ART. 1, $ I. — FAIBLESSE APPARENTE
doigts est bientôt suivi d’un affaiblissement de la sensibilité. Ces troubles de la sensibilité, qui n’existent d’abord que d’un côté, envahissent bientôt le côté opposé et s'étendent, à la longue, à tous les doigts, en restant toutefois prédominants dans l’annulaire et l’auriculaire, ou dans les doigts animés par le nerf médian, si l’engourdissement s’est déclaré primitivement dans ce dernier.
Avec l’affaiblissement de la sensibilité tactile de la main, apparaissent des troubles de la coordination dans ies mouvements des doigts et des phalanges. Ils sont des plus étranges; j’essayerai bientôt de les décrire. Il en résulte une grande maladresse dans les usages de Ja main, et, plus tard, l’abolition de ses principales fonctions. Ces désordres de la motilité affectent tous les mouvements des membres supérieurs. J’ai observé, par exemple, un sujet qui portait difficilement son verre à la bouche (obs. CII). Les mouvements de son bras étaient alors curieux à observer. Voici comment il s’y prenait : il tenait solidement son verre à la main, mais il ne pouvait l’approcher de ses lèvres qu'en exécutant lentement une série de zigzags, sans secousse et sans tremblement; et encore fallait-il, pour cela, qu'il le suivit constamment du regard et qu’il y mît toute sa force de volonté. La moindre inattention lui faisait renverser son verre, ou bien, par une flexion brusque de l’avant-bras, il se lançait à la face le liquide qu’il contenait.
I[. — FAIBLESSE APPARENTE, CONTRASTANT AVEC L'INTÉGRITÉ LATENTE DE LA FORCE.
Le malade, que le plus léger choc renverserait; qui ne peut se tenir debout ni marcher, sans appui ou sans l’aide d’un bras; qui laisse échapper les objets qu'il tient dans ses mains ou qui se sert difficilement de ses membres supérieurs ; qui enfin, pendant la locomotion, lutte en vain et avec fatigue contre son impuissance ; ce malade, on le conçoit, se croit atteint de paralysie. Telle a été aussi, dans ces cas, l'opinion des médecins consullés par les sujets dont j'ai recueilli les observations; telle a été également la mienne, avant ces dernières recherches. Aussi comprendra-t-cn combien on doit être surpris lorsque, mesurant la force des mouvements partiels, on constate qu’elle est considérable.
L'examen de la force des mouvements partiels peut se faire sur le sujet assis ou couché; cependant il est plus avantageux et plus commode, pour les membres inférieurs, de les placer dans la position horizontale. Je fais d’abord exécuter les mouvements que je veux étudier; puis, lorsque les muscles qui les produisent sont dans le raccourcissement et maintenus fortement contractés par le malade, j’agis sur l’extrémité du membre en mouvement, en sens contraire de celui qu'il exécute, en faisant maintenir la partie du
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membre qui doit servir de point fixe aux muscles en contraction. Si, par exemple, j'ai à mesurer la force des extenseurs de la jambe sur la cuisse, le sujet étant couché sur le côté opposé, je fais maintenir très-solidement la cuisse à sa partie inférieure, et, pendant que le malade continue l’extension de sa jambe avec force, j'agis sur cette dernière en sens contraire, en plaçant la puissance au niveau des malléoles, jusqu’à ce que j'aie obtenu la flexion des membres.
J'ai imaginé, il y a plusieurs années, un dynamomètre médical (voy. fig. 162) reposant sur le principe de la romaine; il est
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