‹ De l'électrisation localisée et de son application à la pathologie et à la thérapeutique par courants induits et par courants galvaniques interrompus et continusChapitre 91 sur 505 · I. Action des intermittences rapides des courants · texte numérisé non relu

I. Action des intermittences rapides des courants

A. Sur la contraclilité électro-musculaire. — Le muscle qui reçoit l'excitation d'une seule intermittence d'un courant d'induction, se contracte, puis retombe immédiatement dans un relâchement complet. Si cette intermittence est suivie de plusieurs autres assez rapprochées, les contractions musculaires se succèdent, et le muscle se relâche d'autant moins pendant les intervalles des intermittences que celles-ci sont moins éloignées. Il en résulte alors que les fibres musculaires se raccourcissent d'autant plus que le courant d'induction est plus rapide.

Il faut se garder d'en conclure qu'un courant rapide fait contracter plus énergiquement les muscles qu'un courant à rares intermittences. Ce serait un erreur, comme le prouve l'expérience suivante : Que l'on fasse contracter avec des intermittences alternativement rares et rapides un muscle paralysé, dont l'irritabilité est intacte, par exemple le fléchisseur des doigts, et qu'on attache un poids à l'extrémité des doigts mis en mouvement par la contraction de ce muscle; on verra que les intermittences rapides ne donnent pas à ce muscle la force de soulever un poids plus lourd que les intermittences rares. Si, par les intermittences rapides, l'étendue de la contraction musculaire est augmentée, si alors le mouvement imprimé au doigt, quand c'est un de ses muscles, est plus étendu, c'est que, les fibres musculaires se relâchant peu, ou ne se relâchant point dans l'intervalle des contractions , chaque excitation raccourcit de plus en plus le muscle. Pour obtenir une contraction plus énergique, il faudrait que le courant fût plus intense.

Les secousses musculaires, produites par les intermittences, diminuent d'autant plus que ces dernières sont plus rapides, et à une vitesse donnée de ces intermittences, les contractions paraissent continues, comme si elles étaient provoquées physiologiquement par un courant nerveux, c'est-à-dire par la volonté; mais il faut pour cela que les intermittences se fassent avec une. rapidité

ART i, — PROPRIETES QUE DOIVENT TOSSEDEK LES APPAREILS. 22 l

extrême, car, dans le cas contraire, les mouvements ressembleraient à une sorte de tremblement.

B. Sur la sensibilité musculaire. — Je viens d'établir que la force de la contraction musculaire n'est pas augmentée par la rapidité plus grande des intermittences. Il n'en est pas de même de la sensation produite par l'excitation électro-musculaire, sensation qui est, en effet, d'autant plus grande, que les intermittences se succèdent plus rapidement; cette sensation devient, des plus douloureuses, presque tétanique, et s'accompagne de crampes au delà d'une certaine vitesse.

C. Su?' la tonicité musculaire. — Il m'a été démontré par mes recherches que les intermittences rapides augmentent la puissance tonique des muscles, non-seulement lorsque cette puissance est diminuée, comme on l'observe dans certaines affections musculaires, mais aussi lorsque les muscles sont dans leur état normal. Cette action spéciale des intermittences rapides, si elles sont longtemps prolongées, peut aller jusqu'à produire la contracture. Les faits desquels ressort la proposition que je viens de formuler seront exposés par la suite. On verra alors comment j'ai été conduit à l'observation de ce phénomène, et que, pour le produire, les courants d'induction doivent marcher avec une extrême rapidité.

D. Sur la nutrition musculaire. — Quelquefois la nutrition musculaire se développe beaucoup plus sous l'influence des courants à intermittences rapides. Les faits d'atrophie musculaire ou de paralysies atrophiques, dans lesquels j'ai employé comparativement les courants à intermittences lentes et rapides, ne permettent pas le moindre doute à cet égard. Cependant il faut en user avec circonspection, car, dans certaines conditions morbides, elles peuvent détruire ou éteindre ce qui reste de l'innervation des muscles.

E. Sur la sensibililité électro-cutanée. — Il suffit d'expérimenter sur soi-même pour être convaincu que l'excitation électrocutanée augmente autant en raison directe de la rapidité du courant qu'en raison de son intensité.

