première hélice.

Fis. 33. — Distributeur de l'entrée ou dV la sortie des courants d'induction et commutateur des pôles de Duchenne (de Boulogne).

Dans ces conditions, la roue A n'est qu'un rhéotome ordinaire, produisant sur chacune de ses dents ou à chaque intermittence, pendant le mouvement rolatoire qui lui est imprimé, deux courants en sens contraire, l'un à la fermeture et l'autre à la rupture du circuit, dans le fil de la seconde hélice (induite) dont les extrémités représentées, je suppose, par les boulons 12 et 13, ontété mis en communication par un conducteur métallique ou organique, en d'autres termes, dont le circuit est fermé.

Mais l'une des extrémités de ce fil, 13 par exemple, est conduite par un fil métallique, en 14 et en 15, ressort appuyant sur les dents métalliques de la roue B, qui elles-mêmes communiquent avec 16, montant de celte roue B, et avec le boulon 17. On conçoit que

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