‹ De l'électrisation localisée et de son application à la pathologie et à la thérapeutique par courants induits et par courants galvaniques interrompus et continusChapitre 75 sur 505 · CHAP. III. — EXAMEN DES NUNCIPALES MÉTHODES D'ÉLECTR · texte numérisé non relu

CHAP. III. — EXAMEN DES NUNCIPALES MÉTHODES D'ÉLECTR

mènes de nutrition et de sécrétion, lorsqu'en 1860 M. Samuel a essayé de donner, pour ainsi dire, un corps à des idées analogues sur les points principaux, à celles de M. Brown-Séquard, en imaginant une description analomique et physiologique de nerfs qui auraient pour fonction d'alimenter directement l'activité nutritive ■des tissus.

Ce savant observateur a exposé, dans un livre très-intéressant (1), l'action directe et indirecte du système nerveux sur la nutrition; il a recherché quelles sont les affections de ce système, qui occasionnent des troubles divers; il a conclu ensuite d'expériences faites sur les animaux et surtout de l'observation clinique à l'existence de fibres spéciales qu'il a nommées nerfs trophiques.

Voici sommairement les faits principaux sur lesquels repose sa doctrine. — Suivant lui, l'inflammation ne peut être produite ni par l'excitation ni par la paralysie des nerfs vasculaires ; or, lorsque les nerfs rachidiens sont irrités expérimentalement, les tissus innervés par eux s'enflamment; donc ces nerfs contiennent des fibres spéciales que l'on doit appeler trophiques. — L'irritation de ces derniers provoque Pinflammation aiguë, la prolifération rapide des cellules; leur paralysie est suivie de l'atrophie des tissus. — Ils ne produisent pas de transformations chimiques, ils ne font qu'exciter l'activité nutritive des cellules et des tissus. — Dans les névralgies accompagnées d'éruption, l'inflammation atteint les nerfs sensitifs et les nerfs trophiques, d'où simultanéité de la douleur et du trouble nutritif. — Ces nerf s prennent leur origine dans les ganglions spinaux ou dans ceux qui leur correspondent : le ganglion de Gasser, par ■exemple. — Ils ont une direction centrifuge. — La base, le principe, la cause de la nutrition est dans les cellules ; sa mesure est dans les nerfs trophiques.

D. — Faits cliniques et anatomo-pathologiques de M. Bœrensprung et de M. Charcot ne réalisant quen partie les idées théoriques de M. Samuel. — a. Exposition des faits. — L'hypothèse de l'existence de nerfs trophiques a commencé à se réaliser, en partie du moins (pour ce qui a trait à la présence dans les ganglions spinaux de libres nerveuses exerçant une action évidente sur la nutrition de la peau) le jour où le professeur von Baerensprung a découvert une altération de ces .ganglions inlerverlébraux, dans un cas de zona occupant une région qui se trouvait en rapport d'innervation avec eux (2).

(1) Samuel, Trophischen Nerven. Leipsig, 18G0.

(2) Bœrensprung, observation XXXVI. Altération de plusieurs ganglions spinaux et des nerfs intercostaux correspondants. Zona (Ann. Charité Krunk. Berlin, vol. XI, 1863, page 9G).

Ce savant médecin est l'auteur du livre le plus considérable qui ait été publié, d;ms ces dernières années, sur l'herpès zoster. A la fin de son premier mémoire, où il a réuni cinquante-cinq nouvelles observations intéressantes, il a établi, puur la

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Observation X. Résumé. — Un zona survenu, sans eau?e connue, chez un garçon tuberculeux, âgé d'un an, s'élendait de la sixième à la neuvième côte. Large de plus de 2 pouces, il commençait, en arrière, non loin de la ligne médiane, de la sixième à la huitième vertèbre, et, formant une demi-ceinture, il venait se terminer exactement sous l'appendice xiphoïde. Ce garçon était guéri complètement de son zona qui avait suivi sa marche régulière, lorsqu'il succomba à la phthisie, six semaines après le début de ce zona. — Les ganylions spinaux correspondant aux sixième, septième et huitième nerfs intercostaux adhéraient fortement à la paroi du canal intervertébral. Le tissu cellulaire, à leur niveau, présentait cette même rougeur inflammatoire, et, considérés dans leur, ensemble, ces ganglions avaient augmenté de volume. — Le microscope montrait que le névrilemme surtout présentait des traces non douteuses de l'inflammation. Il n'existait, à proprement parler, d'altération ni dans les éléments nerveux des ganglions, ni dans ceux des nerfs.

