‹ De l'électrisation localisée et de son application à la pathologie et la thérapeutiqueChapitre 316 sur 400 · ART. II, $ III. — PARAL. DES FLÉCILSS. SUBLIME ET PROFOND · texte numérisé non relu

ART. II, $ III. — PARAL. DES FLÉCILSS. SUBLIME ET PROFOND

ne modèrent plus l’action tonique de leurs antagonistes, ceux-ci (les extenseurs des premières phalanges, d’une part, et les fléchisseurs superficiel et profond, de l’autre) se rétractent progressivement, renversent les premières phalanges sur les métacarpiens et fléchissent les deux dernières d’une manière continue, à tel point que les phalanges se subluxent et que les ligaments se rétractent dans le sens de leurs mouvements pathologiques. La main représentée dans la figure 88, p. 327, en était un exemple remarquable.

J’ai observé un autre cas de griffe de la main, consécutivement à la paralysie des interosseux, dans lequel la subluxation des phalanges était encore plus prononcée.

OBsERvATION CXCIV, — C'était un homme dont les interosseux, les lombricaux et les muscles des deux éminences, paralysés depuis un an, consécutivement à une blessure qu'il s'était faite à la partie inférieure et interne de l’avant-bras, ne donnaient pas le moindre signe de vie, même par la faradisation localisée. Les deux dernières phalanges de tous ses doigts étaient constamment fléchies à angle droit ; les extrémités articulaires supérieures des deuxièmes phalanges avaient glissé en avant jusqu'’au-dessus des têtes des premières phalanges, de manière à former une subluxation irréductible. Lorsqu'il voulait étendre ses doigts, ses premières phalanges qui restaient toujours dans l’extension se renversaient encore davantage sur les métacarpiens. Ces désordres si graves avaient pu cependant se développer chez ce malade, malgré l'intégrité de ses muscles extenseurs et fléchisseurs des doigts.

J'airapporté quelques faits de paralysie ou d’atrophie des muscles interosseux dans le cours de ce livre (chap. V, voy. fig. 141, p. 495), et j'ai représenté les déformations qui en sont la suite dans plusieurs figures.

On a pu en suivre le développement et en comprendre la genèse. On a vu aussi quels troubles considérables celte paralysie occasionne dans l’usage de la main. J'ai dit et je répète que lorsque la paralysie est arrivée à son maximum, la main est une griffe plus incommode qu’ulile.

SHEE. — Paralysies des fléchisseurssublime et profond.

Je n’ai observé l’abolition des mouvements dans les fléchisseurs sublime ou profond que consécutivement à la lésion traumatique du nerf médian ou d’un de ses filets, et dans l’atrophie musculaire progressive,

JL. — FAITS PHYSIOLOGIQUES FONDAMENTAUX

Les fléchisseurs sublime et profond ne sont pas destinés, comme on l’a toujours enseigné, à fléchir les trois phalanges ; ils n'ont

d’action réelle que sur les deux dernières phalanges. Ce fait est démontré par lPexpérimentation électro-musculaire, et mieux encore par l’observation pathologique. Ainsi ces muscles ont-ils cessé d'agir, la flexion des premières phalanges n’en est pas moins faite avec une grande force (1). Mais que le sujet vienne à perdre ses interosseux, qui, ainsi que je l’ai dit précédemment, sont les fléchisseurs réels des premières phalanges, les deux dernières phalanges sont seules fléchies avec force. Enfin, l’action des fléchisseurs sublime et profond sur les premières phalanges est si faible, que seuls, c’est-à-dire sans les interosseux, ces muscles ne peuvent lutter avec la force tonique des extenseurs des premières phalanges, qui, à la longue, ainsi qu’on peut le voir, entraînent celles-ci dans une extension exagérée et les subluxent en arrière, ainsi qu’on peut le voir dans les figures 87 et 88.

Le but de la nature est ici facile à saisir. L'usage de la main, comme je l’ai démontré dans mes recherches électro-physiologiques et pathologiques sur la main, nécessitant fréquemment les mouvements simultanés de flexion des deux dernières phalanges et d'extension des premières, il fallait qu’elle limitat Paction des fléchisseurs sublime et profond aux deux dernières phalanges, de même qu’elle a limité l’action des extenseurs aux premières, Car ces mouvements en sens inverse ne peuvent être obtenus que par la contraction synergique de ces muscles.

Il. — TROUBLES FONCTIONNELS ET SIGNES DIAGNOSTIQUES.

Les sujets dont les fléchisseurs sublime et profond sont para- Iysés ne peuvent plus fléchir les deux dernières phalanges sur les premières. Ils conservent cependant le pouvoir de fléchir les premières phalanges ; mais ce mouvement de flexion est alors inséparable de celui d’extension des deux dernières phalanges. Si, en effet, chez un sujet privé de l’action de ses fléchisseurs sublime et profond, on maintient les deux premières phalanges des doigts dans la flexion, de manière à relever en même temps les premières phalanges, si ensuite on engage le malade à fermer la main, on voit les premières phalanges s’infléchir pendant que les deux dernières s'étendent, et cela avec d’autant plus de force qu'il fait plus d'effort pour fléchir ses trois phalanges. Est-il besoin de dire que ce mouvement en sens inverse des trois phalanges est exécuté par ses muscles interosseux el lombricaux ?

(1) M. Chassaignac a bien voulu soumettre à mon observation un homme dont Îles tendons fléchisseurs sublime et profond, divisés par un instrament tranchant, au niveau du poignet, ne s'étaient pas réunis après la guérison de Ja blessure. Bien qu'il eût perdu, avec l’action de ces muscles, la flexion des deux dernières phalanges,

j'ai constaté qu’il fléchissait puissamment avec ses interosseux les premières phalanges sur les métacarpiens, par exemple, celle de l'index avec une force de 15 kilos.

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