‹ De l'électrisation localisée et de son application à la pathologie et la thérapeutiqueChapitre 244 sur 400 · ART. II, $ 11. — ANASTHÉSIE CUTANÉE HYSTÉRIQUE · texte numérisé non relu

ART. II, $ 11. — ANASTHÉSIE CUTANÉE HYSTÉRIQUE

diminuée ou pervertie. Il est rare que la faradisation cutanée ne triomphe pas de l’anesthésie.

I. — La faradisation cutanée par la main électrique (voyez pour la manière de pratiquer cette opération, page 87) n’exerce généralement d'action thérapeutique qu’à la face, où elle m’a paru suffire généralement à la guérison des anesthésies cutanées qui affectent cette région. J’ai cependant rencontré des cas dans lesquels son influence était impuissante à la face, et qui réclamaient l'application des autres modes de faradisation cutanée. J’en ai rapporté plusieurs exemples dans la précédente édition (1).

IT. — Sur le cou, le tronc et les membres, les rhéophores métalliques pleins peuvent, en général, ramener la sensibilité cutanée, lorsque l’anesthésie est incomplète. Mais, si la peau a perdu sa sensibilité, les fils métalliques, par leur action plus intense, triompheront de la paralysie, là où les rhéophores métalliques auront échoué. Voici comment il faut alors procéder. L'appareil est au maximum et marche avec les intermittences rapides du courant induit; les fils excitateurs sont placés sur le point de la peau frappé d’anesthésie, et ils sont maintenus en place jusqu’à ce qu'il y ait un commencement d'action organique, de la rougeur, etc. Si l’action thérapeutique est immédiate, et c’est le cas le plus ordinaire, en quelques minutes le malade éprouve, dans le point excité, un chatoullement suivi d’une légère sensation de brûlure, qui va croissant rapidement et devient bientôt intolérable. On recommence la même opération sur les parties voisines, jusqu’à ce quel’on ait ainsi modifié la paralysie de la peau dans une certaine étendue. Alors on remplace les fils métalliques, devenus insupportables pour le malade, par des rhéophores métalliques pleins, promenés pendant un certain temps sur la partie déjà faradisée, ayant soin de diminuer l'intensité du courant au fur et à mesure que la sensibilité reparaît. C'est à l’aide de ce procédé que j'ai souvent rendu, en quelques minutes, la sensibilité cutanée à un membre entier.

IL. — Dans les anesthésies de la peau, l'aclion thérapeutique de la faradisation cutanée est presque toujours limitée aux points qui sont mis en contact avec les rhéophores. — Il suffit quelquefois de stimuler plus ou moins vivement un point limité du corps, pour que la sensibilité revienne complétement dans toute l'étendue de la surface cutanée où règne l’anesthésie, Ainsi des sujets anesthésiques, dont j'avais excité une petite surface cutanée, ont recouvré la sensibilité, le lendemain de l’opération, tantôt dans un membre entier, tantôt dans tous les points du corps frappés d’anesthésie. Cependant il s’en faut que toutes les anesthésies cèdent aussi facilement à l’exci-

(1) Duchenne (de Boulogne), Éec. loc., 1861, obs. COXLIT et CCXLITT, p. 974.

{ation électro-eutanée. Dans le plus grand nombre de cas, la faradisation doit non-seulement être pratiquée avec énergie, mais encore être successivement portée sur chacun des points de la surface privée de sensibilité.

Si l’on n’agissait pas ainsi, l’action thérapeutique de la faradisation de la peau serait parfaitement limitée aux points qui auraient été en contact avec les rhéophores. Bien souvent j'ai démontré l'exactitude de cette assertion, en faisant l'expérience suivante : ayant ramené la sensibilité, à l’aide de la faradisation, dans un point très-circonscrit de la surface cutanée paralysée, puis ayant abandonné la maladie à elle-même, j'ai observé quelquefois, quinze jours après l'opération, que cette sensibilité ne s’étendait pas au delà des limites que j'avais tracées à l'avance. J'ai fait quelquefois cette même expérience sur deux points éloignés seulement de quelques centimètres, et souvent la peau restait insensible dansleurintervalle.

La sensibilité de la peau, rétablie par la faradisation, peut dispa-

raître sous l'influence d’une nouvelle cause morbide. Ainsi des malades dont l’anasthésie était parfaitement guérie, étaient frappées d’anesthésie de nouveau et dans les mêmes régions du corps, après une nouvelle attaque d’hystérie. Mais ces rechutes sont d’autant moins faciles, que la faradisation de la peau a été plus souvent pratiquée. Voici sur quels faits je m’appuie. Ghez plusieurs hystériques atteintes d’anesthésie assez étendue, j'ai ramené la sensibilité dans plusieurs points limités. Dans l’un de ces points, la faradisation avait été pratiquée une fois avant le retour de la sensibilité; dans un autre, deux fois; enfin dans untroisième, quatre ou cinq fois. L'attaque d'hystérie ayant eu lieu après ces différentes opérations, j'ai observé, le lendemain de l’accès, que, dans le premier point, la sensibilité avait disparu, qu’elle avait diminué dans le deuxième, et qu’elle était conservée intacte dans le troisième. Gelte expérience a été répétée assez souvent en présence d’un grand nombre de témoins, pour que je me croie autorisé à dire qu’à la suite du traitement des anesthésies par la faradisation de la peau, la sensibilité est d'autant mieux fixée, en d’autre termes, que l’anesthésie cutanée est d’autant plus sûrement guérie, que l'opération à été renouvelée un plus grand pombre de fois.

[Y. — L’'anesthésie cutanée n’occasionne des troubles réels que lorsqu'elle siége à la main et aux pieds; sur les autres régions du corps, c’est à peine si les malades s’en aperçoivent. La main est-elle privée de sensibilité, on ne peut s’en servir sans l’aide de la vue, et encore est-elle alors très-maladroite. Généralement elle la recouvre en quelques séances par l'excitation électro-cutanée et par la faradisation des nerfs collatéraux.

L'anesthésie de la plante des pieds est plus grave encore, car elle

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