ART. IT, S II, — GALVANISATION MUSCULAIRE
Je vais exposer la description de plusieurs de ces petits appareils électro-moteurs qui constituent réellement un progrès, au point de vue de leur application à certains cas thérapeutiques, bien qu'ils soient, pour la plupart, loin de réunir l’ensemble des conditions qu’ils devraient posséder. |
a. Pile portative au chlorure d'argent fabriquée par Gatffeser— M. A. Gaifle, avantageusement connu pour les ingénieux perfection-
Fi. 15. — Pile portative au chlorure d’argent de Gaiffe.
nements de ses appareils électro-médicaux, m’a communiqué la description ou plutôt la légende d’une pile portative à courant continu constant, qu’il vient de fabriquer : c’est la pile au chlorure d’argent de MM. Marié Davy, E. Becquerel et Varenne de la Rue, qui, à différentes époques, ont fait des communications sur cette sorte de pile. L'idée première de cette pile appartient à M. Marié Davy (1), et c’est M. Gaiffe qui l’a rendue applicable à l’usage médical par les perfectionnements qu’il y a apportés. Voici la notice qu'il vient de m'adresser sur cette nouvelle pile.
« L'appareil (fig. 15) est enfermé dans une boîte dont les dimensions varient suivant le nombre de couples qui le composent, La batterie de 36 couples, qui est représentée figure 15, à 18 centimètres de largeur, 20 centimètres de longueur et 20 centimètres de hauteur.
(1) Voir, pour la manière de recharger les couples, la quatrième page de l’instruction que M Gaifle a fait imprimer, — Les couples se chargent de la mème manière, dans l’appareil à courant continu et dans Pappareil d'induction.
«Un double fond GDEF, qui forme la partie inférieure de la boîle et couvre la pile, sert en même temps de support aux divers organes nécessaires à la manipulation de l'instrument. Ceux-ci sont : AA’, pièces qui livrent le courant et dans lesquelles s’insèrent les cordons conducteurs ; MM’, manettes qui permettent d’accoupler ensemble, en plus ou moins grand nombre, les éléments de la pile, et de diriger le courant dans le sens voulu ; G, galvanoscope servant à constater le passage du courant.
« Tous les couples, ayant des dimensions et des dispositions identiques, peuvent prendre sans inconvénient la place l’un de l’autre ; ils sont en outre construits de telle sorte qu’on ne peut les replacer dans Ja boîte que dans une position convenable pour leur accouplement. Les contacts des diverses pièces se font automatiquement en remettant les piles en place.
« Gette disposition générale de l'appareil en simplifie beaucoup la manipulation ; elle facilitera la vulgarisation du courant continu,
QUn couple au chlorure d'argent, ayant un zinc de 8 centimètres carrés de surface ulile, correspond, comme quantité, à un couple de Remak nouvellement et bien chargé. Sa force électro-motrice est un peu plus faible, environ comme 5 est à 6. Pour représenter une pile de Remak de 24 couples, si embarrassante, il suffira de prendre 36 couples au chlorure d'argent de 8 centimètres de surface.
« Enfin les frais de cette pile n’excèdent pas 30 centimes par heure de travail, si le corps humain se tronve dans son circuit. »
J'expérimente cette pile depuis un mois environ. Je suis très-satisfait des résultats que j'en ai obtenus; son transport est aussi facile que celui des appareils d'induction; son application n’exige aucune de ces manipulations inévitables dans l’usage des autres piles ; mais je ne l’ai pas vue fonctionner depuis assez de temps pour me croire autorisé à en juger la valeur réelle; ni pour affirmer qu’elle remplit toutes les conditions annoncées par son inventeur, au point de vue de la constance de son courant continu et de sa force électromotrice.
b. Petite pile à colonnes du Conservatoire des arts et métiers. — On avait construit depuis longtemps en Angleterre une petite pile à colonnes (diminutif de la pile à colonnes de Volta), dont chaque disque, formé de deux plaques de cuivre et de zinc soudées ensemble, offrait à peine 4 centimètre et demi de diamètre (1). Cette pile se composait d’un plus ou moins grand nombre de couples. Les dis-
(1) Ilen existe un modèle au Conservatoire des arts et métiers.