CHAPITRE IV
DES APPAREILS ÉLECTRO-MÉDICAUX, AU POINT DE VUE DE LEUR APPLICA- TION A LA PHYSIOLOGIE, A LA PATHOLOGIE ET A LA THÉRAPEUTIQUE.
Le choix d'un bon appareil est d'une grande importance dans la pratique de l'électrisation localisée. A quoi servirait-il, en effet, de bien posséder cet art, si l'appareil qui doit servir a son application
ne répondait pns aux besoins des éludes physiologiques, pathologiques et thérapeutiques?
Je me propose donc, dans ce chapitre, 1° d'examiner les propriétés que doivent posséder les appareils électro-médicaux, au point de vue de la faradisation localisée et de l'application de cette méthode à la physiologie, à la pathologie et à la thérapeutique; 2° d'exposer la description et les propriétés des appareils électromédicaux que j'ai dû imaginer dans le but de poursuivre mes recherches, et qui me paraissent répondre aux progrès de l'électricité médicale ; 3° d'examiner si les appareils électro-médicaux répandus dans la pratique réunissent l'ensemble de ces propriétés.
ARTICLE PREMIER
§ I. — Tout appareil destiné à la pratique électro-méilicale, qui ne possède "pas la première et la seconde hélices, et dont celles-ci ne sont pas construites dans certaines proportions «le section et de longueur de leurs fils, ne répond i>as à tous les besoins de la thérapeutique.
Cette proposition n'est qu'une déduction tirée des expériences électro-physiologiques et des faits exposés dans le § I, (p. 22 et suivantes), et qu'il serait superflu de reproduire ou même de résumer de nouveau. Elle ne serait contestable que si les faits sur lesquels elle repose l'étaient eux-mêmes. Or, ces faits ont subi l'épreuve de l'expérimentation publique et du temps; ils ont été sanctionnés par plusieurs commissions académiques, contrôlés et enseignés par un grand nombre d'expérimentateurs, en France et à l'étranger. Ils sont donc acquis à la science, malgré quelques mauvais vouloirs partiels ou un parti pris qui ne peuvent plus s'expliquer que par l'ignorance, ou la mauvaise foi, ou un malentendu.
J'ai précisé les conditions dans lesquelles je me suis placé pour obtenir les résultats électro-physiologiques que j'ai exposés. J'ai dit quelles devaient être, approximativement, la section et la longueur des fils des deux hélices à double induction, lorsque l'on veut doter ces derniers du maximum des actions physiologiques et thérapeutiques différentielles dont elles peuvent jouir. Il est évident que l'on devra se placer dans les mêmes conditions d'expérimentation, quand on aura à juger la valeur de mes recherches électro-physiologiques et des déductions que j'en ai tirées, ou quand on aura à en faire l'application pratique. A ce point de vue, les appareils électro-médicaux doivent donc être construits d'après les principes que j'ai posés.
220 CUAP. IV. — DES APPAREILS ELECTRO-MEDICAUX.
§ II. — G. .-s intermittences lentes ou rapides «les appareils électro-médicaux produisent de» effets physiologiques spéciaux, qui ne peuvent se suppléer mutuellement dans la pratique.
Pour faire ressortir l'utilité ou la nécessité, les inconvénients ou les dangers des intermittences plus ou moins rapides, plus ou moins lentes des courants faradiques, il me suffira d'exposer les phénomènes physiologiques que l'on voit se développer sous leur influence, et d'en tirer immédiatement des déductions pratiques, qui seront justifiées par les faits publiés dans le cours de ce livre.