‹ De l'électrisation localisée et de son application à la pathologie et la thérapeutiqueChapitre 141 sur 400 · ART. 1, $ VII — SYMPTÔMES · texte numérisé non relu

ART. 1, $ VII — SYMPTÔMES

à une période très-avancée de cette maladie, dont la voix était faible, quand elle voulait parler, sans pouvoir articuler et qui cependant poussait des cris perçants pendant des accès d’hystérie auxquels elle élait sujette depuis longtemps. Plus tard la paralysie du larynx devient quelquefois plus évidente, J’ai observé, par exemple, une malade dont la voix s’était éteinte presque complétement, depuis qu’elle ne pouvait plus articuler. Mais c’est la seule chez laquelle l’aphonie soit arrivée à ce degré. Les autres sujets que j'ai vus succomber avaient conservé la phonation qui était seulement affaiblie (1).

$S VEX. — Symptômes généraux.

La paralysie glosso-labio-laryngée est apyrélique; je n’ai pas observé une seule fois, au début ni dans le cours de cette maladie, la fièvre qui ne survient ordinairement que dans la période ultime.

Les fonctions digestives ne s’accomplissent que trop bien. Quoique les malades ne puissent plus se nourrir que de bouillies, leur appétit n’est jamais satisfait; leur désir de manger des aliments solides, ou de boire, est d’autant plus vif, qu’en général ils conservent intacte leur sensibilité gustative : ils subissent un véritable supplice de Tantale.

Ils perdent graduellement leurs forces, mais ils ne sont pas para- Iysés ; ce qui le prouve, c’est qu'ils ont pu venir se faire traiter dans mon cabinet, à une période très-avancée de la maladie. Ils montaient ou descendaient, chaque jour, plusieurs étages. Ils commencent à s’affaiblir, dès qu’ils ne peuvent plus avaler des aliments solides ou satisfaire leur appétit. Ils attribuent leur affaiblissement à cette seule cause; ils ont peut-être raison; cependant je dois faire, à cet égard, quelques réserves.

Ne doit-on pas en effet faire entrer la perte de la salive en ligne de compte, comme une des causes de cet affaiblissement ? J'ai, en effet, noté que tous mes malades perdaient leurs forces rapidement, dès qu'ils ne pouvaient plus avaler leur salive. On connaît l'influence de la salive sur la digestion; on sait qu’elle doit cette propriélé à la présence de la diastäse. En outre, des expériences faites sur des animaux semblent démontrer que la salive est nécessaire à la nutrition. M. le professeur Vella {de Turin) a pratiqué des fistules salivaires parotidiennes chez le cheval, de manière que toule la salive s’écoulât au dehors. L'animal n’en éprouva aucun trouble apparent dans sa digeslion ; seulement la sécheresse du bol alimentaire rendait la déglutition difficile, et l’on était forcé, pour la rendre

(1) J'ai constaté, par la laryngoscopie, que dans ces cas les cordes vocales étaient relâcuées.

facile, de méler des liquides à ses aliments. Bien qu'il fût trèsrichement nourri et surtout avec de l’avoine, il tomba en peu de temps dans un état de faiblesse et de maigreur extrêmes (cette expérience a été faite publiquement à l’école vétérinaire de Turin). M. Vella me l’a rapportée, lorsque je lui ai montré deux sujets affectés de paralysie glosso-labio-laryngée. Il pensait que leur affaïblissement pouvait être attribué, en partie, à la perte de la salive qu’ils ne pouvaient plus avaler, depuis plusieurs mois.

Mais alors n’y a-t-il, chez nos malades, qu’un affaiblissement dû à un trouble dans la natrition? On ne doit pas oublier, qu'ils ont assez souvent des étourdissements qui les feraient tomber, s’ils ne s’'appuyaient sur un bras, pendant la station debout ou la marche. N’est-il pas possible que la lésion centrale qui cause ces étourdissements, soit aussi pour quelque chose dans l’affaiblissement général? Pour être parfaitement exact, je dois même ajouter que, dans un cas que j'ai observé avec Trousseau, l’un des membres supérieurs était notablement affaibli. C'était jusqu'alors le seul cas de ce genre que j’eusse rencontré. Était-ce une extension exceptionnelle de la paralysie, ou une complication ? C'est ce que l’observation pathologique jugera par la suile.

Enfin l'intelligence reste parfailement intacte. Toutefois, je ne dois pas oublier de dire que certains sujets qui sont privés de la parole (les femmes principalement), sont très-faciles à émouvoir, à une période avancée de cette maladie. La moindre allusion à leur triste situation excite leurs larmes. Cette condition morale s’explique par le désespoir dans lequel tombent ces malheureuses, qui ont vu tout échouer contre cetteterrible maladie, et qui se sentent menacées de mourirde faim ou de soif. Leur état désespéré les préoccupe sans cesse. Mais on ne saurait confondre cette espèce d’exaltation morale avec un trouble quelconque des facultés intellectuelles, que les malades ont conservées au contraire intactes jusqu’à leur dernière heure.

ARTICLE II

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