‹ De l'électrisation localisée et de son application à la pathologie et la thérapeutiqueChapitre 229 sur 400 · ART, 1, S 11, — FARADISATION LOC. DANS LES AFF. CÉRÉBRALES · texte numérisé non relu

ART, 1, S 11, — FARADISATION LOC. DANS LES AFF. CÉRÉBRALES

efletet, pour ma part, j’en ai observé quelques-unes, dans un court espace de temps. J’en ai rapporté un cas dans la deuxième édition de ce livre({).

J'ai vu un bon nombre de paralysies de la septième paire dont il avait été difficile de trouver la cause. A côté du fait précédent, j’en ai placé un autre qui avait une grande ressemblance avec lui, et qui, cependant, reconnaissait une cause cérébrale. Dans ce cas j'avais été appelé en consultation par mon confrère, M. Vigla (2). Nous fûmes alors éclairés par l’exploration électrique des muscles dont lirritabilité était normale, sur la nature probablement d’origine cérébrale de cette hémiplégie faciale. Je fis entrevoir les dangers de la faradisation localisée, appliquée dans de telles conditions. Bien nous en a pris, car, peu de temps après, le malade fut frappé d’une nouvelle attaque d’apoplexie qui lui paralysa tout le côté droit du corps.

Aran a observé un cas d’hémiplégie limitée au côté gauche de la face; j'ai constaté avec lui que les muscles paralysés avaient conservé leur contraclilité électrique normale. Le malade ayant succombé, on trouva un ramollissement très-circonserit dans la paroi inférieure du ventricule latéral droit, autour d’un ancien foyer hémorrhagique.

J. — Comment doit-on pratiquer la faradisation localisée, dans le traitement de la paralysie consécutive à l’hémorrhagie cérébrale? — Cette question est très-importante à examiner, car de la manière d'opérer dépendent non-seulement les résultats plus ou moins heureux du traitement, mais aussi les accidents plus ou moins graves qu’il peut provoquer.

a. L'expérience a établi que tout individu qui à été une fois frappé d’apoplexie est, en général, prédisposé à une nouvelle attaque. On se rappelle, de plus, qu’il s'opère, dans les parlies qui avoisinent le kyste, une irritation formatrice, se marifestant par des contractures et des douleurs dans les membres affectés et se propageant jusque dans certains faisceaux qui descendent en parcourant les pédoncules cérébraux, les pyramides antérieures de la protubérance et du bulbe. En conséquence, toute excitation trop vive des centres nerveux peut provoquer soit une nouvelle congestion ou hémorrhagie cérébrale, soit une augmentation du travail hypérhémique dans les parois du kyste, et aggraver ainsi la situation du malade.

Ces principes une fois posés, on se gardera bien d’appliquer au traitement de la paralysie cérébrale la méthode d’électrisation que j'ai appelée électrisation par action réflexe, et qui consiste à faire

(1) Duchenne (de Boulogne), ÉVect. loc., Obs. LXX. 1861. (2) Id, Obs. LXXI.

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passer les courants des extrémités aux centres nerveux. Un fait que j'ai rapporté dans la précédente édition et dans lequel ce mode d’électrisation a foudroyé, pour ainsi dire, un hémiplégique, en démontre le danger, quand on l’applique au traitement de l’hémiplégie de cause cérébrale.

Afin d'éviter cette excitation réflexe des centres nerveux, on doit rapprocher autant que possible les rhéophores l’un de l’autre, de telle sorte que les recompositions électriques se fassent, sans que les courants aient à parcourir les membres dans une longue étendue. J’ai déjà démontré qu'on limite mieux ainsi les recompositions électriques dans les organes.

Mais cela ne suffit pas, lorsqu'il est indiqué de localiser l’exci: tation des courants, c’est-à-dire d'empêcher cette excitation de réagir sur les centres nerveux. Il faut encore que les intermittences des courants soient éloignées les unes des autres. J'ai démontré, en effet, que la faradisation musculaire provoque à la fois des sensations et des contractions; que le degré des sensations augmente en raison directe du rapprochement des intermittences, et qu’à une rapidité donnée de ces intermittences, les sensations deviennent excessivement douloureuses et comme tétaniques. Or on comprend que des sensations aussi douloureuses produisent inévitablement une excitalion générale qui peut réagir sur les centres nerveux de manière à provoquer, dans certaines conditions, une congestion, ou une nouvelle hémorrhagie, ou des accidents cérébraux d’un autre ordre.

Les intermittences éloignées ont l’avantage de permettre d’agir à ‘forte dose, sans provoquer de trop douloureuses sensations, surtout lorsqu'on se sert du courant de la deuxième hélice, et d'opérer les recompositions électriques dans la couche profonde de chaque muscle aussi bien que dans la couche superficielle, c’est-à-dire de porter l’excitation dans toules les fibres musculaires. Au contraire, par les courants rapides qui excitent trop vivement la sensibilité pour permettre d'agir à haute dose, les muscles ne sont faradisés que superficiellement.

Le but que l’on se propose dans la faradisation musculaire appliquée au traitement de l’hémiplégie cérébrale, c’est de provoquer le retour des mouvements volontaires, en produisant des contractions musculaires artificielles. Ce but est atteint par un courant d’induction à rares intermittences. Pourquoi, d’ailleurs, infliger au malade des sensations douloureuses provoquées par les intermittences rapides, dont lapplication est indiquée seulement lorsque les muscles ont perdu de leur sensibilité, ou lorsqu'ils sont menacés dans leur nutrition, comme dans les paralysies traumatiques des nerfs ou dans les paralysies saturnines et dans l’atrophie musculaire progressive. |

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