‹ De l'électrisation localisée et de son application à la pathologie et la thérapeutiqueChapitre 267 sur 400 · IIL, — TRAITEMENT DE LA MYDRIASE PAR LA FARADISATION LOCALISÉE · texte numérisé non relu

IIL, — TRAITEMENT DE LA MYDRIASE PAR LA FARADISATION LOCALISÉE

La mydriase peut guérir par la faradisation du constricteur de l'iris, Voici le procédé que j'ai employé contre la paralysie de ce

(1) J'avais primitivement terminé ce rhéophore par une petite éponge, mais j'ai remarqué que ses aspérités irritaient la conjonctive plus que la surface polie de Ja petite olive ; et d’ailleurs la petite éponge est, dans ce cas, inutile.

muscle (procédé que, depuis une dizaine d'années, on m'a vu souvent mettre en pratique à la Charité, afin de démontrer l’action du constricteur de l'iris sur des sujets qui venaient de succomber). J'applique l'extrémité de deux pelits rhéophores métalliques (extrémité mousse ou terminée par une olive comme celui décrit cidessus pour la faradisation des muscles de l’œil), de chaque côté de la cornée, 2 à 3 millimètres en dehors du bord libre de celle-ci et au niveau d’une ligne transversale fictive qui diviserait la cornée en deux moitiés égales. Alors au moment où le courant arrive aux rhéophores avec des intermittences rapides, le muscle constricteur de l'iris se contracte jusqu’à fermer complétement la pupille. Mais ce procédé est assez douloureux; il ne peut pas toujours être toléré, ou irrite quelquefois trop la conjonctive. Dans ce cas, on peui le modifier de la manière suivante. On applique l’un des rhéophores ci-dessus décrits sur la sclérotique, à 2 ou 3 millimètres du bord de la cornée, sur l’un des points correspondants à l’un des nerfs ciliaires, tandis qu’un autre rhéophore humide est posé, ou sur la tempe, ou derrièrel'oreille du même côté, au niveau de l’apophyse mastoïde. Puis on fait passer dans les rhéophores un courant d’induction de premier ordre, à un degré extrémement faible, que l’on augmente graduellement et avec des intermittences rares (d’une à quatre par seconde). Ge procédé, parfaitement supporté par les malades, et ne surexcitant pas la conjonctive, a obtenu la guérison dans un cas dont j'ai rapporté l’observation dans la précédente édition (1).

J'ai commencé une série d’expériences sur l'influence de la faradisation musculaire localisée dans certains cas de chute congénitale de la paupière supérieure (blépharoptose) ou de strabisme simple. Sans me prononcer d’une manière absolue sur la valeur : réelle de ces recherches, je suis en droit d’en attendre d'heureux résultats.

S SH. — Faralysie diphthérique.

J'ai eu l’occasion d’observer et de traiter par la faradisation localisée un assez grand nombre de paralysies musculaires partielles ou complètes du voile du palais. Les causes de ces paralysies sont multiples. Ainsi j'ai trouvé assez souvent l’un des palato-staphylins para- Aysé dans des lésions rhumatismales de la septième paire, qui remoniaient à une certaine hauteur dans le canal de Fallope ou au-dessus de lui; j'ai vu la paralysie musculaire du voile du palais exister, comme signe symptomatique de la maladie qui a fait le sujet du chapitre VI, sous le titre de paralysie glosso-labio-laryngée. J'ai recueilli plusieurs cas d’atrophie du voile &u palais, dans là période

(1) Dachenne (de Boulogne), Elect. loc., 1861, obs. cLxxI, p. 699.

ART, 11, S I. — PARALYSIE DIPHTHÉRIQUE. 885

ultime de l’atrophie musculaire progressive, et dans quelques cas de paralysies simples des muscles moteurs du voile du palais. Âinsi plusieurs fois j'ai observé et traité par la faradisation, la paralysie de tous les muscles moteurs du voile du palais, paralysie causée par une simple pharyngite, comme Trousseau l’a signalé le premier (1). M. Maingault a recueilli à la même époque des faits semblables qui n’ont été relatés que plus tard (2). Enfin un assez grand nombre de paralÿsies consécutives à l’angine couenneuse m'ont été adressées pour être traitées par la faradisation localisée. Il m’eût donc été possible avec ces matériaux d'écrire une monographie intéressante sur la paralysie du voile du palais. Mais comme ces paralysies ont été parfaitement étudiées par MM. Orillard, Bretonneau, Trousseau, Lasègue, Faure, Moynier, etc., et surtout par M. Maingault, ce que j'aurais à en dire ne serait que la confirmation des faits signalés et développés dans cet excellent travail. En conséquence, ne voulant exposer ici que les faits nouveaux qui me sont personnels ou qui ont été incomplétement étudiés, je m’abstiendrai de parler de mes propres recherches pathologiques sur les paralysies musculaires du voile du palais. Que l’on me permette cependant de saisir celte occasion pour exprimer ici mon opinion sur la nature et la physiologie pathologique de la paralysie diphthérique.

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