Afin de compléter cette étude de l'influence des intermittences rapides d'un courant électrique sur la sensibilité, je dirai qu'en général tout organe qui reçoit des nerfs de la vie animale, est excité d'autant plus douloureusement par un courant, que ses intermittences se succèdent avec plus de rapidité.

Enfin les muscles de la vie organique, les intestins, par exemple, se contractent plus fortement, si les intermittences sont plus rapides.

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II. Indications et contre-indications des intermittences rapides.

La connaissance des faits que je viens d'exposer laisse entrevoir les indications ou les contre-indications nombreuses que les intermittences rapides des courants doivent souvent rencontrer. Je vais faire connaître ce qu'une expérience longue et journalière m'a appris sur ce sujet.

A. Cas dans lesquels l'emploi des intermittences rapides est indiqué. a. La propriété que'possèdent les intermittences rapides de provoquer des contractions artificielles imitant parfaitement les mouvements volontaires, permet d'en faire l'application à l'étude de l'action individuelle, des muscles. Mais on conçoit que ce genre de recherches exige l'emploi d'un courant intermittent d'une grande vitesse, surtout pour les muscles de la face . Ainsi les appareils électromagnétiques, dont les intermittences ne sont pas en général assez rapides pour produire, sur les membres et le tronc, des contractions musculaires sans tremblement, n'ont pu me servir à l'étude des fonctions musculaires, à la face. Les frémissements continuels dont sont agités les muscles de cette région par les courants de ces appareils, empêchent d'observer exactement l'influence que l'action individuelle des muscles exerce sur l'expression du visage.

b. L'étude de l'action physiologique des intermittences rapides ou lentes a démontré que l'on peut, à l'aide de ces dernières, agir avec plus ou moins d'énergie sur la contractilité ou sur la sensibilité musculaire. Ainsi, bien que toute excitation électrique d'un muscle produise nécessairement à la fois une sensation et une contraction, on diminue à volonté la force des contractions et l'on augmente la sensation, en combinant un courant de la première hélice dont on connaît l'action spéciale sur la sensibilité musculaire avec des intermittences rapides, et vice versa.

Ce pouvoir de réveiller énergiquement la sensibilité musculaire, h l'aide des intermittences rapides, peut trouver de très-heureuses applications, dans les cas où les muscles ont perdu leur sensibilité; ces dernières conditions se rencontrent assez fréquemment, comme j'aurai l'occasion de le démontrer. Je vais en citer plusieurs exemples.

J'ai souvent trouvé des muscles qui, privés ou non de mouvements volontaires, étaient complètement insensibles à l'excitation électrique. Ainsi je pouvais, dans ces cas, provoquer des contractions énergiques avec les courants les plus rapides, sans que les malades en eussent la conscience. Tantôt aussi la peau qui recouvrait ces muscles était frappée d'aneslhésie ; tantôt elle jouissait de sa sensibilité normale.

Les sujets privés seulement de la sensibilité de la peau (aneslhésique ou analgésique) conservent encore la conscience des mou-

vemenls qu'ils exécutent ou que l'on imprime a leurs membres, ils ressentent les coups qu'ils reçoivent et qui atteignent les tissus profonds; lorsque leurs pieds reposent sur le sol, ils leur semblent placés sur un corps mou, sur un lapis, par exemple. Aussi leur voiton frapper fortement le sol en marchant, afin de le mieux sentir. Sont-ils à la fois privés de sensibilité cutanée et de sensibilité musculaire et articulaire, les os sont-ils aussi privés de sensibilité (ce que l'on constate par l'excitation électrique des surfaces osseuses), ils ne perçoivent pas les coups les plus violents, ils n'ont plus la conscience de leurs mouvements ; ils ne peuvent se tenir dans la station verticale, sans regarder le sol qu'ils ne sententpas ; au lit, ils ne retrouvent pas leurs membres, s'ils ne les voient pas.

Observation XVII.— J'ai observé à la Chanté, salle Sainte-Marthe, n° 28, une malade complètement anesthésique et analgésique, qui se croyait comme suspendue dans l'air, dès qu'elle ne voyait pas le lit sur lequel elle reposait. Cela lui occasionnait des terreurs continuelles au moment du réveil ; ne sentant pas son lit, elle se croyait menacée d'une chute, et elle n'était bien rassurée que lorsqu'elle avait constaté par la vue qu'elle reposait sur un lit solide.

