II. — PARALYSIE SIMPLE DU VOILE DU PALAIS ET DU PHARYNX
Bien que la paralysie simple du voile du palais occasionne de la gêne dans la déglutition et qu’elle fasse repasser les boissons en parlie par les fosses nasales, elle ne va jamais jusqu’à empêcher la déglutition de la salive qui, en conséquence, ne s’accumule pas alors dans la bouche, comme dans la paralysie glosso-labio-laryngée. Dans la première, il est vrai, les consonnes sont moins nettement détachées et s’articulent avec une voix nasonnée ; mais leur prononciation n’a pas le caractère spécial de la seconde : estil besoin de dire que l’intégrité des mouvements de la langue et des lèvres, que l’on observe dans la paralysie simple du voile du palais, suffit d’ailleurs pour la distinguer de l’autre où ces mouvements sont également lésés (1)?
À une période avancée de la maladie, le pharynx semble paralysé. Quelques sujets m'ont été en effet adressés pour être traités d’une paralysie de cet organe. Mais à un examen altentif, j'ai reconnu que leurs muscles constricteurs du pharynx étaient intacts, et que la difficulté ou l'impossibilité d’avaler dépendait alors uniquement de la paralysie de la langue et du voile du palais. Ainsi, par exemple, chez le sujet de l’observation XCIX, p.571, dont les muscles moteurs de la langue et du voile du palais étaient complétement paralysés,
(1) Voici encore un signe diagnostique différentiel à signaler, dans la paralysie glosso-labio-laryngée : la titillation du voile du palais provoque énergiquement la contraction de ses muscies moteurs, quicependantsont paralysés, comme le prouvent alors la chute du voile du palais et de la luette, la voix nasonnée et le passage par les fosses nasales des liquides avalés. J'ai constaté l'existence de ce phénomène réflexe, toutes les fois que je l'ai cherché, tandis que js ne lai jamais trouvé dans læ paralysie simple du voile du palais,
58 0 CHAP. Vf. — PARALYSIE GLOSSO-LABIO-LARYNGÉE,
les boissons, les aliments étaient repoussés fortement en dehors au moment de la déglutition par la contraction des constricteurs du pharynx, et repassaient par la bouche et par les fosses nasales. Cette espèce de phénomènes morbides n’aurait certainement pu se produire si ces derniers muscles avaient été paralysés. Toutefois je ne nie pas que les constricteurs du pharynx, et même l’æsophage, ne puissent être quelquefois également paralysés ; mais je déclare que je ne l’ai pas encore observé.
ii. — PARALYSIE DE LA SEPTIÈME PAIRE.
Personne ne confendra la paralysie de l’orbiculaire des lèvres, qui est un des symptômes de la maladie que je décris ici, avec l’hémiplégie faciale ; car la distorsion des traits, signe caractéristique de cette dernière, n'existe pas dans l’autre, qui affecte toujours également les deux côtés des lèvres.
Cette erreur de diagnostic serait possible seulement, s’il existail une paralysie double de la septième paire, en admettant toutefois que, dans ce cas, elle puisse être limitée à l’orbiculaire des lèvres ; ce dont il n’existe pas que je sache, un seul exemple dans la science.
L'intégrité de la contractilité électrique du muscle orbiculaire des lèvres distingue d’ailleurs la paralysie glosso-labio-laryngée, de la paralysie de la septième paire, qui, ainsi que je l’ai démontré ailleurs, est caractérisée par l’affaiblissement ou par la perte de cette propriété musculaire. Ce signe distinctif m'a servi, dans un cas (4) qui avait débuté exceptionnellement par la paralysie de lorbiculaire des lèvres. La malade ne pouvait froncer les lèvres, ni les rapprocher fortement ; elle arliculait très-mal les labiales. On croyait à un commencement de paralysie double de la septième paire. Mais ayant trouvé la contractilité électro-museulaire normale, ce diagnostic ne m'a pas paru admissible. J’ai pressenti alors que celte paralysie des lèvres, compliquée d'une paralysie du voile du palais, et qui me rappelait un Cas antérieur analogue, était peut-être le symptôme d’une affection très-grave. La paralysie en effet s’est étendue plus lard à la langue, et la malade a été enlevée fatalement par une syncope.— Lorsque je traiterai de la paralysie de la septième paire, je reviendrai sur cette question de diagnostic.