‹ De l'électrisation localisée et de son application à la pathologie et la thérapeutiqueChapitre 151 sur 400 · II. — HISTORIQUE DE MES RECHERCHES · texte numérisé non relu

II. — HISTORIQUE DE MES RECHERCHES

C’est en 1838 que j'ai entrevu pour la première fois l'existence de cette nouvelle maladie, en recueillant minutieusement un fait clintque étrange qui m'avait été adressé par mon ami, M. Bouvier. Ge cas m'avait remis en mémoire plusieurs autres cas analogues que j’avais vus antérieurement, mais sans les comprendre; mon esprit du moins se refusait à les accepter, C’est qu’il s'agissait d'enfants chez lesquels la station et la marche étaient difficiles, l’attitude singulière, et dent les membres inférieurs présentaient cependant une museulature puissante en apparence, musculature qui, après l’affaiblissement des mouvements, s’était développée, d’une manière monstrueuse, dans un plus ou moins grand nombre de muscles.

Une fois mon attention fixée sur cet ordre de faits cliniques, j'ai bientôt recueilli plusieurs cas semblables au premier. Les phénomènes morbides qu'ils m'offraient constamment et dont je ne cennaissais pas d’analogues, dans la science, m’ayant paru symptomatiques d’une maladie nouvelle, j'en ai signalé l’existence en 1861, et j'ai rapporté, comme exemple et cas type de cette maladie, l'observation de l’un de ces faits cliniques (1). Que l’on jette les yeux sur les figures du sujet de cette observation vues de profil et de dos (voy. fig. 150 et 151); on remarquera que les membres inférieurs dont les muscles moteurs affaiblis sont énormément développés, contrastent, par leur grosseur, avec la maigreur relative des membres supérieurs, où la force motrice était cependant à peu près normale, Or, comme j'avais rencontré les mêmes phénomènes morbides dans d’autres faits cliniques que j'avais recueillis, j'avais proposé d’appeler l’espèce morbide dont ils étaient l’expression : Paraplégie hypertrophique de l'enfance (2).

Cette dénomination, quoiqu’elle parût être une antiphrase, était cependant l’expression exacte de l’apparence que présentaient les

(1) Duchenne (de Boulogne), Électrisation localisée, édition, obs. LX VIII, p. 354 1861, (2) Id., loc. cit., p. 353.

Page 1