ART. I, $ II. — RHUMATISME DELTOIDIEN, SIÉGE ET NATURE
à quelques semaines et parfois plusieurs mois. Sitôt qu’elles ont disparu, soit spontanément, soit sous l’influence d’une médication, le deltoïde peut exécuter normalement ses mouvements; le malade est alors guéri.
IT, — Dans un bon nombre de cas, on voit apparaître, un certain temps après le début des douleurs rhumatoïdes que je viens de décrire, une atrophie de la portion ou des portions du musele où siégent les douleurs, bien que sa contractilité volontaire et électrique ait été conservée. Après la guérison des douleurs, on observe seulement une diminution de la force du deltoïde ou de l’une de ses portions, proportionnellement au degré d’atrophie, J'appelle cette forme de rhumatisme du deltoïde : Æhumatisme deltoidien atrophique.
HT, — Le rhumatisme deltoidien paralytique se compose d’une période douloureuse suivie d’une période paralytique. La première est en tout semblable à celle qui constitue le rhumatisme deltoïdien simple, les douleurs plus ou moins intenses au début. J'ai observé quelques cas de rhumatismes deltoïdiens dans lesquels le malade débarrassé complétement ou en grande partie de ses douleurs ne pouvait plus contracter son deltoïde ou l’une de ses portions ; alors la contractilité et la sensibilité élecitro-musculaires étaient diminuées ou abolies, et ce muscle s’atrophiait en partie ou en tota. lité. Telle est la seconde période (période paralytique) de ce que j'appelle rhumatisme deltoïdien paralytique.
S EX. — Siége et nature,
L'exposition rapide que je viens de faire des symptômes du rhumatisme deltoïdien (à frigore) et surtout de ses différents modes de terminaison, montre assez clairement, je crois, que sa division en trois formes principales n’est pas arbitraire. Peut-être aussi les symplômes qui caractérisent chacune de ces formes sont-ils l’expression de lésions nerveuses diverses ?
Ainsi qui ne reconnaît, dans l’ensemble des symptômes du rhumatisme deltoïdien paralytique, ceux de la névrite paralytique ? En effet, douleurs s’irradiant dans les divisions du nerf circonflexe pendant une première période, et faisant place, dans une seconde période, à une paralysie de la contractilité volontaire et électrique, et de la sensibilité du deltoïde, enfin atrophie de ce muscle, rien n’y manque pour caractériser la névrite du circonflexe. Cette opipion m'a paru plusieurs fois corroborée par la coexistence d’une névrite incontestable d’autres nerfs musculaires ou filets nerveux, émanant aussi du plexus brachial, névrite dont le diagnostic était plus facile à établir que celle du circonflexe.
Les deux premières formes de rhumatisme deltoïdien à frigore dans lesquelles le muscle conserve sa contractilité volontaire et électro-musculaire, pendant toute sa durée, ne sauraient être attribuées, comme la troisième, à une altération organique du nerf circonflexe. Les considérations qui précèdent, conduisent donc à les regarder comme l’expression d’une névralgie du circonflexe ou à admettre qu'’alors les dernières ramifications de ce nerf seraient le siége soit d’une névralgie, soit d’un travailirritatif ou inflammatoire.
La dernière hypothèse me paraît plus vraisemblable et, à mes yeux, le rhumatisme deltoïdien atrophique serait le second degré du rhumatisme deltoïdien simple. Ce qui porte à supposer que ces deux premières formes du rhumatisme deltoïdien à frigore sont symptomatiques d’un travail irritatif, c’est que celui-ci atteint quelquefois l’articulation scapulo-humérale où l'anatomie pathologique montre les traces incontestables de l’inflammation (rougeur, suppuration d’un point plus où moins étendu des surfaces articulaires et même du cartilage). J’en ai rapporté un exemple remarquable observé dans le service du professeur Grisolles, à l’occasion du diagnostic différentiel de l’atrophie musculaire progressive.
$S EKE, — Diagnostic.
Les éléments de diagnostic du rhumatisme deltoïdien à frigore sont en général faciles à reconnaître. Une arthrite mono - articulaire de l’épaule pourrait être confondue avec le rhumatisme deltoïdien à frigore. Le diagnostic différentiel de ces affections diverses est trop simple pour devoir être ici agité. Je ne connais pas encore de sigues qui, au début, permettent de savoir, à coup sûr, si ce rhumatisme sera simple, atrophique ou paralytique. Une fièvre intense au début peut seulement faire craindre l’existence d’une névrite.
SEV,. — Waleur thérapeutique de la faradisation localisée ou des courants continus.
L. — La guérison des douleurs rhumatoïdes du deltoïde paraît en général merveilleuse par sa rapidité à l’aide de l’excitation électroculanée pratiquée /oco dolenti, pourvu que ces douleurs ne soient pas symptomatiques d’une névrite du circonflexe. Ce qui étonnait en effet les personnes qui, dans ma clinique civile, assistaient à ces sortes d'expériences électro-(hérapeutiques, c'était de voir chez des sujets atteints, depuis des semaines et même des mois, de ces douleurs rhumatoïdes qui avaient résisté à bien des traitements divers, la faradisation cutanée les enlever presque toujours immédiatement et rendre libres tous les mouvements de l'articulation scapulo-