‹ De l'électrisation localisée et de son application à la pathologie et la thérapeutiqueChapitre 194 sur 400 · ART. VI, $ IT. — QUELQUES CONSIDÉRATIONS HISTORIQUES · texte numérisé non relu

ART. VI, $ IT. — QUELQUES CONSIDÉRATIONS HISTORIQUES

de tabes dorsalis (1), une affection dont l’ataxie locomotrice se rapproche, par un grand nombre de symptômes. Ce travail est trèsremarquable ; je regrette d’avoir à dire, pour ce qui a trait à mon sujet, que les observations criliques précédentes lui sont applicables en partie.

Ainsi les malades observés par ce savant praticien éprouvaient une perturbation dans l’équilibration ; mais on ne saurait décider, d’après l'exposition des symptômes qu'ils art présentés, si celte perturbation dépendait de la perte de la sensibilité ou de la lésion de la faculté qui préside à la coordination des mouvements. Ajoutez à cela qu'il est dit, dans cette description, que l’on a constaté, chez ces malades, de la faiblesse musculaire; ce qui n’a certainement pas lieu dans l’altaxie locomotrice, où la force motrice reste au contraire intacte.

M. Romberg rapporte, entre autres, l’observation très-curieuse d’un médecin de campagne qui, exposé aux varialions du temps, avait été atteint d’une paralysie des extrémités inférieures et d’une amblyopie double qui se termina par une amaurose. Sa sensibilité était normale, et le malade put distinguer jusqu’à sa mort les différences de températuré.Cependant, à la parlieinférieure de la moelle, où le volume de celle-ci avait diminué de plus d’un tiers, la substance médullaire des racines postérieures (racines sensibles) avait disparu presque complétement, ce qui leur avait donné un teinte jaune el grisâtre. Après ce fait, M. Romberg en relate d’autres dans lesquels il a constaté tantôt que la substance grise de la moelle s’élait notablement ramollie, tantôt que la partie lombaire et une partie de la portion dorsale de la moelle étaient presque à l'état fluide. Ces lésions anatomiques de la moelle ont dû occasionner, pendant la vie, une perturbation profonde dans les propriétés musculaires, c'està-dire l’affaiblissement ou l’abolition de la contractilité volontaire et électrique, l’atrophie et l’anesthésie. Or, ces phénomènes caractérisent la paralysie spinale subaiguë, dont j'ai discuté précédemment ie diagnostic différentiel, et qui ne peul, dans aucun cas, être confondue avec l’ataxie locomotrice progressive. À part cette confusion regrettable, je suis heureux de reconnaitre que M. Romberg a le mieux observé et décrit la plupart des symptômes qui se rencontirent dans l’ataxie locomotrice progressive.

IT. — J'espérais trouver, dans les belles recherches de Lallemand sur la consomption dorsale consécutive aux pertes séminales, des faits analogues à ceux de l’ataxie locomotrice progressive. J’en ai vainement cherché les symptômes dans les observations relatées par cet auteur; tous ces tabescents étaient tourmentés par des désor-

(1) Romberg, Lehrbuch der Nervenkrankeiten, 1851.

dres nerveux dont quelques-uns portaient sur la locomotion, en produisant surtout un affaiblissement musculaire. Ces désordres, occasionnés par un épuisement nerveux, étaient très-irréguliers, et variant, comme il le dit lui-même, selon les constitutions individuelles.

III. — M. le professeur Bouillaud (1)signale, dans la classe des maladies qu’il appelle ataxies des centres nerveux, certaines allérations de la motilité, qui diffèrent des convulsions et des paralysies, et consistent en un désordre, une incoordination, une ataxie du mouvement ;il y rapporte la chorée, certains tremblements, certains troubles de la progression et de la station observés dans la paralysie générale des aliénés; il entrevoit qu’on pourra y rattacher les symptômes de quelques affections dites nerveuses ; mais, en même temps, il a soin d’ajouter que les observations manquent pour tracer une histoire pathologique de l’incoordination du mouvement, phénomène que, d’après ses recherches de physiologie expérimentale, il attribue à une lésion du cervelet. Dans divers passages, on irouve l'indication du symptôme ataxie locomotrice; mais quant à la maladie que j'ai désignée sous ce nom, avec l'intention d’en rappeler un des caractères, sa description clinique restait tout entière à faire.

IV.—Sandras a relaté (2) un fait que l’on seraittenté de ranger dans l’ataxie locomotrice progressive, parce que le sujet a éprouvé primitivement, et pendant tout le cours de sa maladie, de ces douleurs erratiques qu’il a comparées lui-même à des éclairs, « parce qu'il a « perdu ensuite son équilibration, et que ses mouvements brus- « ques, saccadés, désordonnés, ne se font, pour ainsi dire, pas sous « l'influence de la volonté. La sensibilité y est diminuée de façon « que le malade ne sait pas s’il est dans son lit, entre ses draps ou « dehors, s’il est dans son pantalon ou non. » Ces troubles de la motilité étaient-ils dus seulement à la perte de la sensibilité musculaire ou à la lésion de la faculté coordinatrice des mouvements? La force musculaire était-elle intacte? C'est ce qu'il est impossible de déméler, parmi les longs détails dans lesquels se noient les symptômes principaux de ce fait. Ce qui ferait au contraire douter de l'intégrité de la force musculaire, chez ce malade, c’est que l’auteur dit « qu'il consigne d’autant plus volontiers cette observation dans « ce chapitre, qu'elle offre un tableau presque complet de la para- « lysie simultanée du mouvement et du sentiment, dont elle fait « l’objet. »

Et ce tableau, — confusion étrange! — représente pêle-mêle la paralysie saturnine, la paralysie hystérique, la paralysie rhumalismale, elc.

(1) Bouillaud, Traité de nosographie médicale. Paris, 1846, t, V, p. 317 et suiv. (2) Sandras, Traité pratique des maladies nerveuses, t. I, chap. [°", p. 12.

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