Eh bien ! les courants d'induction les plus intenses seraient impuissants contre ces lésions profondes de la sensibilité, si leurs intermittences ne marchaient pas à grande vitesse. La malade dont il vient d'être question, et qui était frappée d'insensibilité générale depuis plusieurs semaines, fut très-vite guérie, grâce aux courants à intermittences rapides dont j'opérais la recomposition dans ses muscles, ses nerfs et ses os. Je dois dire que je l'avais vainement faradisée avec des intermittences rares, l'appareil étant au maximum.

C'est surtout dans l'anesthésie cutanée, affection si commune, que les intermittences rapides sont nécessaires, lorsque l'on veut exercer une influence électrothérapeutique avec les courants d'induction ; sans elles, on échouerait presque toujours, malgré l'emploi du courant de la deuxième hélice gradué au maximum.

c. J'ai utilisé, en thérapeutique, la propriété singulière que possèdent les courants d'induction rapides d'augmenter la puissance de la tonicité musculaire, force qui ne sommeille jamais. C'est cette force tonique qui, dans l'absence des contractions volontaires, constitue la physionomie, qui maintient les membres dans leur altitude naturelle; c'est elle enfin qui, si elle venait à diminuer ou à augmenter, dérangerait le mécanisme le mieux combiné comme cela s'observe en pathologie musculaire. Celle-ci démontre l'exactitude de ces assertions; on voit, en effet, des muscles se contracturer ou perdre plus ou moins leur force tonique; ce sont des ressorts qui se tendent ou se relâchent; que l'on me pardonne cette

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comparaison triviale, mais juste; alors la physionomie perd son cachet individuel ; les membres prennent des attitudes vicieuses, etc. C'est dans ces circonstances que, pour rétablir l'harmonie des traits du visage ou afin de combattre certaines difformités des membres, on me verra tendre, pour ainsi dire, les ressorts musculaires, tantôt en agissant sur les muscles relâchés, tantôt en opposant une contracture artificielle des muscles antagonistes à la contracture morbide, et cela au moyen de courants d'induction d'une extrême rapidité. Ce sujet important et entièrement nouveau sera traité avec soin dans le cours de ce livre.

d. Enfin l'expérience m'a démontré que l'emploi des courants a intermittences rapides est nécessaire au traitement de certaines atrophies musculaires, qu'elles soient ou non compliquées de paralysies. Cependant lorsqu'un muscle a éprouvé, en grande partie, la dégénérescence graisseuse ou granuleuse ou granulo-graisseuse, etqu'il ne lui reste qu'untrès-petit nombre de faisceaux ou de fibres, j'ai remarqué que les intermittences rapides pouvaient en hàler la destruction.

B. Cas dans lesquels les intermittences rapides sont contre-indiquées. — L'utilité et même la nécessité des courants d'induction à intermittences rapides ont été parfaitement établies par les considérations précédentes. Malheureusement toutes les médailles ont leurs revers : on va voir que les propriétés mêmes de ces courants rapides en rendent, dans certains cas, l'emploi dangereux ou difficile.

a. Il existe une époque à laquelle les paralysies de cause cérébrale peuvent être avantageusement traitées par la faradisation localisée; c'est lorsque la lésion primitive est disparue ou diminuée. L'épanchement sanguin, par exemple, est résorbé en tout ou en partie, après six mois, un an. Il peut ne rester, dans le cerveau, qu'une cicatrice ou kyste peu volumineux. L'influence cérébrale arrive librement ou moins difficilement aux muscles, mais ceux-ci ne réagissent plus sous l'influence de l'excitation volontaire. Dans ce cas, la paralysie peut être considérée comme étant limité'e aux muscles, et alors la faradisation localisée rend leur aptitude motrice ; c'est ce que je démontrerai . Mais comment diagnostiquer exactement l'état du cerveau ? Est-il jamais possible d'affirmer qu'il n'existe plus autour du kyste cérébral un reste de travail inflammatoire, résolutif, qu'une étincelle pourrait rallumer? Nesait-on pasd'ailleurs qu'une première hémorrhagie cérébrale prédispose à une seconde, en raison des conditions pathologiques dans lesquelles se trouve le système vasculaire ou le cœur, conditions qui produisent soit l'artériosclérose, soit des anévrismes miliaires, soit enfin des ambalies? Ne sait-on pas qu'alors toute excitation générale trop forte peut retentir sur les centres nerveux et provoquer des accidents du même