Observation XL — Le fait précédent a été confirmé par un autre cas observé par M. Charcot, en 1865, chez une femme de son service de la Salpôtrière, âgée de soixante-dix-huit ans. Dans ce cas, les ganglions intervertébraux et les nerfs intercostaux correspondant à la surface cutanée envahie par le zona, ont présenté exactement les mêmes altérations anatomiques que dans le précédent (1).

b. Examen critique. — Voici, selon moi, les déductions à tirer des deux faits anatomo-pathologiques de MM. Baerensprung et Charcot : 1° l'inflammation des ganglions spinaux, caractérisée analomiquenient par une injection vasculaire très-prononcée et une prolifération du périnèvre, sans lésion de nutrition ou avec une faible altération des éléments nerveux, produit, dans les points de la peau qui en reçoivent l'innervation, la lésion de nutrition spéciale au genre zoster; 2° la névralgie qui accompagne le zona est le résultat de l'excitation des tubes nerveux sensibles qui traversent ce ganglion; 3° les ganglions spinaux contiennent des tubes nerveux trophiques de la peau. Mais ces faits anatomo-pathologiques ne confirment nullement la doctrine générale de MM. Samuel et Baerensprung, qui soutiennent que les nerfs trophiques prennent leur source dans les ganglions spinaux.

M. Charcot, observateur plus sévère et n'allant jamais au delà du

première fois et avant d'avoir recueilli le fait anatomique dont il a été" question ci-dessus, sa théorie du zona : « En résumé, dit-il, le zona est une affection des parties ganglionnaires du système nerveux ; il résulte spécialement de l'irritation des ganglions spinaux ou des ganglions de Gasscr.Cependant l'irritation sur le trajet périphérique des nerfs qui contiennent, comme celui-ci, des éléments provenant des ganglions, cette irritation, dis-je, peut être suivie de l'éruption vésiculeuse. »

(Il Charcot et Cotard, Altération (névrite) du plexus cervical et des yanglions correspondants des racines spinales postérieures. Zona du cou (Méiujtres de lu Société de b.ologie, 18U5, p. 47).

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fait, s'est bien gardé de tirer de son cas particulier une conclusion aussi générale.

Ces faits cliniques ne prouvent pas, en effet, que d'autres parties des centres nerveux ne contiennent pas des nerfs trophiques de la peau. En effet, l'observation clinique montre que, dans certaines circonstances, les lésions de la moelle allèrent la nutrition de la peau et du tissu cellulaire sous-cutané. Pour ma part, j'en puis citer des exemples recueillis dans ma pratique civile. Ainsi, toutes les fois que, dans la paralysie spinale de l'enfance, dont la lésion anatomique est une atropbie et même la destruction des cellules et la métamorpbose fibroïde des cornes antérieures (I), un muscle a été atteint dans sa nutrition, et dans sa texture (dégénérescence granuleuse ou graisseuse), j'ai vu le tissu cellulaire sous-cutané qui le recouvre s'bypertropbier et quelquefois la nutrition de la peau s'altérer à des degrés divers. — Ces faits seront exposés dans le chapitre qui traitera de la paralysie spinnle ou atrophique graisseuse de l'enfance.

D'autre part, je ferai observer que l'inflammation des ganglions spinaux n'a pas produit d'autre lésion de nutrition que celle de la peau. Comment donc alors expliquera-l-on les altérations de nutrition du système musculaire et même du système osseux, que l'on observe consécutivement à certaines lésions de la moelle, si, comme le prétendent MM. Samuel et Bserensprung, les nerfs trophiques tirent leur origine uniquement des ganglions spinaux ? — J'exposerai, par la suite, des faits cliniques qui montreront, dans la lésion spinale de l'enfance, la nutrition musculaire plus profondément atteinte que la nutrition osseuse, et vice versa.

