IL. — ‘TROUBLES FONCTIONNELS ET SIGNES DIAGNOSTIQUES
La main dont les interosseux sont paralysés, non-seulement ne peut plus produire l’adduction ni l’abduction des doigts, mais elle a perdu en outre le pouvoir d'étendre les trois phalanges paralièlement à la direction des métacarpiens. Lorsque le sujet affecté de celle paralysie veut exécuter ce mouvement d'extension des doigts, ses premières phalanges se renversent sur les métacarpiens, et les deux dernières s’infiéchissent ; sa main prend la forme d’une griffe (voyez la figure 95, p. 370). Cette attitude difforme qu’elle conserve pendant le repos musculaire s'aggrave progressivement à la longue. Les premières phalanges se subluxent en arrière sur les métacarpiens et les deux dernières en avant. Le mécanisme de la griffe de la main, consécutive à la paralysie des interosseux, s’explique de la manière suivante. Lorsqu'on ouvre la main et que l’on étend les doigts parallèlement au plan des métacarpiens, les extenseurs dits des doigts (des premières phalanges) et les interosseux (extenseurs des deux dernières) entrent synergiquement en aclion pour produire l'extension, ceux-ci des premières phalanges, et ceux-là des deux dernières. Mais ces muscles sont antagonistes, quant à l’action qu'ils exercent sur les premières phalanges et se modèrent mutuellement, pour donner à celles-ci une direction parallèle à celle des mélacarpiens. Dès que les interosseux font défaut, pendant l'effort Synergique qui doit produire le mouvement dont il est question, les premières phalanges sont relevées d’une manière exagérée sur les mélacarpiens par les extenseurs des doigts, et non-seulement l’extension des dernières phalanges ne se fait plus, mais celles-ci s’infléchissent, au contraire, sur les premières en raison directe du degré de renversement des premières phalanges.
La genèse de la griffe de la main, au repos musculaire, s’explique par les troubles occasionnés, consécutivement à la paralysie des interosseux, dans l’équilibre des forces toniques qui président à l'attitude normale des phalanges. Dès que les interosseux, fléchisseurs des premières phalanges et extenseurs des deux dernières,