ordre? L'application d'un appareil dont les intermittences sont rapides et excitent vivement la sensibilité n'en est donc que plus dangereuse, dans le traitement des paralysies cérébrales. Je dois avouer que j'en ai fait la triste expérience, au commencement de mes recherches.

De tout ce qui précède il ressort que, pour les paralysies cérébrales, on doit être très-circonspect dans l'emploi de la faradisation localisée et qu'il faut éviter d'exciter trop vivement alors la sensibilité générale, sous peine d'exposer le malade à de graves accidents. Or, — on le sait, — la faradisation par les intermittences rapides provoque vivement la sensibilité.

De ce que les courants à intermittences rapides soient dangereux ou inapplicables dans le traitement des paralysies cérébrales, il ne faudrait pas en conclure que ces paralysies ne doivent pas être soumises à la faradisation localisée. Que l'on se rappelle, 'en effet, qu'il est possible de provoquer par la faradisation localisée les contractions les plus énergiques, sans produire des sensations trop douloureuses, pourvu que les intermittences soient suffisamment éloignées les unes des autres (une ou deux par seconde, par exemple). Pratiquée ainsi avec de rares intermittences, la faradisation localisée ne fait courir aucun danger aux malades ; elle peut, au contraire, leur être d'une grande utiljté.

La faradisation musculaire rapide est nécessaire seulement lorsque les muscles ont perdu, à des degrés divers, leur sensibilité, ou lorsqu'ils sont menacés dans leur nutrition. Or, la sensibilité des muscles est rarement atteinte dans la paralysie cérébrale, et, quant à leur nutrition, j'établirai plus tard que la fibre musculaire reste intacte dans cette affection ; car on ne peut pas considérer comme une lésion de nutrition l'amaigrissement qui se produit quelquefois alors, à la longue et uniquement par défaut d'exercice.

b. Quand bien même l'état des centres nerveux ne conlre-indiquerait pas l'emploi des intermittences rapides, il n'est jamais indifférent de pratiquer la faradisation musculaire avec ou sans douleur, car il est des sujets qui, soit par défaut d'énergie, soit en raison de leur excitabilité nerveuse, ne peuvent la supporter. Je citerai comme exemple les femmes et les enfants.

Si, d'un côté, la propriété que possèdent les intermittences rapides d'augmenter la puissance tonique des muscles et de produire souvent leur contracture, est quelquefois utilisée en thérapeutique, d'un autre côté, elle peut occasionner de grands désordres. Ainsi j'établirai, par des faits, qu'appliquée à la face elle provoque, dans certains cas, des contractures qui entraînent après elles des difformités incurables.

c. Enfin il est une foule de circonstances où les besoins théra-

ducuf.nne. — 3e édition. lo

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peutiques ne demandent que l'application d'un très-petit nombre d'intermittences isolées, comme lorsqu'il s'agit d'exciter la membrane du tympan dans le traitement de la surdité, etc.

En résumé, ces considérations démontrent surabondamment que la faradisation à intermittences rapides trouve de nombreuses et utiles applications en physiologie et en thérapeutique, mais que, dans certains cas où elle est appliquée à l'excitation musculaire, elle est dangereuse, à cause des accidents ou des difformités qu'elle peut occasionner et qu'alors elle est remplacée avantageusement par la faradisation à rares intermittences.

§ III. — Dans un grand nombre de cas, les appareils farauiques ne sauraient être trop puissants.

Que doit-on entendre par puissance d'un appareil d'induction? Comment la mesurer?

Un appareil est puissant, s'il agit avec énergie sur la contractililé musculaire, sur la sensibilité de la peau, des muscles et d'autres organes sous-cutanés, sur la sensibilité de la rétine, enfin s'il peut traverser une grande épaisseur de tissus, c'est-à-dire si les recompositions électriques peuvent se faire profondément dans les organes.

