ART. IT, S I. — PARALYSIE DES EXTENSEURS DES DOIGTS
aux premières phalanges, car l'usage de la main nécessite incessamment les mouvements simultanés d’extension de ces premi. ?s phalanges et de flexion des deux dernières, par exemple, lorsqu’en écrivant on trace le trait d’avant en arrière; ces mouvements sont produits par la contraction synergique des extenseurs des doigts et des fléchisseurs superficiels et profonds, mouvements qu’il eût été impossible d'obtenir, si les extenseurs des doigts avaient exercé leur action sur les trois phalanges.
Les extenseurs des doigts ne peuvent agir sur les phalanges, sans étendre en même temps la main sur l’avant-bras. Pour parer à cet inconvénient, les fléchisseurs de la main (les paimaires) entrent synergiquement en contraction el proportionnellement à la force de contraction des extenseurs des doigts; il en résulte que la main est maintenue fixement entre ces deux forces contraires ; mais celle contraction des fléchisseurs de la main est instinclive, de sorte que nous ne pouvons l'empêcher, toutes les fois que nous voulons étendre les doigts sur les métacarpiens.
Il. — TROUBLES FONCTIONNELS ET SIGNES DIAGNOSTIQUES.
La paralysie des extenseurs des doigts abolit seulement l’extension des premières phalanges. Lorsqu’en effet on maintient, dans ce cas, le poignet relevé, et que l'on dit au malade d'ouvrir la main, on voit qu'il ne peut relever les premières phalanges sur les métacarpiens. Mais si ces premières phalanges sont maintenues dans l'extension , comme dans la figure 201, le sujet étend facilement ses deux dernières phalanges sur les premières. On constale alors, par l’exploration électro-musculaire, que cette extension des deux dernières phalanges est exercée par les interosseux el les lombricaux. de reviendrai sur ce fait.
Tout effort pour étendre les doigts, comme lorsqu'on ouvre la
Fig. 201 (*).
(*) Figure démontrant que, maloré la paralysie des extenseurs des doigts, l'extension des deux dernières phalanges peut être exécutée volontairement par le malade, lorsqu'on lui maintient des premières phalanges relevées,
main, produit, chez celui qui est affecté de la paralysie des exten- : s des doigts, la flexion du poignet avec d'autant plus de force que cet effort est plus grand. On se rend raison de ce phénomène pathologique, si l’on se rappele le mécanisme de celte fonction ; —je l'ai exposé ci-dessus. L’excitation cérébrale instinctive en vertu de laquelle elle est accomplie, arrive en même lemps aux exlenseurs de la main; de sorte que les premiers étant paralysés, les derniers seuls répondent cette excitation cérébrale, et la main s’infléchit sans qu’il soit possible au sujet de l'empêcher, malgré l'intégrité de ses extenseurs du poignet.
Lorsque l’extenseur commun des doigts est seul paralysé, l’index et le petit doigt peuvent encore êlre étendus par leurs extenseurs propres qui produisent l’extension de leurs premières phalanges et les dirigent er %edans (vers le cubitus).
S EX. — Paralysie des interosscux.
Je n’ai observé l’affaiblissement ou l'abolition des mouvements des interosseux que conséculivement à la lésion traumatique du nerf cubitai ou de l’un de ses rameaux, et dans latrophie musculaire progressive.
De même que dans le paragraphe précédent, je rappellerai l'étude physiologique de ces muscles avant d’exposer les troubles fonctionnels occasionnés par leur paralysie.