‹ De l'électrisation localisée et de son application à la pathologie et à la thérapeutique par courants induits et par courants galvaniques interrompus et continusChapitre 68 sur 505 · G CHAP. III. — EXAMEN DES PRINCIPALES METUODES D'ELECTR · texte numérisé non relu

G CHAP. III. — EXAMEN DES PRINCIPALES METUODES D'ELECTR

jeter ainsi le doute sur les faits les mieux établis par l'observation clinique, il faudrait y renoncer.

A. Heureusement, dans le cas dont il s'agit ici, ce n'est pas l'expérimentation qu'il faut accuser, mais ceux qui ont mal expérimenté ou qui ont mal interprété les résultats de leurs expériences. Je vais le prouver, pour ce qui a trait, du moins, au sujet dont il est ici question.

Sur des lapins, ils ont découvert le sympathique dans la région du cou, l'ont soulevé légèrement au moyen d'un fil placé sous lui, et Vont électrisé, pendant deux ou trois minutes, avec de forts courants d'induction. Alors l'artère de l'oreille correspondante s'est retrécieau point de cesser d'être aperçue. En cessant l'électrisation, l'artère avait reparu peu à peu, et finalement elle était plus grosse qu'avant r opération. Au bout d'un instant la température de ce côté était plus élevée que celle du côté opposé (I).

Il est de toute évidence que, dans ces expériences, la dilatation des vaisseaux de l'oreille, consécutivement à la faradisalion du sympathique cervical du même côté, est produite par la paralysie de leurs vaso-moteurs. N'y a-t-il pas même lieu de s'étonner que le nerf sympathique déjà mis en contact avec l'air et peut-être plus ou moins mutilé dans cette expérience, n'ait pas été, pour ainsi dire, tué par le fort courant d'induction qui l'a traversé directement pendant plusieurs minutes, et que les vaisseaux aient pu revenir plus tard à leur calibre normal?

Procéder ainsi dans les expériences dont le but est d'étudier l'action des courants d'induction sur le système nerveux, c'est faire de la toxicologie. Ne sait-on pas d'ailleurs que certains poisons qui, à faible dose, activent les battements du cœur, les arrêtent au contraire à forte dose? Attendre une action thérapeutique d'une telle manière d'appliquer les courants d'induction, autant vaudrait soutenir que la foudre peut guérir la paralysie aussi bien que l'électricité sagement et méihodiquement administrée.

Nul besoin n'était certes de la médecine expérimentale pour savoir qu'au point de vue thérapeutique, la faradisalion localisée est une arme à deux tranchants. L'observation clinique empirique m'avait bien vite appris, au début de mes recherches électro-thérapeutiques, qu'appliquée à dose trop forte et pendant un temps trop long sur un muscle ou un nerf, la faradisation localisée pouvait en augmenter et même en produire la paralysie ou l'atrophie, au lieu de les guérir. C'est cette observation clinique qui m'a conduit à établir le précepte de pratiquer la faradisation musculaire a un degré mo-

(1) Onimus et Legros, loc. cit.

déré, et de ne pas prolonger les séances ni la faradisalion de chacun des muscles, au delà d'un cerlain temps.

A un fort courant induit resserrant les vaisseaux pendant son passage dans le sympathique, et produisant, après sa cessation, l'affaiblissement momentané de leur contractilité (conséquemment leur dilatation), les mêmes auteurs ont comparé l'action relativement toujours infiniment faible des courants continus sur le même sympathique, « sous l'influence desquels, disent-ils, l'activité de la circulation a eu lieu pendant leur passage, action qui a duré tfèslongtemps après leur cessation (t). »

Il paraissait ressortir, en somme, de leurs expériences : 1° que les courants d'induction, pendant leur passage à travers le sympathique, arrêtaient ou entravaient la circulation, en resserrant les vaisseaux par une forte excitation des vaso-moteurs; 2° qu'ils produisaient, après leur passage, une dilatation passive de ces vaisseaux et conséquemment une sorte de stase du sang dans ces vaisseaux, par le fait de la paralysie ou de l'épuisement de leurs vaso-moteurs; 3° que les courants continus au contraire activaient les circulations locales, pendant et après leur passage dans le sympathique.

B. Partisan etdéfenseur, comme on l'a vu précédemment (chap. Ier), del'exislencedepropriétés physiologiques différentielles des diverses sources électriques, bien qu'on n'ait pu jusqu'à ce jour en trouver l'explication complète dans les données actuelles de la physique, j'étais disposé à accueillir la découverte de celte action spéciale et différentielle des courants induits et des courants continus, comme une conquête de la médecine expérimentale, applicable surtout à la thérapeutique. Mais j'avoue qu'il me restait encore quelques doutes sur la réalité de celte espèce d'action différentielle des courants d'induction et des courants continus, parce que, dans ces expériences comparatives, les courants n'avaient pas été appliqués avec une force équivalente.

Il importait donc de vérifier les expériences dont il vient d'être question. Voici sommairement les résultats de celles que j'ai faites sur des lapins avec mon savant a ni, M. Liégeois, professeur agrégé en physiologie à la faculté de médecine de Paris; ils sont loin de concorder toujours avec les leurs, et démontrent qu'à doses équivalentes et dans les mêmes conditions, les courants continus constants et les courants d'induction parcourant le grand sympathique exercent sur les vaso-moteurs une action identique.

Expériences. — Un courant continu constant (d'une pile de tri à 3i> éléments au sulfate de plomb), parcourant le nerf sympathique

(I) Oninms et Logros, loc. cit.

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