‹ De l'électrisation localisée et de son application à la pathologie et la thérapeutiqueChapitre 172 sur 400 · ART, 1, SIL. — ANESTHÉSIE ET ANALGÉSIE · texte numérisé non relu

ART, 1, SIL. — ANESTHÉSIE ET ANALGÉSIE

me donne alors la mesure de la force du mouvement d’extension dépensée par le sujet de l'expérience.

Pendant cette exploration, il déploie en général une trésgrande force, sans éprouver de fatigue, tandis que, dans la station ou la marche, il se sent vite épuisé. Dans ce cas, c’est qu’il se livre à de vains efforts pour exécuter régulièrement ces fonctions, et que sans doute les centres nerveux dépensent, dans un trop court espace de temps, une somme de forces qu’ils ne peuvent réparer; aussi le malade éprouve-t-il le besoin de se reposer souvent.

$S EI. — Anesthésie et analgésie.

Plusieurs fois j’ai constaté l'existence des troubles de la coordination bien avant l’apparition de l’anesthésie cutanée ou musculaire. Cependant la sensibilité des pieds et des mains est, en général, plus ou moins diminuée, dès l'apparition des troubles de la coor-

gauche à droite l'aiguille fixe 2 qui indique sur le cadran A les degrés de force depuis { jusqu'à 100 kilos. (On a adopté généralement cette manière de mesurer la force de pression de la main, comme étalon de la force générale. La moyenne de cette force de pression de la main droite étant en général, chez l’homme, de 30 à 40 kilos et chez la femme de 20 à 30.)

20 Ce dynamomètre médical est aussi principalement destiné à mesurer la force des mouvements partiels. Alors ses poignées AB doivent être décroisées. Pour cela, on les descend jusqu’à l’extrémité arrondie de ses tiges S où elles peuvent être tournées comme dans la figure 176; ensuite on les ramène près du cadran comme dans la fig. 175.

Veut-on par exemple mesurer la force du mouvement de flexion de l’avant-bras, on fixe à l’extrémité de celui-ci un lien (un mouchoir plié en cravate, une courroie ou une bande assez forte); on y attache la poignée de l’une des branches; puis, le sujet tenant son avant-bras puissamment fléchi, on saisit la poignée de la branche libre, et l’on tire sur celle-ci, jusqu’à ce que l’on ait obtenu un commencement d'extension de l’avaut-bras,

Le degré de force de ce mouvement est alors marqué par l’aiguille fixe 2 du dynamomètre,

Mon dynamomètre sensible (fig. 177), d’une forme analogue au précédent, est destiné à mesurer par grammes la force des mouvements partiels, chez les sujets atteints de parésie. 11 se manœuvre de la même manière, L’aiguille marque sur le cadran A les divisions 9, si les pièces B,B’ sont rapprochées du centre comme en DD’, et les divisions 1, si elles sont fixées à l'extrémité des tiges CC’. — (Ce dynamomètre sensible peut aussi servir à peser les nouveau-nés, et à suivre Jour par jour l’augmentation progressive de leur poids pendant l'allaitement.)

Les dynamomètres précédents sont les plus exacts et les plus solides que je connaisse : on en comprendrait la raison, si je pouvais entrer ici dans les détails de leur construction, En les appliquant, on doit éviter de leur imprimer des secousses, sous peine de leur faire perdre leur exactitude.

30 L’aiguille mobile de mon dynamomètre médical est destinée à mesurer le degré de puissance de l’incitabilité nerveuse, Des individus ayant atteint le maximum d’un mouvement partie], peuvent rester à ce maximum un temps plus ou moins long, en continuant leur effort, D’autres personnes, au contraire, ne sont capables de continuer cet effort qu’un temps très-court, sitôt qu’elles sont arrivées au maximum de force d’un mouvement : c’est ce que j'appelle epuisement de l’incitabilité nerveuse. L'aiguille mobile 3 (fig. 174) de mon dynamomètré médical mesure le degré de puissance de cette incitabilité nerveuse, Ainsi, par exemple, sur dix individus mesurant la puissance de pression de leur main et marquant sur mon dynamomètre le maximum de leur force (de 30 à 60 kilos), les uns pourraient maintenir plusieurs minutes l'aiguille mobile, sur la division du cadran qui marque ce degré et d’autres quelques secondes seulement. Certains malades éntin, allant même jusqu’à 40 kilos, laissent rapidement retourner l'aiguille mobile à zéro, quelque effort qu’ils fassent pour la retenir ; il leur faut plusieurs minutes, et jusqu’à dix minutes de repos, pour recouvrer leur force normale, Ces malades deviennent des espèces de paralytiques, car dans la marche ils sont forcés de s’asseoir quelque temps, pour ainsi dire à chaque pas; quelquefois même ils s’affaissent, dès qu’ils sont debout, — Ne pourrait-on pas, dans ces cas, comparer cet état du système nerveux à une pile qui se polarise rapidement par la fermeture de son courant? (Je me réserve de publier les recherches que j'ai faites sur l’épuisement de l’incitabilité nerveuse, )

dination des mouvements, surtout aux faces plantaires et palmaires, ainsi que je l’ai dit précédemment. Il importe d'entrer dans l'étude approfondie de cette anesthésie, et de déterminer aussi exactement que possible la part qu’elle prend alors à ces désordres de la locomotion. C’est ce que je me réserve de faire en traitant, dans le chapitre XIII l'étude du diagnostic différentiel de l’ataxie locomotrice progressive d'avec les troubles occasionnés par la perte complète de la sensibilité des membres.

La sensibilité se perd ou s’affaiblit, à des degrés divers, dans la peau, dans les tissus sous-cutanés [musceles, surfaces articulaires (analgésie et anesthésie)]. A la peau, la sensibilité tactile et la sensibilité douloureuse sont quelquefois lésées simultanément ; mais plus souvent la sensibilité douloureuse est intacte ou peu altérée.

La sensibilité à la température est la dernière affectée; j’ai rencontré des individus chez lesquels elle était normale, bien qu'ils fussent complétement analgésiques et anesthésiques.

Je ne dois pas oublier de dire qu’assez souvent les sensations artificiellement produites arrivent lentement des extrémités inférieures au sensortum commune. J'ai alors compté deux ou trois secondes entre l'excitation et la perception de cette excitation; j'ai même observé un malade qui ne sentait la douleur que neuf ou dix secondes après le pincement de la peau ou après la faradisation cutanée.

anesthésie et l’analgésie qui règnent aux faces plantaire et palmaire, s'étendent ordinairement du pied à la cuisse et de la main au bras, quelquefois même à d’autres régions du tronc, mais à un degré moindre.

S HXI, — Douleurs.

La plupart des sensations douloureuses que l’on voit habituellement figurer parmi les symptômes généraux de l’ataxie locomotrice progressive, sont caractéristiques et peuvent aider singulièrement au diagnostic, à une époque peu avancée de celte maladie, comme on le verra par la suite. Je n’en ai pas observé de semblables dans les névroses, dans les névralgies, ou dans les douleurs symptomatiques d’autres affections.

Voici la forme ordinaire de ces douleurs. Elles sont en général térébrantes, comparables à la sensation que produirait un instrument piquant et assez gros que l’on enfoncerait dans les tissus et auquel on imprimerait un mouvement de torsion ; presque tous les malades les dépeignent ainsi. Quelquefois c’est seulement un élancement qui se propage au loin. Ces sensations douloureuses sont circonscrites dans un point très-limité. Au niveau de ce point, la peau

Page 1