‹ De l'électrisation localisée et de son application à la pathologie et la thérapeutiqueChapitre 245 sur 400 · ART. II, $ II. — HYPERESTHÉSIE MUSC. HYSTÉRIQUE · texte numérisé non relu

ART. II, $ II. — HYPERESTHÉSIE MUSC. HYSTÉRIQUE

suffit, à elle seule, pour rendre la marche difficile et la station incertaine dans l'obscurité, ou lorsque les malades ne regardent pas le sol sur lequel ils veulent poser le pied. Je ne connais pas de remède plus héroïque que l'excitation électro-cutanée et l'excitation des nerfs collatéraux pour guérir l’anesthésie de la plante des pieds.

Bien que j'aie vue l'excitation électrique de la peau triompher généralement de l’anesthésie cutanée (il est entendu qu'il n’est pas ici question de l’anesthésie consécutive à la destruction des nerfs), je dois dire que rien n’est plus incertain, dans ces cas, que ce résultat thérapeutique. Ainsi il m'est arrivé d’échouer complétement alors que je croyais réussir. J'en pourrais rapporter, comme preuve, l'observation d’un jeune homme que je soignai, en 1851, avec M. Moutard-Martin ; je ne pus le guérir, par cette médication, d’une anesthésie consécutive à une fièvre typhoïde ; il était encore anesthésique en 1854. À cet insuccès j'en pourrais ajouter d’autres qui me sont arrivés même chez des hystériques. |

Est-il besoin d’ajouter qu’on ne doit jamais négliger de combattre la maladie dont l’anesthésie n’est qu’un symptôme?

S LHX. — Hyperesthésie musculaire hystérique.

L'hyperesthésie musculaire est un des symptômes les plus fréquents de l’hystérie et l’un de ceux qui tourmentent le plus les malades. Elle siége d'ordinaire dans le côté gauche du tronc, tantôt au. niveau des gouttières vertébrales des côtes, et tantôt à l’épigastre où dans les autres régions des parois abdominales, Elle est continue, augmente à la pression ou par les mouvements. La peau dela région où existe l’hyperesthésie musculaire est quelquefois elle-même hyperesthésiée ; on la reconnait à la douleur provoquée par le frottement léger de la surface cutanée. Plus souvent l’insensibilité de la peau coïncide avec l’hyperesthésie musculaire; on peut alors pincer. ou piquer la peau sans que le malade en ait conscience, et la douleur ne se réveille que par une pression légère exercée sur la peau, douleur due à l’hyperesthésie des muscles qu’elle recouvre.

J'ai vu fréquemment l’hyperesthésie musculaire rapidement modifiée ou enlevée par l'excitation électro-cutanée appliquée loco dolenti, alors même que les sinapismes, les vésicatoires et les ventouses scarifiées (moyens qui cependant réussissent souvent dans ces cas) avaient complétement échoué.

Lorsque l’anesthésie cutanée complique l’hyperesthésie musculaire, les excitants ordinaires (vésicatoires, sinapismes, huile de croton) n’ont en général aucune prise contre celte dernière. Ils produisent seulement une action organique (l’érythème ou la vésication), dont les malades n’ont pas conscience. Ce fait démontrerait

que la perturbation douloureuse artificielle agit plus efficacement contre l’anesthésie musculaire hystérique.

Rien ne saurait remplacer, dans ces cas, l’énergique excitation de la faradisation électro-cutanée, qui ne tarde pas à provoquer une vive douleur perturbatrice là où le feu ne pourrait se faire sentir, et à modifier ou à dissiper l’hyperesthésie musculaire. Ordinairement les malades éprouvent un soulagement plus ou moins grand après la première excitation électro-cutanée dont l’action perturbatrice se continue, au point que l’hyperesthésie musculaire diminue graduellement et peut disparaître même complétement. Quelquefois ce mode de traitement enlève seulement temporairement la douleur qui revient une, deux ou trois heures après l'opération.

Enfin, l'hyperesthésie musculaire hystérique me paraît offrir beaucoup plus de résistance à l’action thérapeutique de la faradisation cutanée que l’hyperesthésie cutanée.

ARTICLE IT

ACTION THÉRAPEUTIQUE DE LA FARADISATION DANS LA PARALYSIE HYSTÉRIQUE DES SENS.

Tous les sens sont accessibles à l'excitation électrique ; j’ai indiqué, dans le chapitre I, $ IT, les procédés qu'il convient d’appliquer à la faradisation de chacun d’eux. J'aurai à revenir dans cet article sur quelques-uns de ces procédés.

Les paralysies hystériques des sens peuvent être plus ou moins modifiées par la faradisation exactement localisée dans les organes où ils siégent, à la condition quecesparalysiesne soient pas symplo matiques d’une lésion organique centrale. La question la plus importante dans Le traitement des paralysies des sens, est donc celle qui a trait à leur diagnostic, sans lequel on ne saurait juger l’opportunité de l'intervention d’un traitement quelconque.

8 EH. — Paralysie des sens du toucher, de l'’odorat et de la vue.

Des faits en nombre suffisant, exposés dans le cours de ce livre, ont déjà démontré la puissance modificatrice de la faradisation localisée, dans plusieurs paralysies des sens. Il me suffira donc de les rappeler, saus que je doive donner un grand développement à ces questions thérapeutiques.

I. J'ai fait ressortir, dans l’article précédent, l’heureuse influence thérapeulique de la faradisation cutanée sur l’analgésie (paralysie de la sensibilité tactile) presque toujours liée à l’anesthésie cutanée (paralysie de la sensibilité douloureuse).

(I. La paralysie de l'odorat et la paralysie du goût, que l’on ren-

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