ART, III, $ II. — TRAITEMENT
muscles dont la contractilité el la sensibilité électriques seront les plus affaiblis. Le courant de la première hélice, à intermittences rapides, est, on le sait, celui qui agit le plus puissamment sur la sensibilité et la nutrition musculaires, en même temps qu’il rappelle le mouvement volontaire, 2° Les séances ne dureront pas plus de dix minutes ; plus longues, elles pourraient occasionner des courbatures, être suivies de douleurs et produire le contraire de l'effet thérapeutique que l’on voudrait obtenir. 3° Les malades que j'ai guéris se sont bien trouvés des séances répétées de deux jours l'un. 4° Ils ont été traités seulement par la faradisation localisée ; cependant l’association des bains sulfureux, de la strychnine à l’intérieur, d’une espèce de gymnastique que j'ai appelée nerveuse et sur laquelle je reviendrai et des différentes pratiques du massage, ne peut que hâter leur guérison.
Remak a écrit : « L’obligeance de plusieurs de mes confrères me fournit bientôt l’occasion de traiter un certain nombre de malades, et me convainquit pleinement de l'insuffisance du courant induit dans beaucoup d'états morbides, surtout dans les paralysies rhumatismales et saturnines qui, selon Duchenne, doivent en étre quéries (A). »
Les faits qui viennent d’être exposés dans cet article el qui, depuis leur publication déjà ancienne, s'appuient sur de nouveaux faits thérapeutiques que je ne puis plus compter, et sur une vaste expérimentation électro-thérapeutique répétée par de nombreux observateurs, tous ces faits, dis-je, incontestables et publiquement recueillis, permettent d’apprécier, comme elle le mérite, l’assertion étrange et contradictoire de Remak.
Il est vrai que cet expérimentateur s'est proposé de préconiser la supériorité thérapeutique du courant continu qu'il dit guérir merveilleusement la paralysie saturnine. Afin de vérifier ces résultats annoncés par Remak, j'ai expérimenté son procédé de galvanisation sur quatre sujets affectés de paralysie saturnine; deux se sont vite fatigués de ce traitement qui, après trois semaines, n’avait pas encore produit d’amélioralion; un troisième me supplia bientôt de lui appliquer l’électrisation localisée qu'il avait vue réussir à plu sieurs de ses camarades; chez le quatrième, j'insistai pendant plus de deux mois, sans être plus heureux. Après ces quatre insuccès j'ai jugé inutile d’expérimenter de nouveau et je suis revenu à la faradisation qui, depuis cette époque, n’a pas cessé de me donner, dans la grande majorité des cas, les résultats thérapeutiques les
plus heureux.
(1) Remak, Galvano-thérapie, ou de l'application du courant galvanique constant ù # ; au traitement des maladies nerveuses et musculaires, Paris, 1868, p. 4,