On sait que les lésions nerveuses périphériques produisent des altérations diverses de la peau ; ce qui prouve la présence de nerfs trophiques cutanés dans les nerfs périphériques. Ce fait, signalé pour la première fois par l'illustre chirurgien anglais, M. le professeur Paget (2), a été confirmé par d'autres observateurs. — Je me souviens de l'avoir constaté un bon nombre de fois, mais j'avoue n'y avoir pas attaché assez d'importance, ou plutôt n'en avoir pas recherché le mécanisme.

Je rappellerai enfin que dans l'alaxie locomotrice progressive (sclérose des cordons postérieurs de la moelle) et dans la sclérose secondaire des cordons latéraux, consécutive à lhémonhagie des couches opto-striées, on observe quelquefois des lésions de nutrition de la peau (des escharres), des articulations et des gaines lendi-

(I) O fait anatomo-patliologique, découvert, en l^GO, par M. Prévost, interne de M. Yulnian, vient d'être confirmé par une nouvelle autopsie de paralysie infantile (]ni m'a été communiquée par. M. Cliarcot.

fr2) Paget, SùUgical pathology, t. I. — Médical tintes, I8G4.

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neuses (arlhropathies). — Ces faits importants ont été découverts par M. Charcot (1).

Les faits et les considérations qui précèdent me semblent démontrer que l'origine des éléments anatomiques des ganglions spinaux est soumise à une loi générale de centralisation qui tend de plus en plus à s'établir sur l'expérimentation physiologique et l'observation clinique. Ainsi, le grand sympathique était considéré comme une sorte de centre nerveux indépendant du centre spinal ; mais l'expérimentation et l'observation clinique ont démontré que les lésions delà moelle et du bulbe produisent,, dans les circulations locales, des troubles analogues à ceux que l'on observe consécutivement aux lésions directes du sympathique. Ces faits prouvent donc l'existence des fibres nerveuses du grand sympathique dans ce point du centre spinal où elles prennent leur source. De même il est ressorti de l'observation clinique que les ganglions spinaux ne sauraient être considérés comme les centres exclusifs des nerfs trophiques en général, ni même des nerfs trophiques cutanés; ils paraissent seulement les tenir plus particulièrement sous leur dépendance.

E. Considérations anatomiques. — a. Suivant Bcerensprung, l'anatomie démontrerait que les ganglions spinaux seraient des centres nerveux, dont les cellules unipolaires ne communiqueraient pas avec la moelle épinière. Il s'appuie sur l'opinion de Rôlliker qui a écrit: a En tant qu'il m'a été permis de le constater, il n'existe dans les ganglions aucun rapport de continuité entre les racines postérieures et les globules ganglionnaires. Il s'ensuit que chaque ganglion peut être considéré comme une source de fibres nouvelles. Chez l'homme et les mammifères, j'ai constaté l'existence de cellules unipolaires ; je crois même être en droit d'affirmer que ces cellules y sont trèsnombreuses (2). »

Cette opinion de Kôlliker est en contradiction avec celle des anatomistes, en général, qui professent que la plupart des cellules ont deux pôles, dont l'un se continue avec une fibre de la mcelle épinière, et l'autre avec une fibre nerveuse périphérique.

Elle est en outre insoutenable, en présence de mes recherches icono-photographique^. En effet, sur les coupes longitudinales de ganglions spinaux, que j'ai photographiées, j'ai rencontré des cellules apolaires, unipolaires et bipolaires ; le nombre des unes et des autres prédominant, selon les hasards de ces sections.

(1) Charcot, Note sur la formation rapide d'une escharre à la fesse du côté para lysé dans l'hémiplégie récente de cause cérébrale (Archives de physiologie normale et pathologique, 1. 1, 1808, pp. 308-313). — S»/' quelques arthropathies qui paraissent dépendre d'une lésion du cerveau ou de la moelle épinière (idem, pp. 161-178, 379-400, PL 6).

(2) A. Kôlliker, Éléments d'histologie humaine. Structure des ganglions spinaux, p. 355, 1850.

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