CHAP. III. — LES PRINCIPALES METHODES D ÉLECTRISATION
Il n'est pas môme démontré que, dans cette dernière circonstance, i'arrêt de la respiration et du cœur ait été produit par l'excitation du bulbe. En effet, la contraction télaniforme n'était pas à son maximum, de sorte que les muscles inspirateurs, principalement le diaphragme et les intercostaux, qui n'étaient que dans un certain degré de roideur, ont pu, sous l'influence des grands efforts inspiratoires, se contracter davantage encore, et produire des mouvements. Dans la seconde expérience, on comprend que l'état létaniforme au maximum des mômes muscles inspirateurs se soit opposé nécessairement à tout mouvement respiratoire du thorax; ce qui explique la mort rapide dont sont frappés les animaux soumis à ce genre d'expériences. Quant à l'arrêt, observé dans cette dernière expérience, des oscillations de l'aiguille implantée dans le cœur, il ne prouve pas que cet organe ait alors cessé de battre, car ces oscillations ont été alors empêchées par la roideur extrême des intercostaux traversés par l'aiguille, tandis que, dans la première expérience, ces inlercostaux n'étaient pas assez contractures pour s'y opposer. Ce qui prouve l'exactitude de cette explication, c'est que, dès que ces muscles se sont relâchés par le fait de la suspension de la faradisation et si le lapin a cessé de vivre, de petites oscillations de l'aiguille font encore voir les contractions propres du cœur.
Les faits et les considérations que je viens d'exposer démontrent donc que* le mode de faradisation générale, dont il est ici question, n'excite pas puissamment l'activité réflexe du bulbe; c'est seulement ce queje tenais à établir.
Cependant je ne prétends pas que ce procédé n'exerce aucune action réflexe sur le bulbe. Je ne concevrais pas en effet que dans ces expériences, où l'un des rhéophores est placé dans une région (la bouche) innervée par le bulbe et par une partie de la protubérance, ces derniers points du centre nerveux auraient pu échapper à toute espèce d'excitation. Certains faits montrent, au contraire, qu'il y a eu réellement une action réflexe du bulbe. Ainsi la faradisation a-t-elle été modérée dans ces cas, on a constaté que les battements du cœur sont devenus plus fréquents de même que les mouvements respiratoires. Enfin l'on verra bientôt que dans l'asphyxie, ce mode de faradisation, par action réflexe, de la moelle a pu ranimer la respiration suspendue depuis plusieurs minutes ; qu'il a aussi rétabli et développé les battements du cœur qui alors n'étaient plus appréciables que par les oscillations faibles et très-lentes d'une longue aiguille enfoncée dans cet organe, bien que le courant eût été des plus faibles, au point de ne pas provoquer des contractions réflexes dans les membres.
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