ART, III, — DIAGNOSTIC
observe dans certaines formes de l’éléphantiasis ou lèpre sèche, Dans quelques cas, on pourrait donc, comme cela m'est arrivé, ia confondre avec l’atrophie musculaire progressive qui souvent débute par les muscles de la main.
Puisqu’alors les signes fournis par les troubles fonctionnels de la main sont les mêmes, et que l’atrophie musculaire de la main peut être un des signes précurseurs de la lèpre, ou qu’elle peut appartenir à une première période de cette maladie, il ne faut jamais négliger, lorsqu'on observe cette lésion musculaire à la main, de s'informer si le sujet s’est trouvé dans des conditions favorables à la production de la lèpre, ou s'il n’a pas déjà présenté les symplômes que j'ai exposés dans les trois cas rapportés cidessus. |
Il ne faut cependant pas attacher trop d'importance à quelquesuns de ces symptômes pris isolément. Ainsi, l’anesthésie cutanée des extrémités des membres, qui est un des caractères de la lèpre, se rencontre quelquefois aussi dans l’atrophie musculaire progressive. J'ai longtemps observé, à la Charité, un individu nommé Gervais, dont les muscles interosseux et ceux de l’éminence thénar étaient en grande partie détruits par l’atrophie musculaire progressive. J’ai photographié sa main vue de face d’après son moule (voy. la figure 147). Il avait perdu, comme les sujets dont il vient d’être question, la sensibilité tactile et douloureuse. L’excitation électrocutanée au maximun ne produisait aucune sensation sur ses membres. supérieurs. Je n’ai pas besoin d’ajouter que ce malade, né à Paris qu’il avait toujours habité, n’était pas lépreux.
Je vais attirer l’attention sur un phénomène qui me paraît être un des signes distinctifs de l’atrophie musculaire de la lèpre: je veux parler de la contracture des fléchisseurs des doigts. C’est un phénomène que j’ai observé dans les trois cas de lèpre précédents et surtout dans le dernier. Les figures 147, 149, photographiées d’après la main atrophiée de la lépreuse, couchée au n° 10 de la salle Saint-Vincent, à l'hôpital de la Charité, représentent une griffe, comme dans la figure 147, photographiée d’après la main de Gervais, dont il a été question ci-dessus. Si l’on compare entre elle la face antérieure de ces figures, on voit que chez la lépreuse (fig. 148 et 149), les deux dernières phalanges sont au plus haut degré de flexion et tournées vers le pouce, tandis que dans les figures 447 et 111, les deux dernières phalanges sont en demiflexion. Dans le premier cas, j'ai constaté l’existence de la réfraction des fléchisseurs sublime et profond, que je n’ai jamais rencontrée dans l’atrophie musculaire progressive.
L’atrophie sèche ou humide (avec ulcération ou carie) des dernières phalanges, apparaissant tôt ou tard, dans l’atrophie lépreuse,
est un signe distinctif qui distingue la griffe de la main occasionnée par cette maladie d’avec celle qui est propre à l’atrophie musculaire progressive. |