‹ De l'électrisation localisée et de son application à la pathologie et à la thérapeutique par courants induits et par courants galvaniques interrompus et continusChapitre 72 sur 505 · CUAP. III. — EXAMEN DES PRINCIPALES MÉTHODES D ELECTR · texte numérisé non relu

CUAP. III. — EXAMEN DES PRINCIPALES MÉTHODES D ELECTR

tous les nerfs salivaires ne sont pas contenus dans les filets propres du trijumeau (lingual), mais qu'ils lui viennent peut-êlre de son anastomose avec le facial (la corde du tympan) (1). Des recherches ont été répétées, avec les mêmes résultats, par beaucoup d'auteurs. Mais c'est à M. Cl. Bernard que revient tout l'honneur d'avoir découvert le mécanisme réel de certaines circulations locales, en montrant que les vaisseaux sont placés sous la dépendance de nerfs constricteurs et de nerfs dilatateurs qui se modèrent mutuellement. En 1856, il afait voir qu'en excitant la corde du tympan, on provoque dans l'organe où elle se rend (la glande sousmaxillaire) une suractivité de la circulotion capillaire et une dilatation des petites artères telles, que le sang circule dans les veines avec toutes les apparences du sang artériel. Il a montré, en outre, que d'autres nerfs allant aux artères de la face ont également la propriété de dilater ces vaisseaux (2).

B. Opinion de M. Cl. Bernard en faveur de la dilatation active des vaisseaux.— Pour ce qui a trait à l'influence thérapeutique delafaradisalion localisée sur l'activité des circulations locales, j'en ai ignoré le mécanisme, jusqu'à ce que notre grand physiologiste, M. Cl. Bernard, après avoir concouru si puissamment à faire connaître l'action propre du grand sympathique, entrant dans une nouvelle voie de découvertes, eût démontré, surtout par ses expériences sur la corde du tympan, que, contrairement à ce nerf constricteur des vaisseaux, d'autres nerfs, quand ils sont excités, produisent la dilatation des vaisseaux, qu'ils sont en conséquence dilatateurs des artères et accélérateurs de la circulation capillaire.

S'il est vrai qu'entre les mains de M. Cl. Bernard, l'expérimentation n'a, jusqu'à ce jour, montré les deux ordres de nerfs vasculaires (les constricteurs et les dilatateurs), que dans les artérioles de certaines glandes et dans celles de la face, on ne saurait méconnaître que son génie lui a fait entrevoir que la dilatation active des vaisseaux doit être générale.

Voici dans quels termes il a exprimé cette opinion :

« On admet en général, dit-il, que tous les phénomènes qui suivent la section du grand sympathique au cou sont la conséquence de la paralysie de ce nerf et de la dilatation consécutive des vaisseaux (dilatation passive). Celte explication nous paraît insuffisante pour ne rien dire de plus. Nous nous sommes assuré, en effet, qu'après cette expérience, le sang qui passe dans le système veineux e^ plus chaud que celui qui traverse les artères. Il

(1) Voy. M. Schiff, Ueber molorische Zungenluchmung (Archiv j. physiolog. Hei/k., von Wunderlich und Vierordt, 1852).

l2) Voy. CI. Bernard, Leçons sur les propriétés physiologiques et les altérations pathologiques des liquida de l'organisme, t. 11, leçons des 4 et y juin ISS8.

y a donc, dans ces phénomènes, quelque chose déplus qu'une simple dilatation passive des vaisseaux, nous sommes en présence d'une action d'un genre différent, et jusqu'à présent inconnue. La contraction de la pupille, après la section de la branche cervicocéphalique, n'est pas un phénomène passif, mais au contraire un phénomène actif ; il se produit ici après la section du sympathique une prédominance d'aclion des branches ciliaires de la troisième paire.

« Les variations observées dans le volume du vaisseau paraissent appartenir à la même classe de phénomènes, bien qu'ici la contraction se produise quand on excite le sympathique, et la dilatation quand il est coupé, inversement de ce qui se fait pour la pupille. Ce n'est pas ici une simple hypothèse ; la dilatation active des vaisseaux est une des vérités les plus indiscutables qui soient parvenues à notre connaissance. Nous avons prouvé par des expériences directes qu'il existe deux ordres de nerfs vaso-moteurs, agissant en sens inverse, et que leurs propriétés sont, dans la plu part des cas, mises en jeu par action réflexe (1).

M. Claude Bernard a reproduit cette même opinion, en 1864, d'une manière plus explicite : « Le système vasculaire, dit-il, est soumis à l'influence de deux systèmes nerveux plus ou moins distincts : le système du grand sympathique et le système cérébro-spinal ; cherchons donc quel, est le rôle de chacun d'eux et quelle part doit légitimement leur revenir, dans les faits que nous étudions. Le premier, c'est-à-dire le grand sympathique, joue le rôle de modérateur des vaisseaux ; en l'irritant, on produit un resserrement plus ou moins considérable de ces vaisseaux, resserrement qui apporte une certaine entrave à la circulation, et par conséquent la ralentit. Au contraire, en excitant les filets du cérébro-spinal, on provoque la dilatation de ces mêmes vaisseaux. Voilà tout le mécanisme de l'influence nerveuse. Avec ces deux seuls modes d'action, resserrement ou dilatation des vaisseaux, le système nerveux gouverne tous les phénomènes chimiques de l'organisme (2). »

Mais, n'admettant que ce qui est démontré par l'expérimentation, M. Cl. Bernard s'est empressé de déclarer que la généralisation des phénomènes de dilatation active des vaisseaux capillaires n'est jusqu'aujourd'hui qu'une hypothèse.

C. Nécessité de l'existence de muscles dilatateurs vasculaires, comme modérateurs des vaso-moteurs constricteurs. — Qu'il me soit permis de proposer un nouvel argument démontrant la nécessité d'un système de nerfs modérateurs des vaso-moteurs constricteurs.

Je suis convaincu que toute action musculaire doit posséder son

(1) Cl. Bernard, Médical Times, t. II, p. 51, lec. 1, 18G1.

(2) Cl. Bernard, Influence du système nerveux sur les pliénomènes chimiques de l'oryanisme, 25e leçon {Revue des cours scientifiques, '28 juin 1804).

Page 1