‹ De l'électrisation localisée et de son application à la pathologie et à la thérapeutique par courants induits et par courants galvaniques interrompus et continusChapitre 57 sur 505 · CDAP. III. — LES PRINCIPALES MÉTHODES D ÉLECTRISATION · texte numérisé non relu

CDAP. III. — LES PRINCIPALES MÉTHODES D ÉLECTRISATION

si le circuit de celte deuxième hélice est fermé par un conducteur, mis en communication avec le bouton 17 et avec le bouton 12 qui représentent, le premier l'une des extrémités du fil de l'hélice induite, et le second l'autre extrémité, i'organe placé dans ce circuit recevra seulement le courant de rupture, quand la roue tournera de g3uche à droite, et celui de fermeture si au contraire elle tourne de droite à gauche. Les rapports qui existent entre les dents métalliques et les bois des roues A et B expliquent comment alors l'organe placé dans le circuit ne reçoit à volonté que le courant de rupture ou celui de fermeture.

En effet, le circuit de la deuxième hélice étant fermé par le contact du ressort 15 avec les dents métalliques de la roue B, seulement au moment où, pendant son mouvement rotatoire de gauche à droite, se fait la rupture du circuit inducteur de la première hélice, le courant de rrpture seule peut être transmis au circuit induit. Inutile de dire que l'inverse a lieu en faisant tourner les roues A et B dans le sens opposé.

Pour faire ressortir l'utilité de l'espèce de rhéotome que je viens de décrire, il me suffira de dire qu'il m'a servi à étudier physiologiquement et thérapeutiquement :

1° L'influence des courants d'induction centrifuges ou centripètes ; l

2° La valeur comparative ou les effets comparatifs du courant de fermeture ou du courant de rupture des courants induits;

3° L'influence des courants d'induction centrifuges ou centripètes avec renversement des \ ôles à volonté.

II. — Action thérapeutique dans le traitement tes iaralysies.

Il est quelquefois indiqué d'exciter les centres nerveux. C'est dans ce cas que l'on a recours ordinairement à des médicaments divers qui possèdent la propriété spéciale de provoquer des contractions musculaires, en stimulant l'arbre nerveux. L'électrisation des extrémités nerveuses par action réflexe agit d'une manière analogue. Je l'ai donc appliquée au traitement de certaines paralysies où je pouvais, sans danger, porter la stimulation vers les centres nerveux.

Je n'ai pas toujours eu à me féliciter de l'emploi de ce mode d'électrisation. Les paralytiques que j'ai faradisés par ce procédé, ont, il est vrai, éprouvé quelquefois une amélioration; mais, consécutivement à ce traitement, certains d'entre eux ont ressenti des douleurs profondes dans le trajet des nerfs, dont les ramifications avaient été excitées; douleurs qui ont souvent persisté, sous forme de névralgies. L'excitation énergique des nombreuses ramifica-

tions nerveuses, spécialement destinées à la sensibilité, explique la fréquence de ces accidents.

Dans certaines circonstances, ce procédé de faradisation par action réflexe expose les malades aux accidents les plus graves. En voici un exemple.

Observation V. — Un étudiant en médecine, M. X..., âgé de 22 ans, avait élé frappé d'apoplexie en 18oi. L'hémiplégie, qui régnait à gauche et qui était due aune hémorrhagie cérébrale, s'était dissipée progressivement en une année. Mais les mouvements volontaires étaient gênés par la contracture continue de quelques muscles, surtout des fléchisseurs de l'avant-bras et de la main, contracture qui s'étendait à un plus grand nombre de muscles, lorsqu'il voulait faire certains mouvements ou qu'il éprouvait une impression quelconque.

Ces phénomènes ne sont pas seulement symptomatiques d'une sclérose secondaire de la moelle, comme cela semble ressortir des recherches modernes; ils peuvent être quelquefois symptomatiques d'une hypérémie qu'il faut se garder de surexciter, sous peine de provoquer les plus graves accidents. Ignorant ce danger, notre étudiant, qui avait mal interprété l'une de mes publications, croyait que l'on pouvait sans danger appliquer, dans tous les cas, la faradisatio:) au traitemeut de l'hémiplégie cérébrale, de six mois à un an après son début. Ce jeune homme n'avait pas compris la différence qui existe entre limiter l'excitation électrique dans les muscles en évitant de provoquer des sens itions douloureuses, et produire leur contraction au moyen d'une forte électrisalion par action réflexe. Voici ce qu'il fit dans l'espoir de hâter sa guérison.

Ayant mis en action un appareil d'induction, dont les intermittences marchaient avec une grande rapidité à l'aide d'un trembleur, ilprildans chaque main un cylindre métallique excitateur, de manière que le courant de l'hélice parcourût ses nerfs brachiaux des extrémités aux centres. Au moment où le courant commença à passer, ses mains se fermèrent avec une grande force, sans qu'il pût lâcher les cylindres. Sentant alors que son membre paralysé se contracturait très-douloureusement, il eut la présence d'esprit de renverser d'un coup de pied la pile de Bunsen qui faisait marcher son appareil d'induction, fie courant s'arrêta à l'instant, mais il était trop tard; son action, qui n'avait duré que quelques secondes, avait déjà occasionné les plus grands désordres; la tête était extrêmement douloureuse, la contracture avait gagné tout le côté du malade et, une heure après, le pauvre jeune homme, q'ii se trouvait seul dans sa chambre, fut trouvé étendu sur le plancher, se roulant dans des convulsions. I! fut transporté à la Charité, où je recueillis plus tard, de sa propre bouche, la malheureuse histoire que je viens de raconter. Sa vie fut pendant plusieurs jours en danger; malgré des saignées réitérées, des purgatifs et un vésicatoire à la nuque, les contractures douloureuses et comme tétaniques persistèrent plusieurs semaines. Enfin ce ne fut qu'après un assez long séjour à l'hôpital, qu'il put sortir, ayant conservé, dans son côté droit, des contractures beaucoup plus générales et beaucoup plus fortes qu'avant qu'il eût conçu la malheureuse idée de se faradiser par action réflexe.

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