‹ De l'électrisation localisée et de son application à la pathologie et à la thérapeutique par courants induits et par courants galvaniques interrompus et continusChapitre 76 sur 505 · CHAI'. HT. — EXAMEN DES PRINCIPALES METI10DES D ÉLECTR · texte numérisé non relu

CHAI'. HT. — EXAMEN DES PRINCIPALES METI10DES D ÉLECTR

La figure 36, qui représente une section longitudinale d'un ganglion spinal de la région cervicale, et qui a été héliographiée d'après une photographie directement à 21 diamètres, en est un exemple. On voit, dans celte figure, que les cellules sont accumulées en grand nombre vers les parois de ce ganglion (disposition anatomique que

Fie. 36. — Section longitudinale d'un ganglion spinal de la régiou cervicale photographiée et héliographiée à 21 diamètres.

j'ai rencontrée sur toutes les coupes longitudinales ou transversales de ganglions spinaux que j'ai faites). On remarquera que, du côté de la paroi libre aa de celte coupe longitudinale, presque toutes les cellules sont apolaires (on les reconnaît à leur forme circulaire), tandis que du côté opposé bb, qui avoisine la racine postérieure, on voit des cellules bipolaires et unipolaires; on les reconnaît à leur forme ovalaire en poire). Eh bien ! c'est quelquefois i'inverse ; ce qui prouve que cela dépend des hasards de la section qui a été faite au niveau d'un plus ou moins grand nombre de telles ou telles cellules. 11 est difficile de dire, même approximativement, quelle est la proportion des cellules bipolaires ou unipolaires, car tantôt le

nombre des cellules bipolaires est plus grand, tantôt c'est le contraire ; on conçoit en outre que telles cellules, qui paraissent apolaires, dans une section donnée, sont peut-être en réalité bipolaires.

Plus loin Rôlliker dit encore : « Lors même qu'une cellule donne naissance à deux prolongements, il ne s'ensuit pas que l'une doive être centripète et l'autre centrifuge ; au contraire, tous deux se dirigent vers la périphérie; c'est du moins ce qu'on voit en examinant de très-petits ganglions. Stannius lui-même a trouvé, sur les cellules bipolaires, deux prolongements accolés l'un à l'autre (1). »

Sur aucune de mes coupes longitudinales de ganglions spinaux, je n'ai rencontré cette direction périphérique des pôles dans les cellules bipolaires. Toujours ces pôles marchaient en sens contraire, l'un vers la moelle, l'autre vers la périphérie, comme on en voit un spécimen dans la figure 37, calquée sur la photographie prise

Fig. 37. — Cellules photographiées et héliographiées à 200 diamètres dans le point c du ganglion spinal photographié à 21 diamètres dans la figure 36 (*).

d'après nature à 200 diamètres, dans le point c de la figure 35 qui, on l'a vu plus haut, représente la photographie à 21 diamètres d'un ganglion spinal. Dans cette figure 37, on voit une cellule apolaire ar deux petites cellules unipolaires b, b', et deux grosses cellules bipolaires c, c'.

Toutes mes coupes transversales de ganglions spinaux ont montré un certain nombre de cellules dont chacune était mise en communication avec une autre cellule plus ou moins rapprochée par un

(1) Kôlliker, loc. cit., page 357.

(*) a cellule apolaire; bb' deux petites cellules unipolaires; ce' deux grosses cellules bipolaires. La cellule c coupée dans sa partie moyenne laisse voir son contenu granuleux et son noyau, qui sont masquées dans la cellule c' par l'enveloppe réticulaire.

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prolongement latéral, dont la texture du moins était, en tout, semblable à celle des prolongements périphériques ou centraux. Ce prolongement latéral, partant de la partie moyenne de la cellule, semblait être une sorte de gaîne à noyaux qui se continuait dans l'enveloppe réliculaire à noyaux de la cellule. Je me crois donc fondé à conclure de ces faits analomiques, que les ganglions spinaux contiennent sans aucun doute des cellules tripolaires dont deux pôles se continuent dans une fibre centrale et dans une fibre périphérique, comme dans les cellules c et d de la figure 36, et dont le troisième a une direction latérale.

Supposons maintenant que l'on vienne à isoler une cellule tripolaire et que son pôle central ait été rompu dans la préparation, alors elle se présentera avec l'apparence d'une cellule dont les deux pôles auront une direction périphérique, comme dans les cellules bipolaires signalées par Rôlliker.

