‹ De l'électrisation localisée et de son application à la pathologie et la thérapeutiqueChapitre 212 sur 400 · ART. II, $ IV. — PARALYSIE DU N. RADIAL, =— TRAITEMENT · texte numérisé non relu

ART. II, $ IV. — PARALYSIE DU N. RADIAL, =— TRAITEMENT

nateur toujours intact dans la paralysie saturnine, qui m’a mis immédiatement sur la voie de ce diagnostic exact.

Supposons que ce malade eût été peintre, qu’il eût eu antérieurement des coliques de plomb ; qu’il eût un liséré des gencives et que, se trouvant dans un lit d'hôpital, il eût été proposé comme sujet d'examen. Le candidat n'aurait certainement pas manqué d'attribuer sa paralysie à l’intoxication saturnine. C'est justement ce qui est arrivé, dans un concours pour les hôpitaux, à l’occasion d’un malade que j’ävais examiné moi-même. Il était peintre et avait eu antérieurement des coliques saturnines; mais je lui avais trouvé tous les signes d'une paralysie du nerf radial à frigore. Cette erreur de diagnostic valut une bonne note au candidat, juges et candidats furent très-satifaits les uns des autres ! la connaissance du signe diagnostique que je viens de mettre en relief, à savoir qu’il existe une sorte d'immunité pour le supinateur dans la paralysie saturnine aurait évité une pareille confusion.

Dans les deux éditions précédentes, j'ai exposé une série de cas de paralysies saturnines de l’avant-bras (1) dans lesquels la profes: sion ou les habitudes des malades avaient dû faire écarter toutes causes d'intoxication par le plomb, ils avaient présenté la plupart des signes apparents de paralysie du nerf radial à frigore, mais le diagnostic réel avait été mis en lumière par l’exploration électro: museulaire. Il ne me paraît plus nécessaire d’exposer ces faits cliniques.

En résumé, il ressort des faits et des considérations précédentes : 1° que la paralysie du nerf radial à frigore et la paralysie saturnine de l’avant-bras peuvent être facilement confondues entre elles, et que l’on ne saurait, en général, les distinguer l’une de l’autre, sans l'exploration électro-musculaire ; 2° que l'application de l’exploration électro-musculaire m’a fait reconnaître un grand nombre de paralysies qui avaient été ou auraient pu être attribuées à d’autres espèces de paralysies, et particulièrement à la paralysie du nerf radial à frigore; 3° enfin, que celte méthode d’exploration m'’a mis sur la voie de plusieurs intoxications saturnines (par la poussière des feuilles de plomb qui recouvre la face interne des caisses de thé, par la poudre de sucre mis en morceaux sur une plaque de plomb, par la poudre de tabac, par certaines boissons sophistiquées, entre autres la bière, enfin par l’eau qui coule dans des conduits en plomb).

$S HV. — Pronostic et traitement par la faradisation localisée.

Une paralysie des muscles animés par le nerf radial qui ne guéri-

(1) Voyez Duchenne (de Boulogne), Électrisation localisée, 1861, Obs. LXXXII LXXXIIT, LXXXIV, LXXXV, LXXXVI, LXXXVII, LXXX VII, LXXXIX:

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rait pas, serait une affection grave, car elle annulerait la plupart des usages de la main; mais je m’empresse de dire que jusqu’à présent (dans tous les faits cliniques que j’ai recueillis) j'ai toujours vu l’espèce de paralysie dont il est ici question, céder à la faradisation localisée, alors même qu’elle avait résisté longtemps aux autres médications. Vue serait-il advenu, dans ces cas rebelles, sans l’intervention de la faradisation ? La paralysie eût-elle été incurable? c’est ce que j'ignore. Quoi qu'il en soit, il m’est permis de dire aujourd’hui, en m'appuyant seulement sur mes recherches, que la paralysie du ner radial à frigore n’est pas grave, puisqu'elle guérit toujours par la faradisation localisée.

Bien que les muscles souffrent peu, en général, dans leur nutrition et que leur irritabilité, comme je l’ai dit, ne soit point diminuée, la plupart de ces paralysies n’en sont pas moins souvent rebelles aux médications ordinaires (aux vésicatoires, à la strychnine), tandis qu’elles guérissent par la faradisation musculaire. J’en rapporterai plusieurs exemples.

OgsenvaTioN CXXXIIT. — Charité, salle Saint-Michel, n° 11. — Brivard, charretier, âgé de vingt-huit ans, demeurant rue du Faubourg-Saint- Denis, n° 109, d’une constitution athlétique, n’ayant jamais été exposé à des émanations mercurielles ni saturnines, n’ayant jamais eu de paralysie. En mai 1849, cet homme passe une nuit exposé à un courant d’air froid alors qu’il était dans un état de transpiration ; en se réveillant, il sent sa main et son avant-bras engourdis et paralysés ; il n’éprouve cependant aucune douleur. Cet état persistant malgré des onctions excitantes et deux vésicatoires, le membre paralysé diminuant de volume, il se décide à entrer à la Charité (service de Rayer) le 11 août 1849 (trois mois après le début de la paralysie). 11 y est soumis à l’électrisation de la manière suivante : un rhéophore était placé dans la main ou sur le dos de la main, et un second rhéophore humide est posé à la partie supérieure du bras. N'ayant obtenu aucune amélioralion après neuf applications de ce mode d’électrisation, il demanda sa sortie. Le malade se présenta quelques jours après à ma consultation : je constatai alors que tous les muscles animés par le nerf radial étaient paralysés. Les muscles paralysés jouissaient de leur contractilité électrique ; la sensibilité était augmentée, cependant ils étaient notablement atrophiés. Je localisai l’excitalion faradique dans chacun des muscles paralysés, et comme le malade était très-sensible à cette excitation, je n’agis qu'avec un courant à rares intermiltences, à forte tension, afin de la faire pénétrer dans l'épaisseur des muscles, et je renouvelai les applications tous les deux jours. Après la deuxième séance, Brivard relevait le poignet, auquel il faisait exécuter des mouvements latéraux. A Ja cinquième séance, les premières phalanges et le pouce avaient recouvré une partie de leurs mouvements. Après trois semaines de faradisation localisée, la guérison était complète.

Chez ce malade, l’influence thérapeutique de la faradisation Icca-

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