ARTANIP, S III. — FARADISATION MUSCULAIRE
s’en convaincre, il suffit de se rappeler les propriétés physiologiques et thérapeutiques spéciales dont jouit cette espèce d’électricité, propriétés que j'ai exposées dans le premier chapitre. On sait, en effel, que la faradisation peut provoquer les plus fortes contractions musculaires, sans exciter vivement en même temps la sensibilité cutanée, sans produire de commotion, sans jeter les organes dans une sorte de torpeur, sans déchirer les vaisseaux capillaires, sans occasionner, en un mot, comme l'électricité statique, tous les accidents contre lesquels les sujels réagissent quelquefois difficilement. On sait aussi que, si le galvanisme et le faradisme possèdent, à peu près, à un égal degré, la vertu dese recomposer plus ou moins profondément sous la peau, comme je le prouverai plus loin, ou, en d’autres termes, de concentrer leur action dans les muscles ou dans les nerfs, sans exciter la peau, on sait, dis-je, que les propriétés calorifiques et électrolitiques du faradisme sont infiniment peu développées comparativement à celles du galvanisme, et qu’elles sont trop faibles pour être appréciables pendant la faradisation musculaire ; on sait, enfin, que la faradisalion produit faiblement le phosphène, et que cette action sur la rétine ne complique pas d'une manière fàächeuse, comme le galvanisme, l’électrisation des muscles de la face. On peut donc dire avec raison que lPélectricité faradique, qui n’altère en rien les tissus, est l'électricité essentiellement médicale.
C’est lorsqu'il s’agit de limiter exactement autant que possible la puissance électrique dans chacun des muscles ou faisceaux musculaires et dans chacun des nerfs, que l’on comprend l'importance du faradisme et la nécessité de se servir d'appareils d’induction qui réunissent l’ensemble des propriétés que je viens d’énumérer.