En somme, il est démontré qu'anatomiquement les cellules des ganglions spinaux communiquent, en partie du moins, avec la moelle épinière, et qu'on ne saurait considérer ces ganglions comme le centre des fibres nerveuses trophiques. — Peut-être sont-ils dessortes d'organes de renforcement pour les nerfs trophiques de la peau ?

Avec ces données, beaucoup défaits cliniques pourraient s'expliquer. Ainsi, l'inflammation de certaines portions de la moelle est suivie non-seulement de l'atrophie avec dégénérescence granuleuse ou granulo-graisseuse des muscles et atrophie des os, mais encore d'une légère lésion de nutrition de la peau qui devient plus ou moins rugueuse, écailleuse, terreuse, et enfin d'abaissement de température avec hyperplasie du tissu cellulaire sous-cutané, au niveau des muscles atrophiés. — J'ai observé des centaines de fois cet ensemble de phénomènes dans la paralysie spinale de l'enfance dont la lésion anatomique centrale, constatée dans quelques autopsies, a été trouvée localisée dans les cornes antérieures (je dirai par la suite quelle est cette lésion anatomique) ; 2° aux lésions de nutrition indiquées ci-dessus s'ajoutera une altération plus profonde de la peau : zona, escharre, etc., lorsque l'inflammation aura atteint, en môme temps que la moelle, les ganglions spinaux, organes de renforcement des nerfs trophiques de !a peau. — J'ai constaté ces faits un certain nombre de fois, consécutivement à des fractures de la colonne vertébrale, dans lesquelles, à ce niveau, la moelle et les ganglions vertébraux avaient été entièrement détruits, soit par la lésion traumatique elle-même, soit par l'inflammation consécutive. Je ne doute pas que l'on ne trouve ces mêmes lésions de nutrition dans des inflammations spontanées et simultanées de la moelle et des ganglions spinaux, lorsque l'on ne négligera plus, comme on l'a fait en général jusqu'à ce jour, d'examiner en même temps que

a y zoo

la moelle, l'état anatomique des ganglions spinaux ; 3° enfin quand l'inflammation sera limitée aux ganglions spinaux, il se produira des altérations de nutrition localisées dans la peau. — C'est ce que l'on a observé dans les cas de zona publiés par MM. Bœrensprung et Charcot.

b. — II est ressorti des faits et des considérations exposés précédemment, que le centre cérébro-spinal contient des fibres nerveuses qui activent les circulations locales et la nutrition des tissus. Quels peuvent donc être les caractères distinctifs de ces fibres? Cette question sera-t-elle jamais résolue ? Si elle l'est un jour, ce ne sera que par le concours de l'observation clinique et de l'anatomie pathologique.

Aujourd'hui cependant j'essayerai de la soulever, mais en me bornant à signaler un fait anatomique que mes recherches icono-photographiques m'ont fourni l'occasion d'observer.

Dans toutes les sections transversales que j'ai faites, à différentes hauteurs, de la moelle et du bulbe et dans celles des racines antérieures et postérieures, j'ai rencontré une multitude de tubes nerveux de 0mm, 0033 environ, disséminés par groupes entre les tubes moteurs ou sensibles de 0mm, 01 à 02 et 03. Ce fait anatomique a été le mieux mis en lumière par des photographies de coupes transversales de ces différentes parties. Les figures 37 et 38, par exemple, ont été calquées sur des points de ces deux sections (I). On y voit en effet un grand nombre de ces petits tubes nerveux placés dans les intervalles de tubes nerveux beaucoup plus gros, appartenant à des coupes transversales : 1° d'un cordon antérieur du renflement cervical, en d, figure 38, à 200d;2° du cordon antéro-latéral de la portion inférieure du bulbe, en e, figure 38, à 400d ; 3° au niveau du calamus scriptorius en f, à 400d; 4° d'une racine spinale postérieure en g, à 400d.

Tous les groupes des petits tubes nerveux dans les cordons de la

Fig. 38. — Coupe transversale île tubes nerveux d'un ganglion sympathique à 200 diamètres en ab et à 400 diamètres eu c, et du cordon antérieur du renflement cervical de la moelle à 400 diamètres en d.

(1) J'ai communiqué quelques-unes de ces photographies à l'Académie des sciences, en 18G4, et je lui ai fait remarquer qu'une quantité considérable de petits tubes nerveux, de 0mm,0033, se trouvent disséminés dans tous ces points du bulbe, de la moelle et dans les racines spinales et mêlés à des tubes nerveux de 0»m,01 à 02 et 03.

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