‹ De l'électrisation localisée et de son application à la pathologie et la thérapeutiqueChapitre 207 sur 400 · ART. ÎE, S IV. — TRAITEMENT PAR LA FARADISATION, ETC · texte numérisé non relu

ART. ÎE, S IV. — TRAITEMENT PAR LA FARADISATION, ETC

que je possède dans mon cabinet (pile de Daniell, pile de Marié Davy, au bisulfate de mercure, pile au sulfate de plomb, pile portative de Gaiffe, au chlorure d’argent, pile portative de Ruhmkorff et Duchenne, enfin pile de Daniell à un seul liquide modifiée récemment par Calot et Trouvé), m'ont permis de les expérimenter successivement, depuis plusieurs années, dans le traitement du rhumatisme deltoïdien à frigore, suivant les procédés préconisés par Remak et ses adhérents, comparativement au traitement par la faradisation culanée. J’en ai rendu témoins des observateurs qui suivent ma clinique civile. Ilm'’est arrivé, mais très-rarement, d'obtenir de ces courants continus un résultat immédiat, analogue à celui que cet électro-thérapeute a montré dans des expériences qu'il a faites à l'hôpital de la Charité. Dans les cas exceptionnels où les douleurs rhumatoïdes ont été amendées par l’application du courant continu, j'ai appliqué les rhéophores du courant continu labile ou stabile loco dolenti. J'affirme que ce résultat n’est pas dû au passage du courant continu à travers les nerfs du membre, mais bien à l’excitation de la sensibilité cutanée de la région douloureuse, excitation exercée par les rhéophores du courant continu, qui ont produit en outre des vésications et des escharres à la peau. Lorsqu’en effet ces rhéophores de l’appareil à courant continu n’ont pas été appliqués sur le point de la surface cutanée de la région deltoïdienne, je n'ai observé aucune action thérapeutique appréciable sous l'influence du passage du courant continu à travers les muscles douloureux. |

Voici en somme les résultats des expériences comparatives que j'ai faites depuis quelques années chez les malades de ma clinique civile (poly-clinique) ; j’ai toujours commencé le traitement des rhumatismes deltoïdiens simples, par l'application du courant continu, et presque toujours j’ai dû en venir à la faradisation cutanée pour en obtenir la guérison, — Dans la pratique civile au contraire, j'ai toujours appliqué immédiatement la faradisation cutanée au traitement du rhumatisme deltoïdien simple et jamais Je n’ai dû recourir au courant continu. Dans les cas où, la faradisation cutanée ayant échoué, j'ai essayé ensuite l’application thérapeutique du courant continu, je n’en ai jamais rien obtenu.

II. — Je n’ai pas vu une seule fois la faradisation dela peau diminuer les douleurs symptomatiques d’une névrite à frigore du circonflexe. Des malades m'ont été adressés dans la période paralytique de cette névrile; ils avaient élé soumis à cette excitation électro-cutanée, pendant la période douloureuse ; loin d’en obtenir le moindre soulagement, ils avaient senti au contraire leurs douleurs s’exaspérer. Dans un cas semblable où j'ai pratiqué moi-même la faradisalion, les douleurs sont devenues plus fortes. Aussi ai-je renoncé à l’ap-

plication de ce traitement excitant, toutes les fois que la fièvre et l'augmentation de température de la région affectée m'ont fait craindre que les douleurs deltoïdiennes fussent symplomatiques d’une névrite à frigore du circonflexe; j’ai employé ou je conseille alors avec avantage les antiphlogistiques, les émollients, puis les révulsifs (ventouses scarifiées, cataplasmes, vésicatoires, etc.).

IV.— La faradisation musculaire méthodiquement appliquée à la paralysie rhumatismale à frigore m'a donné d'excellents résultats, comme dans les paralysies consécutives aux lésions traumatiques des nerfs. Je n’en puis dire autant des courants continus stabiles, Les courants continus labiles et les courants galvaniques intermittents m'ont paru agir comme la faradisation localisée.

V. — Contre le rhumatisme deltoïdien atrophique, j'ai appliqué concuremment ou alternativement la faradisation cutanée et le courant continu, la première dans l’espoir de guérir les douleurs rhumatoïdes, la seconde afin d’activer la nutrition du deltoïde atrophié. Cette méihode d’électrisation mixte et rationnelle m’a paru la meilleure. Par la faradisation de la peau, jai triomphé de douleurs que n'avait pu enlever le courant continu ; celui-ci appliqué de manière à ne pas produire de contractions musculaires dans le deltoïde aidait au retour de la nutrition de ce muscle, sans avoir les inconvénients de la faradisation musculaire, qui m'aurait exposé à rappeler les douleurs.

- ARTICLE II

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