On sait maintenant, après les faits et les considérations qui ont été exposés précédemment (art. III, chap. Ier), que les actions différentielles des courants d'induction, applicables à la pratique, se trouvent réunies seulement dans un appareil à double induction, dont les hélices sont construites dans certaines proportions; que l'énergie de ces actions différentielles, exercée spécialement, les unes par la première hélice (l'extra-courant), les autres par la seconde hélice (le courant induit), est en raison directe de la longueur des fils. On comprend donc que la puissance d'un appareil d'induction est nécessairement proportionnée à son volume et à son poids. (On n'a malheureusement pas encore découvert le moyen de produire une induction très-puissante avec peu de longueur de fil de cuivre.)

Cependant on s'exposerait à se laisser tromper par les apparences, en jugeant de la force d'un appareil d'après son volume et son poids, si l'on ne mesurait pas sa puissance réelle. Nous ne sommes plus au temps où, pour décider de la force d'un appareil, on se contentait de prendre un rhéophore dans chaque main. Il faut, si l'on veut connaître exactement son degré de puissance sur telle ou telle fonction, diriger et limiter l'un ou l'autre courant de cet appareil dans les organes, et procéder, dans ce genre d'expérience, comme je l'ai indiqué précédemment.

Je vais maintenant prouver, par quelques exemples, la vérité

de la proposition suivante écrite en tête de ce paragraphe : Dans certains cas, les appareils cV induction ne sauraient être trop puissants.

J'ai démontré, dans le chapitre ir, que, lorsqu'on localise l'excitation électrique dans les tissus ou dans les organes placés sous la peau, la recomposition du courant se fait d'autant plus profondément que ce dernier a plus de tension. Il en résulte qu'un courant dont la tension est trop faible ne peut pénétrer jusqu'aux muscles, si la couche cellulaire sous-cutanée offre une trop grande épaisseur, par le fait de l'abondance de la graisse ou d'une infiltration séreuse. Eh bien! les cas dans lesquels le tissu cellulaire sous-cutané oppose, par son épaisseur, une grande résistance aux courants, ne sont pas rares, surtout aux membres inférieurs. Dans certaines circonstances où la tension de mon plus puissant appareil faradique ne pouvant vaincre la résistance que lui opposait l'épaisseur de tissus sous-cutanés, l'excitation n'arrivait pas aux muscles, il m'est arrivé môme d'être forcé de recourir à la tension plus pénétrante de la bouteille de Leyde. C'est en présence de cas semblables, que l'on peut dire qu'un appareil faradique ne saurait être trop puissant. Je dois rappeler ici que, quel que soit le degré de tension de son courant, on pourra toujours en faire l'application, sans produire trop de douleurs, pourvu qu'on ait le soin d'en éloigner suffisamment les intermittences.

11 existe aussi des états pathologiques contre lesquels les appareils faradiques ne sauraient être trop puissants. Parmi les paralysies consécutives aux lésions traumatiques des nerfs, il en est quelques-unes qui enlèvent aux muscles toutes leurs propriétés ; ceux-ci perdent alors complètement leur contraclilité et leur sensibilité ; la peau et même les os sont également frappés d'insensibilité ; enfin les membres paralysés se dessèchent pour ainsi dire et semblent frappés de mort. Dans des cas de ce genre, que j'ai observés en assez grand nombre et qui ont fait l'objet d'un travail spécial, il m'a fallu recourir à un appareil faradique d'une intensité énorme, et j'ai eu quelquefois à regretter de n'avoir pas à ma disposition un appareil plus puissant. C'est seulement après avoir rappelé un peu de vie dans les membres, que j'ai pu diminuer l'intensité des courants ; alors un appareil de force moyenne est devenu suffisant. Des affections musculaires d'une autre nature, dont il sera question clans le cours de ce livre, exigent aussi l'emploi des appareils les plus puissants.

Les anesthésies cutanées hystériques peuvent être guéries, en général, par un appareil de force ordinaire, pourvu que ses intermittences marchent avec une grande rapidité; mais j'en ai rencontré, parmi elles et dans des anesthésies cutanées d'une autre nature, un assez grand nombre qui, rebelles aux courants d'une

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