‹ De l'électrisation localisée et de son application à la pathologie et la thérapeutiqueChapitre 219 sur 400 · ART. 1, $S II. — ÉLECTRO-THÉRAPIE · texte numérisé non relu

ART. 1, $S II. — ÉLECTRO-THÉRAPIE

autres, et chez lesquelles les contractions produites par un courant rapide ne manquaient jamais de produire une attaque d’hystérie. Ce n’était pas que ces malades trouvassent ce mode de faradisation musculaire plus douloureux, car j'avais le soin d’agir avec un courant peu intense ; mais la sensation toute spéciale qu’il produisait occasionnait des tournoiements, des éblouissements, un malaise général, bientôt suivi d’une crise nerveuse. Je n’en ai pas moins continué d'employer ce mode de faraäisation chez quelques-unes de ces malades, qui, loin de s’y habituer, en conservaient une impression si désagréable, que l’idée qu'elles allaient être faradisées de la même manière suffisait pour les faire tomber en convulsions. Mais à l’instant où je recommencais à faire contracter leurs muscles avec un courant à intermittences éloignées, les accès d’hystérie cessaient de se produire, pendant l’opération.Je signalerai encore un phénomène curieux : chez ces mêmes malades, que la faradisation musculaire à courant rapide faisait tomber en spasme nerveux, je pouvais produire les sensations cutanées les plus douloureuses par la faradisation de la peau à courant rapide, sans provoquer le moindre accès nerveux. En résumé, bien que la faradisation musculaire à intermittences rapides soit le meilleur mode d’électrisation qu’il convienne d’appliquer au traitement de la paralysie hystérique, il ressort des considérations précédentes, que l’on doit y renoncer, lorsqu'il provoque des crises nerveuses, et le remplacer par la faradisation musculaire à rares intermittences,

Il faut en général diriger l’excitation musculaire sur chacun des muscles paralysés, sans négliger de stimuler les troncs nerveux. J'ai dit, —et j'en ai donné la preuve, dans des faits dont j’ai exposé la relation,—-qu'il suffit quelquefois d’exciter la sensibilité cutanée pour guérir la paralysie hystérique; c’est ce qu’on aura plus de chance d’obtenir, quand la sensibilité cutanée sera considérablement diminuée, dans la paralysie hystérique que l’on aura à traiter. On devra donc ne pratiquer, dans ce cas,que la faradisation électro-cutanée,pendant les deux ou trois premières séances, afin de juger du degré d’ivfluence thérapeutique que ce mode d’excitation exerce sur la paralysie musculaire. Si celte dernière élait ainsi notablement améliorée, on y joindrait la faradisation musculaire localisée, en insistant moins sur celle-ci que sur la faradisation cutanée, Mais, si l’on n’obtenait aucun amendement dans l’état de la paralysie, on n’emploierait plus l'excitation électro-cutanée, qu’autant que cela serait nécessaire au rétablissement de la sensibilité de la peau, et l’on aurait recours seulement à la faradisation musculaire localisée.

Le traitement est beaucoup plus douloureux par l'excitation électro-cutanée : aussi rencontre-t-on quelques malades qui refusent de s’y soumettre. Je n'ai pas besoin de dire que; dans ce cas, on doil

essayer de guérir la paralysie par la faradisation musculaire à rares intermittences, et ne recourir à l’excitation électro-culanée qu'après avoir vu échouer le premier mode d'excitation.

Les procédés de faradisation que l’on aura à appliquer au traitement des autres paraiysies hystériques, de la vessie, des intestins, de la voix, de l’ouie, de la vue, de l’odorat et du goût, et dont il a été déjà question, page 94 et suivantes, seront exposés, par la suite, avec plus de détails, en traitant spécialement de ces espèces de paralysies locales.

II. — VALEUR THÉRAPEUTIQUE DES COURANTS CONTINUS DANS LES PARALYSIES MUSCULAIRES HYSTÉRIQUES.

Depuis que l'usage thérapeutique des courants continus est redevenu une sorte de mode, introduite en France dans la pratique médicale par quelques Allemands, j’ai dû, bien des fois, les appliquer au traitement des paralysies musculaires hystériques, afin de répondre aux désirs des confrères qui m’adressaient leurs malades. En même temps j'ai soumis expérimentalement aux courants continus, la plupart des paralysies hystériques qui se présentaient à ma clinique civile.

J'ai donc pu acquérir une assez grande expérience sur la valeur thérapeutique de ces courants appliqués à cette espèce de paralysie. Eh bien ! je déclare que les courants constants continus stabiles (les seuls vrais)ne m'ont pas donné, dans les paralysies museulaires hystériques, de résultats aussi satisfaisants que la faradisation localisée; que, souvent, après les avoir appliqués vainement, il m’a fallu en venir à localiser, dans chacun des muscles paralysés, le courant d’induction ou le courant galvanique interrompu, ou les courants dits continus labiles qui, je l'ai démontré (voy. p.179, B), sont de véritables courants galvaniques interrompus. Est-il besoin de rappeler iei que les courants galvaniques interrompus ou labiles localisés, exercent à peu près la même action thérapeutique que la faradisation localisée, mais qu’ils ont l’inconvénient d’altérer la peau, par leur action électrolytique, et en conséquence que la faradisation localisée leur est préférable.

ARTICLE II

CONTRACTURES HYSTÉRIQUES. = CONTRACTURES RÉFLEXES ASCENDANTES PAR TRAU- MATISME ARTICULAIRE, =—— CHORÉE ET TIC INDOLENT.

$S H. — Contractures hystériques.

Ï, = SYMPTOMATOLOGIE.

Voici sommairement, d’après les faits que j'ai recueillis, l'étude clinique que j'ai faite sur la symptomatologie de ces contractures.

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