‹ De l'électrisation localisée et de son application à la pathologie et à la thérapeutique par courants induits et par courants galvaniques interrompus et continusChapitre 59 sur 505 · I. — Action physiologique · texte numérisé non relu

I. — Action physiologique

Les procédés de faradisation par action réflexe, dont il vient d'être question, n'excitent fortement la moelle que dans les points d'origine des plexus brachiaux et lombo-sacrés. Il en est un autre qui produit une excitation réflexe plus générale de ce centre nerveux. Je veux parler de celui qui consiste à placer les rhéophores d'un appareil d'induction, l'un dans la bouche et l'autre dans l'anus; c'est le procédé de J. Leroy d'Étiolles, dont il a été question précédemment (voy. p. 97). Voici sommairement les expériences que j'ai faites dans le but d'étudier l'action physiologique de ce procédé.

Expériences. — 1° J'ai dit (page 97) qu'en i 8^3 j'ai répété sur un cheval, ces expériences de Leroy d'Éliolles, avec le courant d'induclion ; que ce dernier était peu intense, mais assez fort pour produire par action réflexe des contractions tétaniformes générales dans les membres et le tronc, et

ART# n. — VALEUR DE i/ÉLECTRISATION l'AR ACTION RÉFLEXE. 119

que cependant la respiration et les battements du cœur n'ont pas été suspendus, 2° J'ai répété des expériences analogues sur des lapins. Plusieurs d'entre elles ont été faites, en ma présence, dans le laboratoire de mon ami M. Liégeois. A un courant excessivement faible, il n'y avait pas d'autre phénomène appréciable qu'une légère contraction de la langue et des iriùsclns de la face. Puis, j'ai augmenté progressivement la force de l'extra-courant de mon appareil, qui, au commencement de l'expérience, était à son minimum, et qui, en outre, traversait une petite couche d'eau contenue dans un tube modérateur rempli d'eau (qui sera décrit plus loin), j'ai, dis-je, augmenlé l'intensité de ce courant jusqu'à ce. qu'il se produisît quelques contractions tétaniformes dans les muscles du tronc et des membres, ni la respiration, ni les battements du cœur n'ont été arrêtés, ils ont été suspendus seulement pendant une ou deux secondes. Cette expérience, deux fois renouvelée sur le môme lapin, pendant vingt à trente secondes chaque fois, a donné les mêmes résultats. Mais lorsqu'ensuite le courant est devenu plus intense jusqu'à tétaniser et immobiliser complètement les parois thoraciques, une aiguille enfoncée dans le cœur a cessé d'osciller.

On voit, en somme, dans les expériences qui précèdent, que les rhéophores étant placés l'un dans la bouche et l'autre dans l'anus, un courant d'induction à intermittences rapides et de trèspeu d'intensité (l'extra-courant de mon grand appareil au minimum ayant en outre à vaincre la résistance d'une petite colonne d'eau) a pu produire, ch(ez des lapins, des contractions tétaniformes dans les muscles des membres et du tronc, par une action évidemment réflexe de toute la moelle, sans arrêter ni le cœur ni la respiration.

Mais un autre fait non moins important ressort de ces expériences : c'est que, relativement, ce mode de faradisation paraît n'avoir produit qu'une faible excitation réflexe du bulbe. En effet, malgré les contractions tétaniformes générales qu'il a provoquées, la respiration et les battements du cœur, qui avaient été suspendus pendant une à deux secondes, ont persisté pendant les vingt à trente secondes que durait chacune de ces expériences; il est à noter seulement que les mouvements respiratoires et les pulsations cardiaques avaient augmenté de vitesse.

L'expérimentateur sait qu'à ce très-faible degré, un courant d'induction dirigé sur le pneumogastrique mis à nu arrête le cœur et la respiration; il sait également que la faradisation la plus faible du laryngé supérieur suspend à l'instant la respiration. Aussi doutera-t-il que le bulbe ait été réellement excité dans ces expériences où le courant d'induction parcourt le tronc de la bouche à l'anus, au môme degré de force, sans produire un grand trouble de la respiration.

Il a fallu, on l'a vu, que le courant fût arrivé à un plus haut degré de tension, pour que la respiration fût complètement arrêtée et que le cœur cessât de battre.

Page 1