ART, II, S LI, — TRAITEMENT DES CONTRACTURES HYSTÉRIQUES
tendant battre le rappel dans les rues de Paris, en 1848, et croyant qu’on allait se battre), eut, pour la première fois, une attaque d’hystérie, à la suite de laquelle elle eut une contracture des fléchisseurs de l’avant-bras sur le bras, du poignet et des doigts du côté gauche, contracture qu’elle conserva plusieurs années, malgré des médications très-variées. J'ai exposé dans son observation détaillée les singuliers phénomènes hystériques qu’elle éprouvait : on ne pouvait lui faire la plus légère application de l’électricité d’induction sans les provoquer. — Les courants continus n'ont pas été essayés dans ce cas. — Après deux ans de durée, cette contracture disparut un jour tout à coup à la suite d’une douche d’eau froide sur la surface du corps.
Ici encore la nature hyslérique de cette contracture ne saurait être douteuse.
J'ai rencontré des cas où le diagnostic paraissait incertain, en raison de l'insuffisance des phénomènes hystériques, ou de leur manifestation tardive.
SIF. — Valeur de L’électrothérapie par courants intermittents et par courants continus, dans les contractures hystériques ou hystériformes, dans les contractures ascendantes réflexes par traumatisme articulaire, dans la chorée, dansles tics indolents.
Ï. — DANS LES CONTRACTURES HYŸSTÉRIQUES OU HYSTÉRIFORMESs
A. — Ordinairement, ai-je dit, les contractures hyslériques se localisent, aux membres supérieurs, dans les fléchisseurs des doigts ou du poignet ou de l’avant-bras, et, aux membres inférieurs, dans les extenseurs du pied sur la jambe ou dans les fléchisseurs de la jambe sur la cuisse, ou à la fois dans tous les muscles moteurs.de ces différents ordres de muscles; j'ai essayé de combattre ces contractures en faisant passer le courant d’induction à intermittences rapides dans les antagonistes des muscles contracturés, |
Une seule fois j'en ai obtenu la guérison en une dizaine de séances ; chaque séance de quatre à cinq minutes de durée et la dose moyenne a été suivie de la cessation des contractures qui revenaient plus tard, mais de moins en moins fortes, et à des intervalles de plus en plus éloignés, jusqu’à leur entière disparition.
Dans tous les autres ças, non-seulement ce procédé de faradisa: tion, mais tous les autres n’ont produit aucun amendement dans l’état des contractures hystériques ; ils les ont souvent aggravées. Les malades sont quelquefois tellement irritables que la faradisation provoque des désordres nerveux les plus étranges, par exemple comme dans l'observation CXLIL. 11 est évident qu’alors la faradisation est formellement conire-indiquée. En somme, on doit être très-circonspect dans l'application thérapeutique de la faradisa:
tion localisée au traitement des contractures hystériques, et y préparer les malades en simulant d’abord l'opération et en commençant
par des doses très-faibles.
B. — Le courant continu descendant stabile peut être toléré dans les contractures hystériques, alors que les courants interrompus (faradisation ou courant galvanique interrompu) ne sont pas applicables, et faire disparaître les contractures. Cette proposition est la déduction à tirer d’un fait clinique dont voici le résumé.
OgsenvarTioN CXLIIT. — En juillet 1869, une jeune personne tombe subitement pour la première fois, à la suite d’une vive émotion, dans une attaque d'hystérie qui ne s’est reproduite que trois fois depuis plusieurs années. (Un de ses proches parents chez lequel elle se trouvait en visite avait été frappé de mort en sa présence.) Le lendemain, contracture des extenseurs du pied sur la jambe droite et parésie des autres mouvements du membre inférieur de ce côté, sans douleur, mais avec affaiblissement de ia sensibilité cutanée; en outre les moindres efforts qu’elle fait pour mouvoir les segments de ce membre provoquent la contracture tétaniforme du membre entier, qui dure d’une à deux heures. — En janvier 1870, les contractures paralytiques gagnent le membre inférieur opposé, mais à un moindre degré. Aux phénomènes morbides précédents s'ajoute, en février, une parésie des membres supérieurs, qui, sous l'influence du moindre effort, se complique d’une contracture temporaire, durant plusieurs heures, des fléchisseurs des doigts, du poignet et de l’avant-bras sur le bras. Dès le début, la malade soignée par un médecin des plus distingués, M. Crass, professeur à l'École de médecine navale de Brest, a été traitée par le bromure de potassium, par la faradisation des antagonistes des muscles contracturés, puis par le courant continu de l'appareil Gaiffe (au chlorure d'argent et à 36 éléments), et enfin par l'hydrothérapie. Pendant ce traitement, la maladie n’en a pas moins marché comme il vient d’être dit et l’électrisation a paru même augmenter les contractures.
Tel était l’état de cette malade, lorsqu'elle fut confiée à mes soins en mars 4870. Comme je voulais essayer de faire tolérer le courant continu descendant slabile traversant longitudinalement les nerfs où siégeaient les contractures, je fis passer, dans le crural droit, un courant de 21 éléments de la pile de Ruhmkorff et Duchenne (au proto-sulfate de mercure et à 6 centimètres d'immersion); quelques secondes après le membre se contractura tétaniquement. Ayant alors suspendu l'application du courant continu, jusqu’à ce que cet état de contractures générales eut disparu, je fis passer de nouveau, dans le crural, le même courant continu à 21 éléments à son minimum d'immersion (5 à 5 millimètres d'immersion), c'est-à-dire à son minimum d'électricité de quantité ; alors il fut parfaitement toléré pendant 10 minutes sans provoquer de contractures réflexes. Dans les séances suivantes, je fis passer ce même courant continu stabile, pendant quelques minutes, dans chacun des nerfs des mewbres inférieurs et supérieurs, donnant plus de temps à ceux du côté droit. La tolérance s'établit si bien que je pus augmenter peu à peu la