‹ De l'électrisation localisée et de son application à la pathologie et la thérapeutiqueChapitre 206 sur 400 · ART, IT, $ IV, — TRAITEMENT PAR LA FARADISATION, ETC · texte numérisé non relu

ART, IT, $ IV, — TRAITEMENT PAR LA FARADISATION, ETC

humérale, Ordinairement en effet les malades chez lesquels la douleur tenait le bras immobilisé depuis longtemps, pouvaient, immédiatement après la faradisation électro-cutanée de la région deltoidienne, lui imprimer des mouvements en tous sens, soit d’élévation, soit de circumduction, sans provoquer la moindre souffrance,

Le nombre de rhumatismes deltoïdiens simples que j'ai guéris depuis plus de vingt ans par ce mode d'’électrisation est considérable. Assez souvent on m'a vu obtenir ces résultats thérapeutiques dans nos hôpitaux (et dernièrement encore à la Pitié dans le ser. vice clinique de M. le professeur Lasègue), pour que je puisse aujourd’hui me dispenser d’en rapporter des observations comme exemples, On en trouvera d’ailleurs dans les précédentes éditions de ce livre (1).

C'est principalement dans l'application de la faradisation cuianée au traitement des douleurs rhumatoïdes du deltoïde que l’on doit suivre exactement les préceptes que j'ai établis, lorsque j’en ai décrit le mode opératoire, sous peine d’aggraver le mal au lieu de le guérir, Un seul exemple en fera comprendre l'importance.

OBservarion CXXXI. — (Afin de donner plus d'authenticité à ce fait qui est un enseignement thérapeutique, je crois pouvoir me permettre de rapporter ici un cas choisi dans ma pralique civile).

Il y a plusieurs années, mon confrère M. Brongniart fils vint demander un conseil pour son père, souffrant depuis quelques semaines d’un rhumatisme deltoïdien produit par un refroidissement et qui jusqu'alors avait résisté à toute espèce de médicalion. Connaiïssant les heureux résultats que j'avais obtenus de la faradisation cutanée, dans ce genre d’affection, il venait me demander quelques renseignements sur ce mode d’électrisation afin d’en faire lui-même l’application. Je lui recommandai particulièrement de localiser exactement l'excitation faradique dans la peau, et pour cela de promener les rhéophores métalliques du courant induit à intermittences rapides sur la surface cutanée de la région douloureuse, après l’avoir desséchée à l’aide de la poudre de riz ou de lycopode. Quinze jours après mon confrère me fit appeler auprès de son père qui me dit que la faradisation semblait augmenter ses douleurs; qu'après chaque séance pratiquée presque tous les jours, il souffrait davantage ; qu'il était moins tourmenté par ses douleurs que par la crainte de ne pouvoir faire son cours qui devait s'ouvrir prochainement au Jardin des Plantes. |

M. Brongniart fils ayant pratiqué la faradisation cutanée en ma présence, je remarquai que, malgré le soin qu’il prenait de déssécher la peau, la faradisation la traversait et produisait de temps à autre quelques contractions du deltoïde, parce que la couche du tissu cellulaire sous-

(1) Élect. Loc., obs. CCVIL, CCVINT, et CCIX, 1855, et obs. CCXLIV, COXLV et CCXLVI, 1861.

cutanée avait peu d'épaisseur et que le courant induit était trop intense.

Entrevoyant alors que celte excitation profonde des ramifications nerveuses pouvait bien avoir été la cause de l’insuccès de la faradisation, je pratiquai moi-même la faradisation cutanée avec la main électrique, c’est-à-dire que je promenai ma main saupoudrée de poudre de riz et convertie en rhéophore (d’après le procédé décrit antérieurement) sur l'épaule de M. B. également desséchée, l'intensité du courant étant assez modérée. Ayant ainsi localisé l'excitation électrique exactement dans la peau, pendant quelques minutes, M. B...., put, à sa grande surprise, élever son bras dans toutes les directions, et placer sa main sur sa tête sans éprouver la moindre douleur. Le lendemain, celle-ci était revenue légèrement, mais le même procédé de faradisation appliqué par M. B... fils en eut de nouveau raison, Quelques jours après, la guérison fut consolidée.

En somme, ce fait électro-thérapeutique n’a pas besoin de longs commentaires. Outre la nécessité de pratiquer exactement la méthode électro-thérapeutique que je préconise dans le traitement du rhumatisme simple, il montre l’imporlance du modus faciendi dans son application. On a vu en effet, dans ce cas, que l’on peut obtenir la guérison de cette affection musculaire par une excitalion électrique légère, et quelquefois éviter d’infliger aux malades les douleurs atroces de la faradisation cutanée à courant intense et avec intermittences rapides, On ne doit recourir à cetle puissante excitation périphérique (dite révulsive, perturbatrice, etc.) que lorsque la faradisation modérée a été insuffisante,

Ji ne faut pas compter, dans tous les cas derhumatis me deltoïdien, sur un résultat thérapeutique immédiat, aussi complet que dans le précédent ; mais il est rare qu’alors la faradisation ne soit pas suivie d’un amendement ou d’une modification quelconque dans l’état de la douleur, ce qui a toujours été pour moi un signe favorable. Dans le cas contraire, on doit craindre que ce mode de traitement révulsif externe ne soit inefficace. Cependant, je le continue habituellement pendant une dizaine de séances, et il m'est arrivé plusieurs fois de voir la guérison du rhumatisme deltoïdien survenir peu de temps après la suspension de la faradisation cutanée. C’est du reste ce que j'ai observé dans l'application thérapeutique de ce mode d’électrisation au traitement des névralgies en général.

Les considérations électro-thérapeutiques précédentes sur le traitement du rhumatisme deltoïdien sont applicables à toutes les douleurs musculaires rhumatoïdes, quelque région qu’elles occupent, mais principalement au lombago. Je puis les appuyer sur un grand nombre de faits eliniques que je n’exposerai pas ici, faute de place.

I. — Les différents appareils perfectionnés à courants continus

Page 1