II. — PAR LES COURANTS CONTINUS ET PAR UNE MÉDICATION INTERNE
A.— J'ai appliqué sans résultat appréciable les courants continus dans cette même affection, bien que depuis plusieurs années j'aie fait usage de tous les appareils préconisés tour à tour et dont je possède la collection. Mais je ne veux rien conclure encore d’une expérimentation que je reconnais insuffisante.
Est-il besoin de dire que la faradisation, incontestablement utile pour combattre certains symptômes de l’ataxie locomotrice, ne peut constituer le fond du traitement. N’avons-nous pas vu en effet certains symptômes (la dipiopie par exemple) guérir par ce traitement, et cependant la maladie marcher quand même et parcourir toutes ses périodes. J'en dirai autant de l’hydrothérapie, que j’ai toujours vuc améliorer l’état des malades. J'ai fait suivre quelquefois ce traitement alterné avec la faradisation. Ces deux traitements bien associés produisent de bons effets; mais, administrés simultanément, ils fatiguent et surexcitent les malades.
B.— Une médication interne doit évidemment former la base du traitement de l’ataxie locomotrice. Lorsque l’on constate, chez le malade, l'existence d’une vérole constitutionnelle, ou que l’on retrouve, dans son histoire, des antécédents syphilitiques, l'emploi des préparalions mercurielles seules ou associées à l’iodure de potassium, ou de ce dernier médicament isolé, est formellement indiqué. Il est bien entendu que le choix de ces divers médicaments est subordonné à la période des accidents (secondaires ou tertiaires) de l’affection syphilitique,
Mais à quelle médication interne doit-on soumettre un sujet, chez lequel l’ataxie locomotrice ne peut être rapportée à une cause syphilitique ? L’iodure de potassium administré avec persévérance, à une dose modérée et appropriée à la tolérance du sujet, me semble être encore jusqu’à présent le meilleur médicament que l’on puisse