II. — SUR LES NEIÏFS QUI ACTIVENT LES CIRCULATIONS LOCALES
A. Coup d' œil historique . — La section du grand sympathique, faite en 1727, par Pourfour-du-Pelit (I) est le fait fondamental qui a servi de point de départ a de nombreuses recherches. Outre le resserrement de la pupille, Pourfour-du-Petit avait aussi remarqué que les vaisseaux de la conjonctive perdaient de leur ressort et s'emplissaient de sang, consécutivement à cette section. — En 1840, M. Stilling (2), qui avait aussi reconnu l'action du système ganglionnaire sur la contractilité des vaisseaux, a appelé vaso-moteurs, les nerfs spéciaux qui les animent. M. Cl. Bernard a annoncé dans différentes publications, en 1831 et en 1855, ce grand fait physiologique, à savoir, que la section du grand sympathique cervical est constamment suivie d'un afflux de sang considérable dans les parties delà tête auxquelles ce nerf se distribue (3). — M. Brown-Séquard a découvert, en 1852, que la galvanisation du grand sympathique produit au contraire le resserrement des vaisseaux et l'abaissement de température, et conséquemment que le phénomène principal découvert par M. CI. Bernard était dû à la paralysie des vaisseaux sanguins (4). — Trois ou quatre mois plus tard, M. Cl. Bernard, ne connaissant pas, cette publication de M. Brown-Séquard, a annoncé le môme fait à la Société de biologie (5). — M. Ludwig a eu, le premier, l'idée d'irriter des nerfs glandulaires, et surtout la glande sous-maxillaire, dont il mit à nu les vaisseaux principaux avec son rameau nerveux, après avoir isolé le conduit de Warton, dans lequel une canule était introduite, afin d'observer l'écoulement de la salive. L'excitation de ce nerf produisit, dans un court espace de temps, un écoulement extraordinaire de ce liquide, en quantité supérieure à son volume (M. Ludwig m'a rendu témoin de celte belle expérience, à Vienne, où je me trouvais, en 1856, au congrès des naturalistes). — M. Maurice Schiff a institué, dès 1851, une série d'expériences sur la corde du tympan, en vue de démontrer que
(1) Pourfour-du-Fetit, Mémoire dans lequel il est démontré que les nerfs intercostaux fournissent des rameaux qui portent des esprits dans les yeux <Mém. de VAcad. des scienc. Paris, 1727).
(2) Stilling, Physiol. pathologische und med . practische Untcrsuchungen ùber Spinal -irritation. Leibsig, 1840.
(3) Voy. les Comptes rendus de la Société de biologie, décembre 1851. — {Gazette médicale de Paris, 1852, p. 74, Comptes rendus de l'Académie d s sciences, séance du 2!) mars 1852. — Recherches expérimentales sur le grand sympathique et spécialement sur l'influence que la section de ce nerf exerce sur la tempéra1 we animale. Paris, 1854).
(4) Voy. Philadelphia médical examiner, août 1852, p. 489.
(5) Voy. Comptes rendus de la Société de biologie {Gazette médicale, 1853, P. 71).