‹ De l'électrisation localisée et de son application à la pathologie et la thérapeutiqueChapitre 218 sur 400 · ART. I, $ EH. — ÉLECTRO-THÉRAPIE · texte numérisé non relu

ART. I, $ EH. — ÉLECTRO-THÉRAPIE

elle avait été guérie tout à coup de sa paralysie. Depuis lors, cette guérison spontanée s’est parfaitement maintenue.

OBsERvATION CXXXIX. — A côté de cet insuccès de la faradisation localisée, j'en placerai un autre parfaitement identique ; je l'ai observé chez une demoiselle atteinte de paralysie hystérique depuis un an, et qui m'avait été adressée par M. Ricord. Des cautères placés sur la colonne vertébrale, la strychuine, etc., avaient été employés sans résultats ; trente séances de faradisation localisée n'avaient pas modifié la paralysie, qui, peu de temps après, guérit spontanément.

Dans le premier des deux faits que je viens de rapporter (obs. CXXX VII), la guérison, il est vrai, eut lieu peu de temps après l’application de la faradisation, de sorte que l’on pourrait à la rigueur faire honneur de cette guérison à l’action tardive de la faradisation, de même que l’on attribue souvent à l’action des eaux minérales desguérisons quisemanifestentaprès seulement quelques moisqu’on en a cessé la cure. Il serait intéressant d’examiner si réellement les effets thérapeutiques de certaines médications qui n’impriment aucune modification à la maladie, pendant qu'on les applique, ne se manifestent que tardivement. Quant à moi, j’affirme avoir vu des névroses el des névralgies, longtemps rebelles à tous les remèdes, disparaître seulement quinze jours à un mois après l’application de la faradisation localisée, bien qu’elles n’eussent subi aucune modification appréciable au moment du traitement. Cependant, les deux cas cités ci-dessus sont pour moi des insuccès ; s’ils étaient interprétés autrement par quelques personnes, je pourrais rapporter d’autres faits de paralysies hystériques qui ont persisté plusieurs années, bien que je les eusse traitées par la faradisalion localisée.

F,— La paralysie hystérique guérit fréquemment par la faradisation localisée. — La forme paraplégique est celle dans laquelle les chances de succès paraissent les moins grandes.

Sur plus d’une centaine de paralysies hystériques que j'ai traitées par la faradisation localisée, j'ai obtenu la guérison dans plus de la moitié des cas ; mais je ferai observer que souvent je n’ai été appelé à agir que dans les circonstances les plus défavorables, c’est-à-dire lorsque les autres médications avaient échoué. On sait, en effet, que l'on songe en général à recourir au traitement électrique uniquement comme à une dernière ressource. Il est donc permis d'espérer que la proportion des guérisons augmentera, quand la faradisation sera placée dans les mêmes conditions que toutes les autres médications, et qu’on ne lui livrera plus seulement les cas difficiles.

On sait que la paralysie hystérique revêt des formes variées, M. Briquet a démontré par des faits (4) que la plupart de ses mani-

(1) Briquet, Traité clinique et thérapeutique de Phystérie. Paris, 1859, p. 441 et suiv.

festations morbides : les paralysies du mouvement, leshyperesthésies ou anesthésies cutanées, les paralysies des sens (de la vue, de l’ouïe, de l’odorat, du goût) siégent presque toujours du côté gauche. Cette règle, qui a été formulée dans les thèses publiées par ses élèves, découle des nombreuses recherches de ce savant observateur sur l’hystérie. J’ai vu, en effet, ces phénomènes souvent localisés du côté gauche, aux membres, au tronc et à la face, et quelquefois dans le membre supérieur gauche. Tantôt la paralysie se généralise, et tantôt elle se fixe dans les membres inférieurs. Si, dans ces derniers cas, elle prédomine dans un côté, c’est presque toujours dans le côté gauche. (Je signale ce fait en passant, car il peut éclairer certains cas de diagnostic difficile.) Eh bien ! il ressort des faits que j'ai observés, que c’est le plus ordinairement lorsque la paralysie hystérique s’est fixée dans les membres inférieurs, que la faradisation localisée à échoué.

G. — Comment on doit pratiquer la faradisation, lorsqu'on l'apphque au traitement de la paralysie hystérique.

La sensation provoquée par l'excitation électrique, alors même qu'elle n’est pas douloureuse, est tellement étrange, anormale, qu’elle peut provoquer une attaque d’hystérie chezles personnes qui n’y sont pas habituées. Cette sensation les impressionne d’autant plus que leur imagination leur fait redouter presque toujours l’application de l’électrisation. Dans les premiers temps de mes recherches, il m'arrivait fréquemment de provoquer des accès hystériques que j’attribuais uniquement à l'influence de l’électrisation, et qui ne faisaient qu’augmenter les préventions que les malades et même les personnes quiles entouraient, avaient conçues déjà contre son application, Ayant eu le soin d’habituer graduellement les malades à la sensation électrique, en commençant par des doses très-faibles, et en dissipant ainsi leurs préventions, je n’ai plus vu survenir les crises nerveuses produites évidemment par une influence morale. Je conseille donc de consacrer la première séance à habituer ainsi les hystériques aux sensations électriques. En agissant de la sorte, on ne tarde pas à pouvoir administrer les doses les plus fortes du courant d’induction.

La diminution de la sensibilité musculaire, qui complique la paralysie hystérique, indiquerait l'emploi du courant de la première hélice et des intermittences rapides qui agissent énergiquement sur la sensibilité musculaire, en même temps qu’elles provoquent le retour des mouvements; mais la faradisation musculaire à intermittences rapides n’est pas loujours applicable chez les hystériques. Ainsi, j'en ai vu un bon nombre qui pouvaient supporter les excitations musculaires les plus fortes, les plus douloureuses, pourvu que les intermittences du courant fussent assez éloignées les unes des

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