ART. 1, $ I. — ÉTAT ANATOMIQUE DES MUSCLES
d'hypertrophie musculaire dont j'avais montré un spécimen (voy. fig. 150, 151) en 1861 (1). Mon savant confrère, qui a fait à la Société médicale des hôpitaux une communication intéressante sur ce sujet, a secondé mes recherches anatomo-pathologiques avec la plus grande obligeance, en me permettant d'enlever chez son petit malade, à plusieurs reprises et à différentes périodes de celte espèce morbide, des portions de muscles hypertrophiés (2) dont quelques-uns ont été examinés par plusieurs de nos micrographes les plus habiles, Le résultat de ce nouvel examen ayant confirmé pleinement les faits anatomo-pathologiques que j'avais observés dans un précédent examen microscopique, je me suis décidé à publier le travail dont voici le résumé.
4° L'hyperplasie du tissu connectif interstitiel, avec production d’an tissu fibroïde plus ou moins abondant est la lésion anatomique fondamentale des muscles, dans la paralysie pseudo-hypertrophique (voy. fig. 160, pl. HE) (*).
2° Elle siége dans tous les muscles paralysés, L
; Emporte-pièce histo-
dès qu'ils commencent à augmenter de volume; logique: fig. 171; ce qui justifie là dénomination anatomique de pa- Ha ue ralysie myo-sclérosique, que j'ai proposé de lui ouverte et une pordonner, en regard de sa dénomination symptoma- Fe et ts tologique : paralysie pseudo-hypertrophique. grossie trois fois;
3° C’est elle qui produit l'augmentation consi- . je dérable de volume des muscles en raison directe morceau RES de la quantité du tissu connectif et fibroïde in- Pr tale terstiliel hyperplasié.
4 Le tissu connectif et fibroïde hyperplasié est ordinairement mêlé ou uni à une quantité minime ou moyenne de vésicules adi-
peuses (voy. fig. 161, 163,164, pl. Il), ou bien, d’après les faits ob-
(1) Voy. Index bibliographique.
(2) Voici la description de mon emporte-pièce histologique :
11 se compose d’une tige cylindrique a, b, c, fig. 112 divisée en’ deux moitiés, dont l’une, b, est fixée sur un manche C par Ja vis B, et dont l’autre, a, est mise en mouvement sur la première, en poussant le bouton A.
(*) Légende de la planche III. — Fig. 158. Sujet (représenté dans les fig. 152 et 153, pl. 11), vu de face, montrant ses pectoraux atrophiés, quoique tous ses autres muscles soient, en apparence, hypertrophiés. — Fig. 159, 160, 461. Faisceaux primitifs à 45 diam., provenant de sujets atteints de pseudo-hypertrophie à différents degrés, montrant la quantité considérable de tissu connectif et fibroïde interstitiel, au degré le plus avancé dans les deux der-
nières. — Fig. 162, 163, 164. Mêmesfaisceaux à 200 diam., montrant la finesse de la striation, comparativement à l’état normal représeuté dans la figure 165. — Fig. 166, 167,168. 169, Différents degrés de la dégénérescence graisseuse de la fibre musculaire. — Fig. 170. Montrant
la nécrobiose de la fibre musculaire en à, et la prolifération d'éléments du tissu fibreux en b.
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servés en Allemagne, il est remplacé par une quantité considérable de ces vésicules adipeuses, Ce dernier état me paraît être dans la paralysie pseudo-hypertrophique, le degré le plus avancé de l’altération du tissu musculaire interstitiel.
d° D'après mes observations personnelles, la striation transversale est conservée dans toute la longueur de la plupart des fibres musculaires ; mais elle devient alors extrêmement fine et très-peu apparente (voy. fig. 165, qui représente comparativement une fibre normale, à 9.161, 163,164). Dans les points où la striation transversale à disparu, l’on voit des stries longitudinales; quelquefois ces striations longitudinales étant elles-mêmes effacées (voy. fig. 163 et 164), les sarcolèmes semblent contenir des vésicules adipeuses qui, en réalité, proviennent du tissu interstitiel ambiant, et qui d’ailleurs diffèrent des granulations graisseuses carastéristiques de la dégénérescence graisseuse musculaire (voy. fig. 166, 167, 168).
6° L’hyperplasie du tissu connectif interstitiel n'apparaît, en général, qu’à laseconde période dela maladie ; elle me semble précédée d’un état fluxionaaire des muscles, qui peut occasionner aussi une augmentation légère de leur volume. Dans cette période (première période de la maladie) la strialion transversale est souvent d’une extrême ténuité (voy. fig. 162).
Contrairement à l’opinion de M. Heller et de MM. Eulenburg et Cohnheim, le tissu fibroïde interstitiel de la paralysie pseudo-hyper-
Le manche C de cet instrument est tenu de la main droite, avec les trois doigts infléchis ; l’extrémité de l’index plus ou moins étendue.est appliquée sur la tige a, b, c, afin delimiter la profondeur à laquelle on veut la faire pénétrer. Alors l’emportepièce étant fermé, comme dans la figure 171, on lui fait traverser la peau; puis, lorsqu’il est arrivé à la profondeur voulue, on l’ouvre comme dans la fig. 172. Le petit morceau de tissu musculaire qui s’est alors engagé entre le crochet de Ja pointe €, et l’extrémité libre de l’autre moitié a, est divisé par ses bords tranchants et se trouve ainsi enfermé dans la cavité de la pointe a. On peut ensuite retirer lemportepièce fermé, sans accrocher les tissus qu’il a traversés. (La fig. 173 représente, grossie trois fois, la cavité qui reçoit les tissus que l’on veut examiner.)
L’emporte-pièce histologique doit être introduit perpendiculairement à la direction du muscle à explorer, et son crochet doit preudre le muscle transversalement, sous peine de ne rien ramener,
Afin de diminuer la douleur que l'instrument peut occasionner, je tends furtement la peau ; ensuite jé le fais pénétrer et je le retire fermé rapidement. Le sujet n’accuse alors que la sensation faible d’un petit choc; l’enfant crie à peine, si l’on a eu le soin de ne pas Jui laisser voir l'instrument.
Cette petite opération n'a été suivie d'aucun accident. Il est vrai que je n’ai jamais négligé de déplacer latéralement la peau, pendant que je la tendais, de manière que la plaie extérieure et la plaie musculaire eussent perdu leur parallélisme; après l'opération, on doit toujours nettoyer l'instrument avec soin. On connaît trop les dangers des piqûre; anatomiques, pour que j'aie besoin d’insister sur ce point, On comprend aussi que si l’instrument n’était pas bien nettoyé, les préparations microscopiques seraient gà:ées par des matières étrangères. Pour nettoyer l’instrument, il faut en démonter les différentes pièces, essuyer les parties qui ont pénétré dans les tissus, après les avoir trempées dans l’alcool qui ne les expose pas, comme l’eau, à se rouiller. |