‹ De l'électrisation localisée et de son application à la pathologie et la thérapeutiqueChapitre 272 sur 400 · IT. — DÉDUCTIONS APPLICABLES AU MÉCANISME DE LA DÉGLUTITION · texte numérisé non relu

IT. — DÉDUCTIONS APPLICABLES AU MÉCANISME DE LA DÉGLUTITION

Ces faits électro-physiologiques étant bien connus, voyons maintenant quel doit être le mécanisme du second temps de la déglutition, c’est-à-dire, ce qui se passe après que le bol alimentaire a franchi l’isthme du gosier. Alors le péristaphylin interne élève le voile du palais en lui donnant la forme d’une espèce de voûte dont le sommet est à peu près un centimètre au-dessus de sou attache à l'os palatin. La capacité du pharynx s’en trouve ainsi augmentée pour recevoir le bol alimentaire. M. Debrou avait démontré par une autre expérience que le voile du palais s'élevait pendant la dégluti-

lion; l’expérimentalion électro-musculaire vient aussi de le prouver.

Il faut en démontrer l’utilité. Au moment de la contraction du péristaphylin interne, la constriction supérieure du pharynx doit se contracter, car sans cela une partie du bol alimentaire repasserait par l’ouverture postérieure des fosses nasales. J’ai en effet constaté que pendant la contraction du péristaphylin interne, il restait un espace vide assez grand entre le bord libre du voile du palais et la paroi postérieure du pharynx, tandis que dès que je faisais contracter le constricteur supérieur du pharynx, en même temps que le péristaphylin interne, la paroï postérieure du pharynx se tendait au niveau de ce muscle en s’avançant sur le bord libre du voile du palais contre lequel il s’appliquait.

Pour se rendre bien compte de cette action du constricteur supérieur du pharynx, on se rappellera que son bord antérieur et supérieur s'attache à la partie inférieure de l'aile interne de l’apophyse ptérygoïde. C’est surtout au niveau de ce point, qui se trouve situé au-dessus du voile du palais, que j’ai senti avec mon doigt les fibres courbes du constricteur supérieur se tendre fortement transversalement comme une corde en devenant rectilignes, pendant la contraction de ce muscle.

Au mouvement d’élévation du voile du palais, que je viens de décrire, succède son abaissement, dont le mécanisme des plus curieux est éclairé par l’expérimentation électro-musculaire. Ce mouvement d’abaissement, méconnu jusqu'ici, est opéré par le péristaphylin externe et ensuite par le pharyngo-staphylin. Le péristaphylin externe, en tendant transversalement le voile du palais et en l’abaissant jusqu’au niveau du crochet de l’aile interne de l’apophyse ptérygoïde, le ramène à une direction horizontale; ce mouvement d’abaissement est continué, sinon exécuté synergiquement, avec plus de force par le pharyngo-staphylin. J’ai démontré en effet ci-dessus, expérimentalement, que le pharyngo-staphylin, en se contractant, abaisse avec force le voile du palais, jusqu’à lui donner une direction oblique de haut en bas et d’arrière en avant. Ainsi donc le voile du palais, que l’on avait cru jusqu’à présent passif dans la déglutition, est au contraire actif pendant que le bol est refoulé de haut en bas vers l’œsophage.

Mais le bol alimentaire, pressé alors d’avant en arrière par la base de la langue qui s'applique contre lui d’arrière en avant, par le constricteur du pharynx, et de haut en bas par le voile du palais qui eslabaissé, pourrait s'échapper en partie en passant par le bord libre du voile du palais et la paroi postérieure du pharynx, Heureusement cettesolution de continuité du canal pharyngien est empêchée par le mouvement de rideau des piliers postérieurs du voile du

ART, Il. — PARALYSIE DES NERFS MOTEURS DE L’ŒIL. 893

palais produit par la contraction des pharyngo-staphylins, de manière à diviser le pharynx en deux portions, l’une supérieure, com. muniquant avec les fosses nasales, et l’autre inférieure, où se trouve le bol alimentaire. Cependant ces deux piliers ou rideaux ne peuvent se rapprocher complétement, et laissent entre eux un espace d’un centimètre environ occupé par la luette, espace par lequel pourrait encore passer une portion du bol alimentaire. Ayant fait en effet contracter à la fois les pharyngo-staphylins et les constricteurs supérieurs, il m’a été facile de faire passer une sonde de caoutchouc de plusieurs millimètres de grosseur entre la luette relâchée et la paroi postérieure du pharynx. Mais si alors je faisais contracter fortement les palato-staphylins, la luette, en se redressant et en se roidissant fortement, allait s’appliquer contre la paroi postérieure du pharynx, tendue elle-même par son constricteur supérieur, et empêchait ainsi le passage de ceite sonde. Ceite expérience me semble démontrer que les palato-staphylins prennent une part active au second temps du mouvement de déglutition, pour fermer complétement l’espace libre qui sépare encore les piliers du voile du palais, pendant la contraction des pharyngo-staphylins.

S FV. — Application des notions précédentes à l’étude du diagnostic local des paralysies du voile du palais. — Waleur thérapeutique de la faradisation, dans le traitement de ces paralysies.

Les notions que je viens d’exposer facilitent singulièrement l’étude des paralysies musculaires partielles du voile du palais, en faisant connaître exactement quels doivent être alors les changements de forme de cette membrane et de ses piliers, à l’état de repos ou de mouvement, et les troubles fonctionnels qui en sont la suite.

Je vais les exposer rapidement et j’examinerai, chemin faisant, s'ils ont tous été confirmés par l'observation pathologique.

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